LE TRAVAIL
Selon le recensement de 1876, la population a augmenté d'environ 300 000 âmes depuis Tannée 1862. Cette augmentation est très-faible, ce qu'il faut attribuer sans doute à une terrible épidémie, la fièvre jaune, qui, en 1868, a fait de nombreuses victimes sur la côte, et à des maladies régnantes dans certaines régions de l'intérieur, qui, comme le fait la variole, par exemple, déciment parfois la population.
La population péruvienne n émigré pas sur une vaste échelle. Le Pérou reçoit plutôt les citoyens des Républiques voisines qu'il ne leur envoie les siens. Lima est surtout un centre d'attraction et ce n'est pas un vain hommage qu'on lui rend en l'appelant la Perle du Pacifique. Le courant d'émigration péruvienne le plus prononcé est dirigé vers l'Europe, mais il n'y a que le petit nombre à qui cette pérégrination, fort coûteuse, soit permise, attendu que le Péruvien ne va pas en Europe pour travailler et chercher fortune, mais pour y dépenser ses revenus. Il n'en est pas moins vrai que cette émigration, quoique fort restreinte, a les plus funestes conséquences pour la situation économique du pays, en général, et de l'industrie agricole, en particulier.
La colonie péruvienne qui habite Paris ou Londres est généralement fort riche. Avec elle sont sortis du Pérou d'immenses capitaux, souvent formés rapidement, et presque toujours, plus ou moins directement, aux dépens du fisc national, qui semblait se complaire à accélérer la ruine du pays pour enrichir des particuliers, en accumulant les unes sur les autres les erreurs financières et les fautes économiques les plus graves.
Les capitaux qui, grâce aux complaisances des Gouvernements antérieurs à celui de 1872, ont passé si vite et si facilement de la caisse de l'Etat aux mains d'un petit groupe de particuliers, sont aujourd'hui en Europe» à Londres et à Paris surtout, où le luxe et la spé-
culation offrent un large champ pour leur écoulement. Ces capitaux ont laissé dans le plus profond oubli l'industrie du pays qui les avait vus naître, et l'agriculture en particulier. 11 ne semble nullement douteux que les 60 000 000 de soles qui, en quelques années, ont émigré en Europe, auraient pu trouver dans les mines du Pérou, si célèbres dans le monde entier, bien que presque vierges encore, ou dans les travaux d'irrigation et autres en relation avec l'agriculture de la côte, un placement dix fois plus avantageux que celui que leur offre l'Europe, tout en n'étant point exposés aux désastres des jeux de la Bourse et aux cataclysmes de la spéculation, sous quelque forme qu'elle se présente.
L'émigration que nous signalons, bien que peu importante au point de vue du nombre de personnes, n'en est pas moins inquiétante pour l'avenir industriel et agricole du pays. Gomme elle est parfaitement légale et qu'elle n'use que de son droit, il est bien difficile de lui opposer une barrière : le patriotisme seul pourrait la retenir.
La population péruvienne, surtout la population indigène, est fort peu industrielle, par tempérament : le travail n'est pas une des vertus des Indiens. Leurs besoins sont plus que limités et il leur est facile de trouver le nécessaire pour les satisfaire.
La classe prolétaire, ou se livre à la domesticité ou vit de la culture d'une très-petite étendue de terrain, à laquelle elle ne demande qu'un peu de maïs et quelques légumes. Dans les districts miniers, les indigènes se livrent assez volontiers aux travaux des mines. Ils sont également commerçants, soit qu'ils négocient les produits de leur travail, soit des produits qu'ils achètent pour les revendre.
Les classes plus élevées, d'origine espagnole plus on moins directe, ont des aspirations supérieures, et demandent résolument au travail le bien-être et la fortune. Néanmoins, les industries, au Pérou, sont trèslimitées. Il n'y a réellement hors du commerce que deux centres importants où s'exerce l'activité individuelle : les mines et l'agriculture.
