‹ L'agriculture en italieChapitre 7 sur 67 · EXPORTATIONS D'ITALIE · texte numérisé non relu

EXPORTATIONS D'ITALIE

^Vins en fûts.

Hectolitres.

Autriche 14,452

France 18,355

Allemagne 45

Grèce 1,847

Angleterre 2,025

Portugal 26

Espagne 14,597

Suisse 13

Turquie 86

Amérique centrale. ... »

— méridionale. . »

États-Unis d'Amérique. . »

Belgique »

Égypie »

Grèce »

Hollande »

Russie »

Suède et Norvège .... »

Tunisie »

Vins Vins en outres Vins en bouteilles, et en fûts, en bouteil.

100 bout.

Hectolitres.

100 bout.

La valeur des exportations a atteint 15,925,800 francs et surpassait de 13 millions et demi de francs celle des importations. Le tableau qu'on vient de lire démontre que, non contente de faire concurrence aux vins français sur les marchés même les plus éloignés, l'Italie nous fait jusque chez nous une guerre heureuse, favorisée d'ailleurs jusqu'ici par les tarifs de douane*

L'olivier est une des principales sources de richesse de l'Italie; ses produits, sous forme d'huile ou sous celle de fruits, donnent lieu à un très-important commerce d'exportation. Celle-ci a atteint, en 1875, pour l'huile d'olive, 926,673 quintaux métriques, d'une valeur supérieure à 120 raillions de francs, les importations ne dépassant pas 8 millions et demi de francs. La France tient le deuxième rang parmi les pays importateurs ; elle vient immédiatement après l'Angleterre ; nos importations ont été de 218,795 quintaux métriques en 1875. Les provinces méridionales et la Sicile sont celles où l'olivier prospère le mieux ; elles donnent 2,460,000 quintaux d'huilé, sur une production totale de 3,400,000 quintaux.

La sériciculture mérite une mention spéciale. Avant la grande invasion de la maladie des vers à soie, l'Italie produisait, en moyenne, 3,500,000 kilogrammes de soie grége. En [1864, la production était réduite de moitié, environ, puisqu'elle ne fournit plus que

1,730,000 kilogrammes. En 1 871 , elle était revenue à 5,470,000 kilogr. ; en 1872, elle fut de 5,1 50,000 kilogrammes; en 1873, elle retomba à 2,960,000 kilogrammes. En 1866, l'Italie comptait 50,685 bassines; la Vénétie y comprise, 61,877 en 1868. Cette même année, la péninsule possédait 4,805 filatures, parmi lesquelles 450 étaient à vapeur, fournissant une moyenne de 658,000 kilogrammes de soie. Les filatures non à vapeur comptaient généralement 8 bassines et produisaient 655,000 kilogrammes de soie. A l'heure qu'il est, la production, en Italie, peut être considérée comme revenue à son ancien degré, ou peu s'en faut, grâce aux eiforts énergiques de la population et aux mesures protectrices adoptées par l'Etat.

Les renseignements publiés par le syndicat des soies de Lyon, relativement aux deux dernières années, ne concordent pas tout à fait avec celle appréciation; c'est pourquoi nous en donnerons le résumé, d'autant plus intéressant qu'il fournit des renseignements importants sur la répartition de la production dans les diverses provinces :

« En 1876 l'Italie avait été privilégiée, relativement à la France, pour sa récolte de cocons; en 1877, au contraire, tandis que la France récollait plus de cocons qu'en 1875 et 1874, l'Italie ne récoltait guère plus de 40 à 50°( o .

« Les intempéries qui ont marqué les mois d'avril et de mai, puis les chaleurs intenses du mois de juin, ont été, en effet, beaucoup plus préjudiciables aux chambrées, de race verte pour la plupart, dans toute la région septentrionale de l'Italie (Piémont, Lombardie, Vénétie, Frioul et Tyrol). Le Grémonais, les plaines de Bergame et de Brescia, les provinces de Vérone, Trévise, Vicence et Udine, ont eu particulièrement à souffrir des intempéries.

« Quant à la quantité de semences mises à éclosion, on l'a estimée ainsi, au moment de la récolte : Egale à celle de l'année précédente dans la Haute-Italie (un peu plus grande en Piémont, mais, par compensation, moindre en Vénétie) ; supérieure dans l'Italie centrale (Duchés, Marches et Toscane) ; enfin un peu inférieure dans les provinces méridionales (Naples, Calabre et Sicile).

« Les carions d'importation directe ont formé comme les années précédentes la base de la récolte du Piémont, les reproductions ont prédominé dans la Lombardie, mais surtout dans la Vénétie, le Frioul et leTyrol. Les Duchés ont cultivé à peu près en proportion égale les races jaunes et les reproductions vertes, très-peu de semences d'importation japonaise. Celles-ci ont été plus nombreuses dans les Marches. La Toscane est restée fidèle aux races jaunes qui forment la presque totalité de sa récolte. Dans les provinces méridionales, les cartons, les reproductions et les semences indigènes jaunes, se sont partagé les préférences des éducateurs.

