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La longueur totale des lignes de chemin de fer livrées au trafic ou en construction, au Pérou, comparée avec le chiffre de la population de ce pays, donne presque un kilomètre de voie ferrée pour chaque mille habitants.
Gomme les diverses régions peuplées du Pérou sont très-éloignées les unes des autres et séparées par de vastes déserts ou de gigantesques montagnes, on semble autorisé à comparer l'étendue de chaque ligne de chemin de fer seulement avec les chiffres des populations qu'elles desservent et qui vivent dans leur zone. Envisagée de cette manière, la grande ligne de Mollendo à Puno et au Guzco, qui a près de 800 kilomètres pour une population de 300 000 habitants environ, donnera un kilomètre par 37o habitants. Quelques lignes accusent une proportion plus grande encore, telle, par exemple, de Uo à Moquegua, qui donne 1 kilomètre par 120 habitants.
Ports. — Les constructions maritimes ont une très-grande importance sur la côte péruvienne, attendu qu'il existe des communications régulières entre tous les ports de la République. 11 reste encore beaucoup à faire, à ce point de vue. Les phares sont rares et un grand nombre de ports n'offrent pas aux navires les moyens nécessaires pour rembarquement et le désembarquement des voyageurs et des marchandises, tant au point de vue de la facilité et de la rapidité que celui de la sûreté.
Les ports du Pérou sont de simples baies, souvent peu abritées et peu profondes. Les navires ancrent à une assez grande distance au large et c'est au moyen de barques et canots que leurs relations avec la terre s'établissent. 11 serait difficile et coûteux de transformer ces baies en ports qui permissent l'abordage des navires cotiers. Tout ce que Ton peut faire, pour les petits ports, c'est d'améliorer les points de débarquement et le service- des chaloupes et canots, de manière que la régularité et la rapidité du service maritime de la côte ne soient pas interrompues.
Quant aux ports les plus importants, où de grands navires prennent ou déposent des chargements complets et ne sont pas astreints à demeurer dans chaque port un temps limité, on y emploie également les chaloupes et les canots. Cependant, le port principal de Gallao a été mis récemment en état de permettre l'abordage des navires jusqu'au môle construit à cet effet.
11 y a sur la côte du Pérou 50 ports ouverts au commerce, savoir : 9 ports majeurs; 10 ports mineurs; 31 petits havres.
Dans un certain nombre de ces ports, l'État a fait exécuter des travaux en vue de faciliter les opérations d'etnbartjuement et de désembarquement des chaloupes. On a établi des embarcadères unis à la terre par des ponts de communication et construits selon le système des môles à squelette de fer.
Mais le travail maritime le plus important qui se soit fait au Pérou, et Ton peut dire sur la côte du Pacifique tout entière, est incontesta-
blement le môle Darsena, du Callao, qui permet aux grands navires de toute classe d'aborder ses quais. Ce travail, commencé en 1870, a été terminé en 1875. Les travaux ont été exécutés par la Société Générale de Paris et par les entrepreneurs Brassey et C°, que représentait l'ingénieur Hodges. La superficie abritée par ce grand travail est de SI .300 mètres carrés. La Darsena a 250 mètres de long et 205 mètres de large. Son entrée de 106 mètres est abritée par une digue de 183 mètres de long, qui n'est que le prolongement de l'un des côtés de la Darsena. L'union avec la terre s'effectue par un pont de 90 mètres de long, construit sur pilotis de fer. Les murailles de la Darsena, qui ont 25 mètres de large, sont construites avec des blocs artificiels de 3 à 4 mètres cubes chacun.
Le coût de cette œuvre gigantesque a été de près de 10.000.000 soles. La Compagnie qui Ta exécutée a droit de l'exploiter pendant 60 ans, dont 10 ans avec privilège exclusif d'embarquement et de désembarquement, selon des prix stipulés dans le contrat.
Barrages. — Presque toutes les rivières du versant oriental de la Cordillère sont plus ou moins torrentielles et manquent généralement d'eau pendant 6 mois de Tannée. Elles sont alimentées soit par les pluies, soit par la fonte des neiges qui tombent dans les hautes régions de la Cordillère, et elles se précipitent dans le Pacifique, en suivant les parties les plus déclives de profondes et étroites vallées qui ne s'élargissent qu'en s'approchant de la mer et sur le sol arable desquelles s'exerce l'industrie agricole.
L'irrigation étant , comme nous l'avons déjà indiqué , une condition sine qua non de l'agriculture dans toute la région de la Costa , on comprendra facilement que les travaux d'aménagement des eaux de la Cordillère aient une grande importance, au point de vue des travaux agricoles de la côte.
Nous venons de dire qu'en temps de sécheresse dans la Cordillère, les rivières de la Costa se réduisent à de simples et minces filets d'eau, quand elles ne se sèchent pas complètement; mais pendant l'époque des pluies, au contraire, il se manifeste des crues qui sont souvent périlleuses pour les cultures et les populations riveraines.
C'est surtout dans le nord du Pérou que les débordements des fleuves sont fréquents et redoutés; dans le sud, ils sont beaucoup plus rares ou môme ne se produisent pas du tout.
Les barrages sont nettement indiqués parmi les travaux d'irrigation que l'on doit faire sur la côte, si l'on veut améliorer et étendre l'agriculture de cette région. Malheureusement, le manque de réglementation de la distribution des eaux et les droits acquis par l'usage et consacrés par des coutumes qui varient avec chaque vallée, sont une source intarissable de difficultés de toute nature qui constituent une entrave sérieuse aux progrès de l'agriculture et un véritable obstacle quand il s'agit d'exécuter des travaux d'irrigation. Que Ton ajoute à cela le manque de cadastre, le manque de documents écrits sur les droits aux eaux d'irrigation, et, en général, sur le régime hydrologique propre à chaque vallée, et l'on comprendra tous les obstacles contre
lesquels viennent se heurter à chaque pas les projets d'aménagement des eaux au moyen de barrages.
Dans la partie nord du Pérou, dans les départements de Piura et de Lambayeque, les rivières sont trè3-grosses durant la saison des pluies de la Cordillère, et la configuration topographique des vallées qu'elles parcourent se prête parfaitement à l'établissement de barrages qui permettraient, sans de grandes dépenses, de cultiver les vastes plaines stériles qui s'étendent sur les côtes de ces rivières. Des études ont déjà été faites par les ingénieurs du gouvernement, en vue de l'exécution de travaux d'aménagement des eaux sur plusieurs points et, notamment, sur les rivières Piura, Rimac, Uchusuma et Maure.