Depuis la conquête espagnole, les mines ont été la passion des Péruviens, ce qui se comprendra facilement si l'on se rappelle les tendances de la métropole, qui tirait de ce chef un magnifique revenu. Longtemps l'agriculture a été oubliée et le Pérou, qui, sous la domination des Incas, possédait une florissante agriculture, s'est transformé, durant le coloniage, presque en un stérile désert.
Depuis l'Indépendance, les choses ont changé d'une manière notable et l'exploitation du sol par l'agriculture a pris un développement considérable, qui ne trouve d'entrave que dans le manque de capitaux pour commencer des travaux d'irrigation qui augmenteraient considérablement la surface cultivable du sol de la Costa.
Les bras sont fort rares au Pérou, et par conséquent la main-d'œuvre y est très-chère. Depuis 1884, époque de l'abolition de l'esclavage et de la suppression du tribut payé par les Indiens, les salaires ont augmenté considérablement.
A cette époque, le salaire d'un esclave était de 10 à 12 centavos,
et celui d'un travailleur libre ne passait pas 30 à 40 centavos par jour. Ces chiffres ont augmenté et augmentent encore aujourd'hui progressivement. Le travail d'un Chinois, travail réputé le meilleur marché que Ton puisse obtenir, est estimé actuellement de 8 à 9 réaux, c'est-à-dire de 80 à 90 centavos par jour. Celui d'un ouvrier libre doit être évalué de 8 à 12 réaux, sans compter l'alimentation, qui doit être estimée de 3 à 4 réaux par personne.
Aujourd'hui, pour les travaux agricoles des environs de Lima, on paie les ouvriers jusqu'à 2 soles par jour.
Ces prix sont ceux de la Costa, mais, dans la Sierra et dans la Montana, les salaires sont moins élevés et sont restés à peu près ce qu'ils étaient en 4884, c'est-à-dire qu'on peut les estimer de 4 à 8 réaux par jour, l'ouvrier devant pourvoir à son alimentation et, le plus souvent, à son logement.
Machines. — Les machines agricoles, bien que employées depuis longtemps au Pérou, n'ont pas encore acquis complètement le droit de cité dans ce pays. Biles sont trop rares et leur nombre n'est nullement en relation avec les besoins. Nous pensons que là où les bras manquent, la machine est le meilleur des émigrants, le plus facile à acclimater et celui dont il est le plus aisé de satisfaire les aspirations. Les services que peuvent rendre les machines sont mis en évidence, depuis longtemps, par les progrès surprenants de l'industrie et de l'agriculture des États-Unis, de la France et de l'Angleterre.
Si les machines agricoles ne sont pas plus employées au Pérou, il faut sans doute l'attribuer au manque de connaissances spéciales et à l'ignorance presque complète dans laquelle on est des récents progrès de la mécanique agricole. Le Pérou ne possède, en effet, ni enseignement agricole, ni société d'agriculture, ni aucun des moyens de propagande dont usent les autres pays pour se tenir au courant du progrès agricole. C'est pourquoi nous pensons qu'avec l'enseignement agricole et avec des sociétés spéciales qui s'occuperaient de vulgariser, par tous les moyens possibles, les connaissances théoriques et pratiques des travaux des champs, le Pérou ferait progresser considérablement son agriculture et améliorerait sa situation économique et financière. Les machines employées au Pérou varient avec les diverses branches de l'industrie agricole. Les machines à vapeur pour le labourage sont fort rares. A peine si elles fonctionnent dans quatre ou cinq exploitations. Soit parce que ces machines sont de construction ancienne ou mauvaise, soit parce que l'on ne sait pas les diriger, elles ne jouissent pas, au Pérou, de l'estime que leur ont gagné, dans le monde entier, les nouveaux perfectionnements apportés dans leur construction par plusieurs habiles mécaniciens, et notamment par HM. Fowler et Howard.