« Le produit moyen des semences vertes, quoique supérieur au produit constaté en France, a rarement dépassé 18 à 20 kilogrammes par carton ou par once de reproductions, la moyenne peut être estimée de 14 à 15 kilogrammes par once. Les graines jaunes ont donné

jusqu'à 55 et même 60 kilogrammes par once en Toscane, mais la moyenne ne dépasse pas 30 à 32 kilogrammes. En thèse générale, les semences sélectionnées, tant en races jaunes qu'en races vertes, sont celles qui ont le mieux résisté aux vicissitudes atmosphériques et donné le meilleur produit.

t Voici, d'après les informations fournies au Syndicat par ses divers correspondants, le tableau comparé des deujt dernières récoltes de cocons en Italie :

régions 187H 4877

Kilogr. Kilogr.

Piémont, Ligurie, Sardaigne . . . . 2,100,000 6,1 00,000

Lombardie * ' 4,300,000 8,200,000

Duchés . 642,000. 440,000

Romagnes 247,000 270,000

Marches et Ombrie 636,000 690,000

Toscane \ 812,000 850,000

Provinces napolitaines )

Sicile I 1,540,000 1,700,000

Calabres )

Vénétie et Frioul 3,560,000 3,300,000

Tyrol 820,000 900,000

Totaux. 14,537,000 22,450,000

« Ces derniers chiffres se divisent en 19,390,000 kilog. de cocons verts et 3,060,000 de cocons jaunes,

« La quantité des cocons, assez satisfaisante pour les races jaunes, a laissé en général beaucoup à désirer pour les races vertes. On peut estimer le rendement moyen à ia filature à 12 kilogrammes pour les premiers, et à 15 kilogrammes 1|2 pour les secondes. Si nous appliquons ces évaluations aux quantités de cocons mentionnées dans le tableau qui précède, nous trouverons que le produit en soie de la récolte de 1877 en Italie peut être évalué à 1,506,000 kilogrammes. Il avait été de 993,000 kilogrammes en 1876. »

11 est impossible de donner ici un tableau un peu complet de la production du bétail en Italie. Mais il est une chose qu'il faut d'abord signaler, c'est le peu de progrès qui ont été accomplis jusqu'ici dans l'élevage. En outre, on peut dire que dans la plupart des provinces, les quantités d'animaux nourris sur les exploitations sont toute fait insuffisantes pour la production du fumier nécessaire aux besoins de la culture.

Malgré la faiblesse relative du nombre des animaux domestiques, l'Italie fait encore des exportations considérables de bétail, particulièrement en France. Pour Tannée 1875, nos exportations de chevaux ont dépassé de 5,019 têtes les importations; pour les mulets, cet excédant a été de 962 têtes. Mais l'Italie nous a fourni, défalcation faite de nos importations: 19,151 bœufs et taureaux, 5,548 vaches, 6,502 veaux cl

génisses, 13,223 têtes de l'espèce ovine et 15*875 de l'espèce porciqe. Ces chiffres sont ceux des douanes italiennes. La plus grande partie de ces animaux ont été consommés par la boucherie de Marseille et de Lyon. Aces chiffres il faut ajouter une valeur de 2,337,000 francs en beurre frais. Mais, par contre, nous avons importé en Italie 33,863 quintaux de fromages à pâte dure d'une valeur totale de 6,773,000 francs, dépassant les importations de 5,423,000 francs.

Le commerce du bétail et des produits animaux tend à prendre une extension chaque année plus grande. Pour les années 1875 et 1876, les résultats se décomposent de la manière suivante : en 1875, importations, 62,286,000 francs; exportations, 54,583,000 francs; — en 1876, importations, 70,212,000 francs; exportations, 88,754,000 francs. C'est sur l'exportation des espèces bovine et porcine qu'il y a eu principalement augmentation. Pour les moutons, au contraire, il y a eu une diminution de plus de moitié sur l'ensemble du commerce avec l'étranger. Il y a eu, d'autre part, accroissement de l'exportation des beurres frais.

Le commerce des œufs a pris, en 1876, un grand développement; 247,000 quintaux ont été exportés, tandis qu'on n'en avait vendu à l'étranger que 91,000 en 1875. La valeur de ces exportations a dépassé 24,700,000 francs, soit 14,850,000 francs de plus qu'en 1875. De tous les produits animaux, c'est celui qui a donné le chiffre le plus élevé à la valeur des exportations.

En ce qui concerne l'année 1877, les chiffres publiés par l'administration des douanes françaises accusent une notable augmentation sur les années précédentes. Voici, en effet, le tableau que fournit leur compte rendu :

Importations de bétail d'Italie en France.

têtes.

Bœufs i 24,826

Vaches 9,104

Veaux.. 10,628

Moutons 141,230

Porcs 16,506

Les animaux italiens viennent maintenant d'une manière régulière sur le marché de Paris. Au milieu du mois de mai 1878, on comptait par semaine à la Villette 300 bœufs et vaches de cette provenance.

