LA CHIMIE AGRICOLE
Pour ne parler que des progrès modernes et, entre autres, de l’application de la chimie à l’agriculture, ilnous a été proposé naguère un système complètement inconnu il y a cinquante ans, par lequel nous sommes maintenant en mesure de produire, à peu de frais, sur des terres apparemment épuisées, les plus riches moissons à la suite de légumineuses fertilisées exclusivement par des engrais minéraux. J’en dirai un mot tout à l’heure.
La chimie agricole, cette science toute nouvelle, fait de jour en jour des progrès vraiment merveilleux. Elle ouvre même, au monde entier, —en dehors de l’agriculture, — des horizons absolument nouveaux. Je crois pouvoir citer, À l'appui de cette affirmation, la très intéressante Æfude que Mgr. Laflamme, recteur de l’Université Laval, vient .de publier sur le grand savant, le modeste chrétien, dont la mort récente a causé un deuil général dans tout l’univers civilisé. J'ai nommé Pasteur.
Avez-vous remarqué, MM., quelles furent les premières assises de cette réputation extraordinaire, vraiment universelle, que le grand savant du siècle s’est acquise, à si justes titres ?— D’abord, il se livre à l’étude de la chimie, avec une ardeur complète et une précision des plus consciencieuses. 11 cherche, avant tout, l’exacte vérité. C’est ainsi qu’il se distingue des nombreux savants qai l’entourent. Bientôt, le gouvernement français lui confie ure mission agricole, où il lui faudra descendre du cabinet de chimie, abandonner pendant plusieurs années la vie parisienne, les chaires universitaires et leurs savants professeurs, ses amis, afin de mener une vie toute nouvelle, au milieu des champs, à la recherche de l’un des secrets sans nombre de la nature. Ses amis s’effrayent. Il va faire fausse route, disent-ils ; il s'expose à s’égarer complètement, dans la recherche d’un vulgaire problème de pratique agricole. Cette modeste mission, ainsi méprisée des savants, consistait en effet dans la recherche des causes de la maladie des vers à soïe, et du traitement à donner dans ces cultures en péril.
’asteur se livre à cette étude, avec passion, en plein champ pendant des années entières, — sous le seul regard de Dieu. — Et quel fut le résultat de ce travail sans trève ? Pasteur découvre enfin, non seulement la cause de la maladie du ver à soie et son traitement, mais comme conséquence immédiate de ses recherches, il découvre également le germe de vie dans les ferments de tous genres : du pain, du vin, de la bière, du cidre, etc. Bientôt, au moyen de ses diverses cultures, il fait voir au microscope, —il fait pour ainsi dire toucher du doigt, — le germe des maladies les plus terribles et les plus intraitables : le charbon, la rage, ete. Presque aussitôt après, il met en pleine lumière, —aux yeux de tout un monde d’incroyants ou de sceptiques, dit savants, — les éléments de vie que le Créateur de toutes choses a donnés au monde, dès l’origine de la création, afin de combattre et mitiger, sinon détruire, ces mêmes maladies,
N'est-ce pas vous dire, MM., combien les secrets de la nature, ou pour parler plus exactement, —les lois providentielles — sont intimement liées à l’agriculture ? C’est dire, également, combien la science agricole est digne d’occuper les plus belles intelligences, les natures les mieux douées !
Un mot, maintenant, de