La côte du Pérou, néanmoins, se prête admirablement au labourage à vapeur. Le sol y est généralement plat, les pièces de terre très- vastes et la propriété peu divisée. En outre, le sol arable est presque contaminent dépourvu de pierres volumineuses qui rendent plus ou moins difficile l'emploi des charrues mues par la vapeur. La culture principale de la côte, la canne à sucre, est Tune de celles auxquelles
les charrues à vapeur peuvent rendre le plus de services, surtout dans la région centrale delà côte où la canne ne donne que deux coupes, rarement trois, sans être replantée. Dans le Nord, la durée de la canne est beaucoup plus grande; elle atteint de quinze à vingt ans et môme plus, en sorte que les labourages y sont beaucoup moins fréquents que dans la partie centrale et, par conséquent, l'emploi de machines à labourer mues par la vapeur y offre moins d'intérêt.
C'est surtout l'industrie sucrière qui a introduit au Pérou les machines les plus complètes et les plus perfectionnées, principalement quand à l'extraction et à la fabrication du sucre, car pour ce qui e3t de la culture de la canne, le matériel laisse encore fort à désirer, dans le plus grand nombre des exploitations au moins. En général, la culture de la canne à sucre n'a fait aucun progrès, depuis près de deux siècles qu'elle est introduite au Pérou.
On a cependant amélioré un peu le matériel des labours : la charrue du pays tend chaque jour davantage à céder la place aux meilleures charrues d'Europe etdes États-Unis. 11 existe aussi quelques machines # pour le labourage à vapeur, mais elles sont encore trop rares, ainsi que nous l'avons déjà dit. En6n le transport de la canne, des champs à l'usine, a été considérablement facilité, en quelques haciendas, par rétablissement de chemins de fer d'exploitation. Mais ces chemins de fer tels qu'on les construit dans les principales haciendas du Pérou, reviennent fort cher si l'on veut multiplier leurs ramifications. On n'a malheureusement pas encore tenté l'essai des chemins de fer portatifs agricoles, usités en Europe depuis quelque temps. Nous ne doutons nullement que le Porteur Decauville, tout en fer, puisse rendre, au Pérou, de très-grands services en diminuant le personnel et les animaux qu'exige le transport des cannesau moyen de charrettes; et, certes, la diminution du nombre des bêtes de somme affectées au transport dans les grandes exploitations agricoles, par l'emploi de petits chemins de fer industriels portatifs, est bien digne de fixer l'attention des cultivateurs.
Il arrive, en effet, dans beaucoup d'haciendas de la côte, et principalement quand la chaleur de Tété est grande, que les pâturages sont peu abondants et de mauvaise qualité ; les animaux dépérissent alors rapidement et il n'est pas rare de voir de grandes exploitations mterrompre momentanément leurs travaux, faute d'animaux pour les labours ou pour les transports de la canne jusqu'à l'usine. Nous pensons que, par le moyen des nouveaux systèmes économiques de transport, on pourrait supprimer presque totalement les animaux que l'on emploie pour charrier les récoltes du champ à l'usine. Les appareils de labourage à vapeur venant, d'autre part, diminuer le nombre des bêtes employées à la préparation du sol, il ne nous semble nullement douteux que, par cette double innovation, les travaux de la grande culture puissent être facilités considérablement et surtout rendus plus économiques. Nous sommes heureux de pouvoir dire qu'un grand nombre d'agriculteurs l'ont compris ainsi et s'occupent sérieusement d'entrer dans la voie des améliorations de leur matériel agricole.