Faut-il s'en réjouir, au point de vue de la prospérité agricole de l'Italie? 11 y a, au moins, des réserves à faire, et il vaudrait peut-être mieux pour Tltalien, et surtout pour le paysan, qu'il mangeât au moins une partie de la viande qu'il envoie à l'étranger. L'exportation du bétail de boucherie n'est, nulle part, un signe de richesse.

Le gros bétail est dans toute l'Italie à l'étal de domesticité. Excepté un certain nombre de troupeaux de chevaux et de bœufs qui paissent en

têtes.

tètes.

toute liberté dans les salti et les tanches delà Sardaigne, ou errent dans les maremmes de la Toscane, les déserts de la Campagne romaine, les Pouilles et sur les pentes de la Calabre, le resté de ces animaux rentre chaque soir à l'écurie ou à l'étable, du moins pendant la saison d'hiver. Pendant Tété, de nombreux troupeaux paissent, sans rentrer à l'étable, au milieu des pâturages des Alpes. D'un autre côté, de toutes les provinces des Abruzzes et de la Pouille, plus de 400,000 moutons, 5,000 vaches et environ un millier de chevaux émigrent chaque année, à l'approche de la mauvajse saison, pour aller hiverner dans l'intérieur de la Pouille.

Les races bovines, à l'exception de quelques beaux types qu'on rencontre, mais rarement, dispersés çà et lu, ont beaucoup décru de leur riche nature primitive. Depuis quelques années, on cherche à améliorer les races par l'accouplement entre les indigènes et les vaches suisses, qui offrent l'élément sans contredit le plus apte à l'amélioration des races italiennes. Hais ces tentatives ne sont faites que dans les pays voisins de la Suisse. La population ne se préoccupe que peu, d'ailleurs, de cette importante question de l'amélioration des races. Elle n'a qu'une préoccupation, celle de vendre beaucoup de lait, et ensuite de se défaire, le plus promptement possible, des bêles au marché ou chez le boucher.

En 559, on introduisit le buffle en Italie. Cet animal vit et travaille utilement dans les terrains marécageux. La Toscane possède environ 3,000 buffles; 5,000 sont dans les provinces romaines et 32,000 dans les provinces napolitaines.

En somme, l'industrie de l'élevage des races bovines est restée corn* plétement stationnai re, depuis trente ans, en Italie.

La race des chevaux s'est beaucoup améliorée, depuis dix ans, dans les provinces napolitaines. Près de sept cents mandrie, établissements d'élevage, contiennent près de 30,000 juments, qui reçoivent l'étalon des races anglaise et arabe, la seconde bien préférée à la première. Les mandrie napolitains, principalement celles des provinces méridionales, offrent un progrès assez marqué dans l'élevage des mulets, des mules et des ânes; toutefois, le nombre de ces animaux ne* s'est pas considérablement augmenté.

Les troupeaux de moutons sont en Italie beaucoup trop faibles. 11 faut ajouter que la plupart des moutons donnent un produit défectueux. Les peaux, la viande et le fromage de leur lait sont médiocres. La laine est peu abondante, car la toison entière ne fournit qu'un kilogramme de cette matière, tandis qu'en France et en Angleterre on en obtient le double; le défaut de quantité n'est pas compensé par la qualité. En effet, la laine d'Italie laisse énormément à désirer, et même celle qui a la meilleure apparence n'a pas le fil assez fort pour servir à la confection des tissus fins.

Les tentatives n'ont pas manqué pour améliorer les races ovines. En 1762, le roi de Sardaigne obtenait de l'Espagne 300 mérinos des célèbres races de Léon et de Cas tille, et le roi Charles-Albert introduisait plus tard de nouveaux sujets de cette même espèce dans ses

domaines privés, et aucun soin ne fut négligé pour l'acclimatation de ces races, si bien qu'en 1850, on comptait déjà, dans les provinces ou royaume, 14,000 mérinos, et de 16 à 17,000 métis. On cite les frères Bruno, qui possèdent à Pi gne roi plus de 1,500 tètes ovines, fournissant une laine très-bonne, abondante et propre à la confection des tissus Ans.

L'ancien gouvernement des princes de la maison de Lorraine introduisit en Toscane plus de 1,000 mérinos allemands, qui réussissent mieux que la race même native des maremmes.

Dans les provinces méridionales, principalement dans la Pouille, la Gapitanate et les Calabres, on a essayé plusieurs fois d'acclimater des mérinos, et. si Ton ne put en développer la production, on obtint du moins une certaine amélioration dans l'état général des troupeaux, particulièrement de ceux appartenant à quelques propriétaires de Trepunti. Mais cette production ne donne pas le tiers de ce qu'on pourrait en attendre.

