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PREMIÈRE PARTIE

TABLEAU DES RÉGIONS AGRICOLES DE L'iTALIE.

Les données générales sur la situation géographique de l'Italie, sur les caractères de son climat, sur ses divisions territoriales, sur la nature des productions naturelles de son sol, sont trop connues pour qu'il soit nécessaire d'y insister ici. Elles trouveront leur place, pour chacune des province^ qui forment la péninsule, dans les détails qui seront donnés plus loin. Il y a d'ailleurs des différences assez tranchées, soit entre le littoral et la partie intérieure des terres, soit entre les plaines basses et les versants des Alpes ou des Apennins, pour qu'il soit très-difficile, pour ne pas dire impossible, de donner, d'une manière générale, d'autres caractères que ceux qui appartiennent à toutes les parties du bassin de la Méditerranée en Europe.

Au point de vue agricole, l'Italie se prête difficilement à des divisions systématiques. Dans la plupart des provinces, on rencontre les sols et les cultures les plus variés. Nous devons, toutefois, indiquer tout de suite un essai de classification dû à des savants et à des agronomes distingués, qui partagerait l'Italie en quatre régions, savoir :

i° La région des oliviers, orangers et citronniers. Cette région embrasse la Sicile, la Sardaigne, les provinces napolitaines, moins les Abruzzes, les provinces romaines et cette partie du littoral ligurien connu sous le nom de Rivière du couchant, delponente;

2° La région des oliviers et du Pinus domestica, qui comprend les

Abruzzes, l'Ombrie, la Toscane, la province de Massa-Carrara et la rivière ligurienne dite du Levant;

3° La région de la vigne et du chêne, dans laquelle disparaît la culture de l'olivier pour laisser entièrement le domaine à la vigne ; elle embrasse la Lombardie, le Vénétien, moins la province d'Udine, les provinces de Parme, de Plaisance et de Modène, moins celle de Massa- Carrara, les provinces de Novare et d'Alexandrie, et le territoire connu sous le nom de la Lomelline, qui est joint à la province de Pavie ;

4° La région de la vigne et de la châtaigne qui comprend les deux grandes provinces piémontaises de Turin et de Cuneo, et la province d'Udine dans la Vénétie.

Cette division n'a pas été admise dans l'enquête agricole entreprise par le ministère de l'agriculture, dans ces dernières années. Les faits consignés plus loin montrent, en effet, qu'elle est loin de correspondre, d'une manière rigoureuse, à la réalité des choses.

L'enquête a partagé les soixante-neuf provinces du territoire en douze régions, dont dix continentales. Ces régions sont les suivantes :

Piémont, comprenant les provinces de Coni, de Turin, d'Alexandrie et de Novare.

Lombardie, comprenant les provinces de Pavie, Milan, Côme, Sondrio, Bergame, Brescia, Crémone et Mantoue.

Vénétie< comprenant les provinces de Vérone, Vicence, Bellune, Udine, Trévise, Venise, Padoue et Rovigo.

Ligurie, comprenant les provinces de Gênes, Port-Maurice et Massa- Carrara.

Emilie 9 comprenant les provinces de Plaisance, Parme, Reggio d'Emilia, Modène, Ferrare, Bologne, Ravenne et Forli.

Marches et Ombrie, comprenant les provinces de Pesaro, Ancône, Macerata, Ascoli Piceno, Péruse.

Toscane, comprenant les provinces de Lucques, Pise, Livourne, Florence, Arezzo, Sienne et Grosseto.

Latium, comprenant la province de Rome.

Région méridionale adriatique, comprenant les provinces de Térame, Chieti, Aquila, Campobasso, Foggia, Bari, Lecce.

Région méridionale méditerranéenne , comprenant les provinces de Caserte, Naples, Bénévent, Avellino, Salerne, Potenza, Cosenza, Catanzaro, Reggio de Calabre.

Sicile, comprenant les provinces de Palerme, Messine, Catane, Syracuse, Caltanisetta, Girgenti et Trapani.

Sar daigne, comprenant les provinces de Cagliari et de Sassari.