Hais c'est surtout l'extraction et la fabrication du sucre qui se sont améliorées considérablement depuis quelque temps quant à leur matériel. Aujourd'hui la plupart des grandes exploitations sont pourvues des appareils les plus perfectionnés. Quelques-unes cependant, surtout celles de la petite culture, sont restées 'en route, et travaillent selon l'ancien système : moulins insuffisants, mus par des bœufs, et cuite à feu nu et au contact de l'air. D'autres n'ont modifié qu'à demi leur matériel, en sorte que l'on peut voir, sur la côte du Pérou, l'histoire complète des progrès qu'a faits l'outillage de la fabrication du sucre, depuis l'équipage du père Labal jusqu'aux magnifiques appareils d'évaporation et de cuite à la vapeur et dans le vide, que fabriquent les meilleurs constructeurs européens et nord-américains.
Bien que, dans les diverses usines à sucre du Pérou, on rencontre, çà et là, quelques corps de machines de fabrication française, et si l'on excepte Tune des plus belles usines de la côte, montée par la maison Gail et C ie , on peut dire que la physionomie générale des sucreries péruviennes est anglaise ou nord-américaine. Ce qui porte principalement les fabricants de sucre à se fournir de machines nord-américaines, qui sont celles qui dominent, c'est la différence de prix que ces machines offrent en leur faveur à rencontre des machines françaises généralement plus parfaites et mieux finies, mais d'un prix beaucoup plus élevé.
L'un des plus importants desiderata de l'industrie sucrière est certainement celui d'une machine à couper la canne, travail fort lent, très-difficile et très-pénible. Nous craignons que, malheureusement, l'industrie ne soit longtemps encore à posséder cette machine, dont le principe nous parait tout indiqué : c'est celui des moisonneuses ordinaires; mais de sérieuses difficultés viennent se présenter quand il s'agit d'en faire l'application. D'abord, la canne à sucre est passablement dure, et il faut en outre enlever les feuilles qu'elle porte et couper son extrémité terminale, qui n'est pas encore arrivée à la maturité et qui, par conséquent, contient peu ou pas de sucre ; outre qu'elle contient des principes très-nuisibles à la fabrication desquels il est nécessaire de les débarrasser avant la mouture. Enfin la canne à sucre croit souvent à une très-grande hauteur; elle atteint 4 ou 5 mètres et quelquefois plus, de sorte qu'elle a une assez grande tendance à se, coucher sous l'influence du vent et surtout sous le poids considérable de ses longues feuilles. Il ne semble pas que dans de tels cas aucune machine puisse jamais remplacer la main de l'homme armé du machette. Néanmoins quand on voit les surprenants résultats, auxquels arrive chaque jour la mécanique agricole, on est presque autorisé à ne pas désespérer que dans un avenir, peut-être prochain, elle produise la machine dont nous parlons, laquelle remplirait un bien grande vide dans le matériel de la culture de la canne à sucre.
Moteurs. — Pour la petite culture, les moteurs sont les bras ouïes animaux, le bœuf, le cheval ou l'âne, attelés à un manège. Les moteurs hydrauliques (turbines, roues hydrauliques) et le vent, son assz peu employés sur la côte, à cause de leur irrégularité, par suite
de la rareté de l'eau et de l'absence de Tente un peu forts. Les roues hydrauliques sont assez fréquentes dans les grandes exploitations sucrières de la vallée de Chicama, dans le département de la Libertad ; mais, comme leur fonctionnement n'est pas toujours assuré, elles sont généralement munies de moteurs à vapeur. Dans la région de la Montaûa^ dans les vallées de Chanchamayo et de Vitoc, par exemple, où la culture de la canne est assez développée, en vue, presque exclusivement, de la fabrication d'une détestable eau-de-vie qui fait les délices des indigènes, on use pour la mouture de petits moulins formés par trois cylindres de fonte et mus par des forces hydrauliques. Dans toute cette région, l'eau est abondante et la force^ motrice ne mauque jamais.