Quant aux porcs, les races en sont bonnes et progressent continuellement eu nombre. L'industrie des saucissons est une de celles qui fleurissent le mieux en Italie. La mortadella de Bologne, les spalle de San- Secondo, les zamponi de Modène, les Salcicciotti de Vérone, les salaminostrali de Piémont, ont un grand débouché sur le marché étranger et trouvent une forte consommation à l'intérieur. Malgré les heureuses conditions qui favorisent en Italie l'élevage des porcs, noirs pour la plupart et, comme tels, de bonne race ; malgré les avantages du climat favorable à ces animaux, l'excellence de leur nourriture, qui se compose de glands, de châtaignes, de pommes de terre et de résidus des olives écrasées pour la confection des tortelli, la production des porcs, quoique supérieure à celle de la France, ne donne cependant pas la moitié de ce qu'elle devrait fournir en Italie.

Les améliorations apportées à l'élevage des bestiaux ne peuvent être que la conséquence de l'extension donnée à la culture des fourrages. Malheureusement cette extension des prés a été encore très-minime.

En règle générale, l'éleveur n'achète pas, pour la nourriture de ses animaux, d'autres aliments que ceux que fournit son exploitation.

La laine, le beurre, le lait et les fromages,- lorsqu'ils sont les produits principaux de l'exploitation rurale, sont vendus, sauf la quantité de lait nécessaire à la consommation domestique des colons. Lorsqu'il s'agit d une exploitation où ces produits ne sont que chose secondaire, ils servent à faire face aux petites dépenses de la famille. Alors ce sont les femmes qui vont les vendre au marché de la localité la plus prochaine, en employant immédiatement le prix qu'elle reçoivent à l'achat de menus objets qui ne se rencontrent pas dans la campagne.

On exporte des fromages, surtout des stracclwû de Milan, des grwiert des provinces avoisinant la Suisse, des nostrali du Piémont, des bergonzale de Crémone et de Bergamc, des fromages de grana.

L'élevage des volailles se réduit à peu de chose , saur en ce qui concerne les poulets.

Leur vente, qui se fait avant même que ranimai ait atteint son entier développement, tant on a hâte de s'en faire de l'argent, est une des principales ressources avec lesquelles le colon couvre la dépense des ouvriers auxiliaires qu'il doit engager pour les travaux extraordinaires de la moisson, de la vendange, etc., les frais de sa maison, son loyer, l'abonnement des prés et le payement des corvées en numéraire. C'est encore une ressource chez le colon pour s'acquérir les bonnes grâces de son patron, qui d'ailleurs stipule souvent dans le contrat de location qu'il recevra un nombre déterminé de poulets, en cadeau, dans le courant de l'année.

Le commerce de la France et de l'Algérie avec l'Italie a atteint, eu 1875, 762,407,000 francs, savoir : 569,850,000 francs pour nos exportations et 392,547,000 francs pour les importations. Sur ce total, les produits agricoles et ceux des insdustries qui s'y rattachent directement se sont élevés aune valeur de 128, 799,000 francs pour nos exportations et 265,244,000 pour nos importations. La balance est donc loin d'être en notre faveur.

La situation a été à peu prés la même pendant les cinq années de 1871 à 1875, avec les oscillations dépendant de l'abondance des récoltes et des arrivages de la mer Noire en ce qui concerne les céréales. Toutefois, il faut ajouter que les importations de bétail d'Italie en France ont été pendant plusieurs années (en diminuant : de 54 millions de francs en 1872, elles sont descendues à 39 millions en 1873, à 19,495,000 francs en 1874, pour n'être plus que de 15,655,000 en 1875; pendant ce temps, nos exportations allaient en augmentant. Un mouvement analogue s'est produit sur la soie et les produits qui en dérivent : de 196 millions en 1872, les exportations italiennes, en France, ont atteint le chiffre maximum de 220 millions en 1873, pour descendre à 164 millions en 1874, et à 160 millions en 1875; mais ici nos importations n'ont pas augmenté, de telle sorte qu'il faut probablement attribuer la plus grande partie de ce mouvement de recul à la crise qui frappe l'industrie des soies en Italie comme en France. Mais le fait qui doit le plus vivement appeler l'attention, c'est que nos exportations de vins atteignent à peine le quart de la valeur de nos importations de vins italiens (1,518,000 francs d'une part contre 4,985,000 d'autre part), et encore les chiffres des valeurs sont-ils loin de représenter les qualités réelles; l'Italie nous expédie surtout des vins communs» tandis que les deux tiers de nos exportations se composent de vins fins expédiés en bouteilles.

Après avoir analysé sommairement les principaux faits de la production de l'agriculture relevés dans l'enquête faite par le ministère de l'agriculture du royaume italien sur la période quinquennale de 1870 à 1874, il faut aborder les questions relatives à l'économie rurale, â la propriété foncière, aux travaux d'irrigation, à l'économie forestière, etc.

' En ce qui concerne l'économie rurale, un questionnaire divisé en neuf articles avait été envoyé dans toutes les parties de la péninsule, et toutes les réponses ont été réunies. Ces articles étaient les suivants : : 1° Quel est le système qui domine relativement à la culture du sol : fermage, métayage ou faire-valoir direct?