Cette répartition correspond à peu près aux anciennes divisions politiques, sauf pour les deux dernières régions continentales. La première de celles-ci comprend les Abruzzes et les Pouilles ; la seconde renferme la Campanie et les Calabres.

La physionomie agricole des régions est loin d'être la même : on en jugera par le tableau de la superficie consacrée, dans chacune, aux terres arables, c'est-à-dire soumises au travail de la charrue. Pendant

qae la Ligurie n'en compte pas 22 pour 100 de la superficie totale, celte proportion s'élève à plus de 56 pour 100 dans l'Emilie. Voici, d'ailleurs, d'après l'Atlas dressé par le ministère de l'agriculture, la répartition des terres arables dans chacune des provinces :

Provinces comptant en terres arables de 1 à 19 hectares pour 100 hectare* de superficie totale. — Turin , Coni, Sondrio, Port-Maurice, Bellune, Massa, Reggio, Sassari.

Provinces comptant de 20 à 29 pour 100 de terres arables. — Bergame, Brescia, Udine,' Sienne, Livourne, Gênes, Grosseto , Aquila, Lecce,Trapani, Girgenti, Gagliari.

Provinces comptant de 50 à 39 pour 100 de terres arables. — Corne, Novare, Vérone, Trévise, Florence, Arezzo, Pérouse, Rome, Foggia, Avellino, Salerne, Bari, Potenza, Gosenza, Messine, Gala ne.

Provinces xomptant de 40 à 49 pour 100 déterres arables. — Alexandrie, Venise, Parme, Modène, Pezaro, Macerata, Àscoli, Ghieti, Catanzaro.

Provinces comptant de 50 à 59 pour 100 de terres arables. — Pavie, Plaisance, Mantoue, Vicence, Reggio, Ferrare, Lucques, Forli, Ancône, Teramo, Palerme, Caltanisetta, Syracuse.

Provinces comptant de 60 à 78 pour 100 de terres arables. — Milan, Grémone, Padoue, Rovigo, Bologne, Ravenne, Pise,Campobasso, Caserte, Bénévent, Naples.

Ces détails préliminaires étant donnés, il faut aborder l'étude de chaque région.

l w Région. — Lk Piémont,

Le Piémont est la région la plus septentrionale de l'Italie : il renferme la plus grande partie des anciens États sardes. Limité au sud par les Apennins, au nord et à l'ouest par les diverses branches des Alpes, il se relie à l'est aux vastes plaines de la Lombardie. Son étendue totale est de 2,926,870 hectares. 11 compte 2,899,564 habitants, soit près de 100 habitants par kilomètre carré : il occupe, au point de vue de la population, le cinquième rang parmi les douze régions dont est formée l'Italie.

Le Pô, qui prend sa source à Monviso, traverse le Piémont dans toute sa longueur, le divisant en deux parties à peu près égales. De nombreux affluents descendent des montagnes au grand fleuve, et sillonnent le pays de toutes parts.

Quatre provinces se partagent la région ; elles prennent leur nom de leur ville principale. Ce sont les provinces de Coni, d'Alexandrie, de Novare et de Turin. Elles ont un climat analogue : froid en hiver, chaud en été. D'après les observations faites durant les neuf années de 1866 à 1874, la température moyenne annuelle a été : à Alexandrie, 12°,42 ; à Turin, 11°,58 ; à Montcalieri, 12°,01 ; à Mondovi, 11°,04. La température la plus élevée a été, à Turin de 34°,2; à Alexandrie, de 55* f l. Dans le même intervalle de temps, le thermomètre est descendu à — 17°, 7; k

Alexandrie, à — 15°,5 à Turin. Plus fréquemment qu'en aucune autre partie de l'Italie, les cultures sont atteintes soit par des vents impétueux ou des froids exagérés, des gelées précoces ou des gelées tardives, soit enfin par de violentes inondations. Le sol est généralement très-accidenté, en dehors môme des massifs des Alpes et des Apennins ; un quart seulement de la surface totale du Piémont peut être considéré comme formant une plaine continue.

Les terres arables comprennent à peu près 26 pour 100 du territoire total, leur répartition est la suivante pour les années 1870 à 1874 :

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