L'industrie cotonnière emploie souvent des machines mues parla vapeur, l'industrie sucrière plus souvent encore. On peut estimer que la moitié des usines à sucre de la côte du Pacifique use de moteurs à vapeur. L'autre moitié, dont la culture est plus limitée, emploie pour moudre la canne des moulins mus par des animaux ce qui, joint à leur système de cuite à feu nu et au contact de l'air, occasionne des pertes considérables.
Sans doute les machines perfectionnées pour l'extraction et la fabrication du sucre de canne sont d'un prix fort élevé et presque inabordable pour les petites cultures. Néanmoins, comme ces petites exploitations sont réunies par groupes de dix, quinze et vingt dans une même vallée, nous croyons qu'il leur serait facile de profiter des bénéfices que rapporte l'emploi de machines perfectionnées.
Le moyen consisterait simplement à ce qu'elles s'unissent en groupes dont les limites seraient indiquées par l'étendue de chaque culture et par diverses circonstances locales qui varieraient, naturellement, selon les lieux et les gens; chaque groupe formerait une association qui, après avoir calculé la quantité de cannes qu'elle peut produire annuellement; monterait une usine centrale, qu'elle doterait de tous les appareils perfectionnés propres à rendre la fabrication du sucre plus économique et plus lucrative. Cette usine centrale, qui serait en outre dotée d'un personnel plus compétent que celui que peut se procurer la petite culture isolée, fabriquerait le sucre de tous les associés, qui n'auraient plus qu'à se partager les bénéfices proportionnellement à la valeur et au poids de la canne que chacun aurait fournie, ainsi qu'au capital qu'il aurait mis dans l'entreprise.
Ces bénéfices seraient certainement considérables, car l'usine centrale, obtenant en produit sucre au moins 10 0/0 du poids de la canne, pourrait donner à chaque cultivateur le S 0/0 qu'il retirait avec son outillage imparfait, dans le cas où il persisterait à vouloir rester marchand de sucre, et, en outre, le faire participer au reliquat du bénéfice que donnerait l'autre 5 0/0 qu'il laissait autrefois dans la canne et employait comme combustible pour l'évaporation de ses jus sucrés.
La canne à sucre contient environ 18 0/0 de sucre. Les usines bien outillées en extraient un peu plus de la moitié, soit de 9 à
10 0/0. Les autres, celles qui en sont encore aux moulins imparfaits mus par des bœufs et à la cuite à l'air et & feu nu ne retirent guère plus du quart, soit environ 5 0/0 du sucre de la précieuse graminée. Ce sont de bien pauvres résultats ! Il y a réellement en tout cela beaucoup de négligence, d'ignorance ou d'ataour pour la routine.
Si les associations dont nous parlons offrent des difficultés dans leur formation, qu'on ait recours alors au système des usines centrales, qui, aux Antilles, au Brésil et à Maurice, ont donné el donnent chaque jour d'excellents résultats.
L'usine centrale achètera pour son compte la canne de chaque cultivateur qui sera dès lors agriculteur et rien de plus, et cessera, à son grand profit, croyons-nous, d'être fabricant et marchand de sucre. S'il persiste à vouloir vendre du sucre, l'usine centrale pourra lui en donner plus qu'il n'en retirait autrefois de sa canne, et cela sans qu'il ait à se préoccuper des ennuis et des dépenses de la fabrication.
Malheureusement, et nous l'avons déjà dit, l'esprit d'association n'est pas très-développé parmi les agriculteurs péruviens, et nous craignons qu'il se passe encore de longues années avant qu'ils comprennent les avantages que peuvent offrir la division du travail et l'association. lien est à peu près de même, il est vrai, dans les autres pays sucriers. Si la maison Gail n'avait pas montré aux Antilles et si la Compagnie de Fives-Lille ne s'efforçait pas de montrer au Para tous les bénéfices que l'on peut retirer de l'établissement d'usines centrales en vue de l'extraction et de la fabrication perfectionnées du sucre, il est plus que probable que ces pays en seraient encore à leurs anciens systèmes en tout points imparfaits et insuffisants.