2° Quels sont les salaires moyens annuels pour les journaliers et pour les ouvriers à l'année?

3° Quels sont les salaires des femmes dans les exploitations rurales?

4° Comment et dans quelles proportions les adolescents sont-ils payés?

5° Quel est le nombre approximatif de journées de travail ?

6° Comment les ouvriers agricoles sont-ils traités au point de vue de la nourriture et du logement?

7° Les salaires des ouvriers agricoles ont-ils augmenté dans les dix dernières années, et dans quelles proportions?

8° Les fermiers et les colons sont-ils souvent endettés vis-à-vis des propriétaires ?

9° Quelle est la nature des rapports entre les propriétaires et les exploitants du sol?

À ce questionnaire étaient jointes quelques autres demandes, relatives principalement à l'émigration des ouvriers agricoles vers les villes et à la situation des habitations rurales.

Les réponses à ces questions se trouvent résumées dans l'exposé suivant.

Il résulte de l'enquête, relativement au mode d'exploitation du sol, que, dans la Haute-Italie, c'est-à-dire le Piémont, la Lombardie et la Vénélie, la culture directe est peu répandue, sauf dans les parties montagneuses. Elle est plus générale dans la Vénétie que dans le Piémont et la Lombardie. Le colonage partiaire prédomine dans les zones subalpines, le haut Milanais, principalement pour la culture des vignes. Quant au fermage, c'est le mode d'exploitation le plus général dans toute la vallée du Pô, depuis Turin jusqu'à sa source. — En Ligurie, le fermage et la culture directe dominent dans la partie occidentale de la province, à l'exception peut-être de l'arrondissement de Savone; dans la partie orientale, au contraire, le colonage partiaire est plus répandu. — Pour l'Italie centrale, du Pô au Garigliano et au Trento, le système dû colonage partiaire domine d'une manière absolue ; mais il est moins usité dans les provinces de Plaisance, de Reggio, de Parme et de Modène. — Dans le midi, le fermage prédomine. Le métayage est assez répandu dans le Tèramois et assez fréquent dans le Lucquois ; du reste, il se rencontre dans toutes les provinces et peut-être dans tous les arrondissements du midi, mais en petites proportions et seulement d'une manière exceptionnelle. Ici aussi, comme dans quelques parties de l'Italie, la culture directe n'est pratiquée en général que par les petits propriétaires. — En Sicile, le colonage partiaire semble prédominer dans les provinces de Messine, de Catane et de Girgenti ; dans les autres, il est encore assez connu, mais le fermage et la culture directe

prédominent. Dans la Sardaigne, la culture directe et le fermage sont plus fréquents; mais le métayage se rencontre encore assez souvent.

Dans la haute Italie, l'ouvrier payé à l'année gagne annuellement environ 500 francs, et le journalier 1 fr. 50 par jour. Dans le salaire du premier sont compris l'habitation et les fournitures en nature, qui, dans le Piémont, se règlent par une quantité fixe, mais qui, dans la * Lombardie et dans la partie plane de la Vénétie, consistent en une quotité du produit d'un champ cultivé en maïs et en lin, en une partie proportionnelle de cocons et en un ou plusieurs porcs gras. La moyenne journalière de 1 fr. 50 pour le second est calculée sans la nourriture. — Dans la Ligurie, les ouvriers payés à Tannée sont assez nombreux; la moyenne du salaire des ouvriers supplémentaires est supérieure à 1 fr. 50 et assez rapprochée de 2 fr. — Dans l'Italie centrale, le nombre des ouvriers ainsi salariés à l'année comme journaliers est très-limité, sauf dans le Ferrarais, dans le Grossetan et dans la province de Rome, où le colonage partiaire est peu étendu. Le salaire des journaliers, exception faite du Grossetan et du territoire romain, où il atteint en moyenne 2 fr., est inférieur à celui que l'on paye dans la haute Italie; il peut se calculer, en moyenne, à raison de i fr. 20. Les salariés à l'année sont les ouvriers garçons qui ont le vivre, l'habillement et le couvert dans la famille du métayer, plus un salaire de 50 à 80 fr. s'ils sont enfants, de 80 à 150 fr. s'ils sont adultes. — Sur le versant adriatique de l'Italie méridionale, sauf la province d'Aquila, ainsi que dans les provinces de Caserte, de Bénévent, de Salerne et d'Avellino, le salaire des journaliers est en moyenne inférieur à i fr. 50 par jour; il est au contraire de i fr. 50 ou supérieur dans les provinces d'Aquila, de Potenza, deNaples et dans les Galabres. Quant aux ouvriers à l'année, on peut estimer leur salaire pour toute l'Italie méridionale à une moyenne de 400 fr. Toutefois ici, comme dans l'Italie centrale et dans les fies, on n'entend pas par ouvriers salariés à l'année les travailleurs qui résident avec leur famille sur la ferai*, et qui travaillent moyennant une compensation en argent et en nature, comme dans la haute Italie, mais on désigne ainsi les garçons et les domestiques non mariés qui reçoivent un payement annuel, plus le vivre et le logement. En Sicile et en Sardaigne, les salaires sont plus élevés; on peut estimer que la moyenne journalière monte plutôt à 2 fr. qu'à 1 fr. 50. Le salaire, des ouvriers engagés à l'année est un peu supérieure 500 fr.

Les femmes concourent plus ou moins, selon les localités, aux travaux de l'agriculture. Les femmes salariées à l'année sont peu nombreuses ; elles travaillent dans l'intérieur des fermes, à la magnanerie et à la laiterie ; elles vont aussi dans les champs à l'époque des travaux urgents de la fenaison, de la moisson, et de la récolte des fruits. Dans quelques provinces, comme dans celles de Côme et de Catanzaro, on emploie aussi des femmes à la journée, pour des travaux plus pénibles. Dans les plaines irriguées de la Lombardie et de la Vénétie, les femmes des ouvriers à demeure exécutent les travaux de culture du maïs et du lin, sur les lopins de terre que le propriétaire concède à la famille ouvrière,

moyennant une quotité du produit. En général, le salaire de la femme est la moitié de celui de l'homme.

Les enfants payés à Tannée sont chargés de faire paître le bétail et de guider les animaux dans les travaux agricoles. Avant la puberté, ils ont seulement le vivre, le vêtement et le logement et quelquefois une somme légère comme cadeau ; après la puberté, et quand ils peuvent aider les adultes dans les travaux agricoles, ils reçoivent en argent un salaire qui est à peu près la moitié de celui accordé à ces derniers. Les enfants que l'on prend à la journée pour les travaux moins importants et à l'époque des travaux urgents, travaillent aux mêmes conditions que les femmes.

On peut calculer, en moyenne générale, que l'ouvrier agricole reste oisif, à cause des fêtes et des mauvais temps, pendant le tiers de Tannée ; un peu moins dans la haute Italie, dans la Ligurie, dans la Sicile et dans la Sardaigne, et un peu plus dans la Toscane, dans les Marches et dans une partie des Abruzzes, ainsi qu'en général dans les pays de montagne.

Les ouvriers salariés à Tannée, dans la haute Italie, reçoivent du propriétaire le logement pour eux et leur famille, sur la ferme, mais pas la nourriture ; les domestiques ont droit à la nourriture et au logement dans tout le royaume. Quant aux journaliers, ils ne reçoivent pas la nourriture, si ce n'est chez les métayers, et à Tépoque des travaux urgents de la moisson et des récoltes ; le logement leur est donné dans des cas exceptionnels et seulement quand le lieu de travail est trèséloigné de leur demeure et des centres habités.

Les salaires ont augmenté dans tout le royaume, pendant la dernière période de dix ans. Dans quelques provinces, ils ont augmenté de la moitié, dans un très-grand nombre d'un tiers, et dans quelques autres un peu moins. En moyenne générale, cet accroissement peut être considéré comme étant d'un tiers.

Le huitième paragraphe du questionnaire ne concerne plus les ouvriers proprement dits, mais les chefs de l'exploitation, fermiers ou métayers. Les grands fermiers sont, en général, abondamment pourvus de capitaux, ils fournissent une forte caution de fermage et n'ont ni le besoin, ni l'occasion de s'endetter avec le propriétaire. Au contraire, les petits fermiers de la haute Italie et les sous-fermiers des provinces méridionales et des deux grandes îles s'endettent très-souvent, surtout dans les années où la récolte fait défaut. Les métavers sont endettés dans presque toutes les provinces.

Entre les propriétaires et les fermiers, il y a, en vertu même du caractère du contrat, peu de rapports : aussi, les premiers se soucient-ils peu, la plupart du temps, des seconds. Dans le contrat du métayage, au contraire, c'est une nécessité pour le propriétaire de prendre à cœur le sort du colon et de l'aider : c'est ce qui a lieu en effet dans beaucoup de circonstances. Les ouvriers engagés à Tannée et les domestiques, comme ceux qui vivent sous la dépendance immédiate du patron et qui travaillent sous sa direction, sont généralement bien traités. On a

moins de sollicitude pour les journaliers, parce que les rapports qu'ils ont avec le propriétaire, sont aussi précaires que les services qu'ils rendent. On ne rencontre pas d'hostilité établie entre les propriétaires et les cultivateurs ainsi que les manoeuvres ; les relations sont plutôt bonnes, sauf dans quelques rares localités.

L'émigration des paysans de la campagne à la ville est constatée dans presque toute la haute Italie, et l'Italie centrale, et dans des proportions parfois assez sérieuses. Elle se remarque moins dans l'Italie méridionale, et elle est très-rare dans les deux grandes îles. Les causes de cette émigration sont le désir de se procurer un travail plus assuré et moins pénible, et une vie plus agréable ; c'est aussi, pour les travailleurs d'âge mûr, l'espérance de trouver un refuge, pendant leurs dernières années, dans les établissements de bienfaisance. L'émigration à l'étranger se dirige principalement des districts montagneux du Piémont et de la Lombardie vers l'Amérique, la France et la Suisse, de la Vénétie vers l'Autriche et l'Allemagne, de la Basilicate et des Calabres vers l'Amérique. Les autres régions donnent à l'émigration extérieure un très-faible contingent. A certaines saisons de l'année, nombre de travailleurs de l'Emilie se rendent pour les travaux agricoles dans les Maremmes et la Sardaigne; d'autres travailleurs des Marches, de l'Ombrie, etc., dans le territoire romain ; d'autres enfin vont des Abruzzes dans les Fouilles.

Dans la haute Italie et dans l'Italie centrale, les habitations des colons de la montagne sont en très-mauvais état ; celles de la colline et de la plaine, et particulièrement celles qui sont voisines des villes, sont mieux construites et mieux entretenues. Celles que l'on construit actuellement ou que l'on rebâtit sont généralement bonnes. En un mot, les conditions des habitations des colons de l'Italie septentrionale et de l'Italie centrale sont mauvaises ; mais, depuis plusieurs années, elles s'améliorent. Dans la province de Rome, dans l'Italie méridionale, dans les deux îles, où la population est assez clairsemée, les habitations des colons sont disséminées en petit nombre et en mauvais état.

Les Comices les plus nombreux, ceux qui trouvent dans le métayage actuel un système peu conforme à l'époque et aux besoins actuels, ainsi que ceux qui l'acceptent comme un système bon, ou par lui-même, ou par la difficulté de le remplacer par un autre meilleur, ou par des raisons d'ordre social, s'accordent sur la nécessité de le réformer, soit en accordant au propriétaire une plus grande ingérence dans la direction de l'exploitation, soit principalement en régularisant le moment de la résiliation du contrat et de la sortie du colon, en sorte que ce dernier, lorsque la résiliation lui a été intimée, reste sur l'exploitation le moins longtemps possible.

Le métayage a été, depuis vingt ans, l'objet d'études nombreuses publiées soit en France, soit dans les autres pays* Au point de vue de la production, comme à celui de la vie rurale, ce mode d'occupation du sol a fait et fera encore longtemps l'objet de polémiques vives et agitées. 11 y a dans l'espèce d'association que le métayage entraine entre

le propriétaire et l'exploitant, un caractère patriarcal qui séduit au premier abord les imaginations vives ; d'un autre côté, les résultats remarquables obtenus par quelques propriétaires qui, avec des colons intelligents et bien dirigés, ont parfois réalisé des prodiges dans des pays arriérés, plaident èloquemment pour ce système. Néanmoins, presque tous les économistes qui ont étudié froidement les choses, et les ont vues telles qu'elles sont dans leur ensemble, ont condamné le colonage partiaire.

Celte réprobation ne date pas d'aujourd'hui. « L'esclavage delà glèbe, dit Montesquieu dans V Esprit des lois, s'établit quelquefois après une conquête. Dans ce cas, l'esclave qui cultive doit être le colon partiaire du maître. » Le métayage, en effet, correspond à une situation sociale inférieure, et si la brutalité des faits n'ept plus telle aujourd'hui, quiconque examine, sans parti pris, les conditions dans lesquelles il s'est développé, sera forcé de reconnaître au fond l'exactitude de cette appréciation du grand philosophe. C'est ce qui ressort d'une étude consciencieuse sur ce sujet, que M. C. Bertagnolli vient de publier sur le métayage en Italie '. Quoique ce livre soit fait au point de vue spécial du pays qui nous occupe, il présente un caractère qui en rendra l'étude intéressante à tout ceux qui se préoccupent de cette importante question.

En ce qui concerne particulièrement l'Italie, le plus grand nombre des agronomes ont fait ressortir les inconvénients multiples du métayage. Mais, répond-on, en Toscane, par exemple, la plupart des cultivateurs sont métayers, et ils ne peuvent être que métayers. Sans doute, prêcher aujourd'hui la suppression absolue et immédiate du métayage, serait folie ; ce qu'il faut souhaiter, c'est que le développement progressif de la richesse agricole fasse passer peu à peu le plus grand nombre possible d'exploitations rurales du métayage à l'exploitation directe ou au fermage. Pour l'Italie, le livre de M. Bertagnolli contribuera certainement à faire comprendre que c'est la voie dans laquelle il faut marcher ; il aura sa part de mérite dans les résultats obtenus.

Si maintenant nous abordons la question de la division de la propriété, il faut d'abord avouer qu'il est assez difficile de se reconnaître au milieu des nombreuses dispositions envoyées par les administrations et par les Sociétés agricoles. Néanmoins, .on peut dire que la moyenne et la petite propriété occupent aujourd'hui le premier rang, principalement dans l'Italie septentrionale et une partie de l'Italie centrale. Dans le Latium et les Pouiîles, au contraire, on ne rencontre presque que d'immenses domaines.

La grande propriété domine aussi dans l'Italie méridionale, la Sicile et la Sardaigne ; mais ici, elle est constituée, non par dn seul corps de domaines, mais par un certain nombre d'exploitations distinctes, plus ou moins rapprochées les unes des autres. Cette division des terres appartenant à un seul propriétaire se rencontre dans presque tout le pays, même pour ce qui concerne la moyenne et la petite propriélé. Dans

1. La Colonia paniaria, studio del Dott C. Bkrtagnolli, segretarîo al ministero d'agricoltura. — Un volume in-18 do 250 pages. — Rome, typographie Barbera.

quelques régions, le morcellement est devenu assez exagéré pour pou* voir être considéré comme une très-grave calamité. Du reste, les grandes propriétés, soit par la vente des biens ecclésiastiques, soit par les divisions d'hoirie, soit pour d'autres causes, vont toujours en diminuant de nombre et d'étendue, tandis que, au contraire, dans les régions plus riches, on tend à réunir en corps de domaine plus ou moins grands les petits lots séparés.

Il est très-difficile d'estimer la valeur du sol, d'une manière générale. Nous résumerons toutefois les données les plus précises que nous avons pu recueillir, et qui permettent quelques appréciations approximatives. D'après les renseignements recueillis par la Commission royale, chargée d'établir l'assiette de l'impôt foncier dans la péninsule, les revenus nets de la surface productive, dans chacune des provinces, peuvent être évalués comme il suit :

Sardaigne 23,937,400 francs.

Piémont et Ligurie 192,955,756 —

Lombardie 152,877,078 —

Parme et Plaisance 26,038,176 —

Modène, Reggio, Massa 33,292,653 —

Toscane 80,876,784 —

Romagne 59,433,968 —

Marches et Ombrie 63,395,994 —

Provinces napolitaines 282,070,257 —

Sicile 98,097,766 —

Jusque dans ces dernières années, et malgré les efforts faits par la nouvelle législation, les capitaux étaient détournés de l'agriculture pafr l'influence des majorats, des baux emphythéotiques, ou de ceux à trèslong terme, et enfin par l'immense quantité de biens de main morte qui couvraient le pays. Cette situation change progressivement; l'épargne se tourne de plus en plus vers l'agriculture, et l'amour de la propriété se développe dans les classes les plus modestes. Tel est le principal résultat du passage de la féodalité au régime moderne. Depuis l'unification de la péninsule 472,000 hectares ont passé dans les mains de 223,400 paysans qui gagnaient péniblement leur vie par le travail mer* cenaire, et qui maintenant labourent des champs qui leur appartiennent. Ces terres sont devenues mieux cultivées, et par suite plus productives ; la richesse publique s'en est considérablement accrue. L'agriculture italienne tend de plus en plus à suffire aux besoins de la consommation et de l'industrie nationale.

Toutefois, il faut ajouter que les ventes de biens de mainmorte qui ont été faites, depuis dix ans, soit aux enchères publiques, soit à l'amiable, ont exercé une influence assez notable pour déprécier la valeur de la propriété rurale. De 1867 à 1874, ces ventes ont porté sur 472,852 hectares qui ont été vendus pour 480,743,180 francs. C'est une valeur d'un peu plus de 1,000 francs par hectare. Elle est sensiblement

inférieure au taux ordinaire des ventes. En Lombardie et en Vénétie, les bonnes terres arables se vendent facilement au delà de 2,000 francs l'hectare; les prairies valent de 2,000 à 6,000 francs. Les vignes se vendent à peu près dans les mêmes conditions. Ce sont les olivettes qui sont le plus recherchées ; elles atteignent, assez facilement, dans les ventes, le taux de 6,000 francs par hectare.

L'Italie souffre, dans beaucoup de ses parties, de l'insalubrité produite par les marais et les eaux stagnantes ; mais, d'un autre côté, ses irrigations sont proverbiales. Il sera intéressant, aujourd'hui que la question de l'emploi des eaux préoccupe vivement les agriculteurs français, de terminer cet aperçu sur l'ensemble de l'économie rurale italienne par un relevé des surfaces qui reçoivent, dans chaque province, les bienfaits de l'irrigation. Ces surfaces se répartissent ainsi :

Piémont. 354,602 hectares.

Lombardie 588,218 —

Ligurie 44,123 —

Emilie 52,209 —

Marches et Ombrie 7,489 —

Toscane 29,044 —

Italie méridionale adriatique. . . . 55,401 —

— méditerranéenne. 96,102 —

Sicile 54,509 —

Sardaigne 4,500 —

Total 1,216,197 hectares.

De nouvelles concessions d'eau sont faites chaque année. En 1875, le gouvernement a accordé 45 concessions, pour arrose? 1,945 hectares : en 1876, le nombre des concessions a été de 54, pour arroser 754 hectares. C'est dans le Piémont et la Lombardie qu'ont encore été faites les concessions les plus nombreuses et de l'étendue la plus considérable. Mais il ne faut pas oublier que l'Italie renferme encore 770,000 hectares de marais et d'eaux stagnantes. Il y a donc, de ce côté, beaucoup d'améliorations à poursuivre.

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