‹ L'agriculture en italieChapitre 8 sur 67 · TROISIÈME PARTIE · texte numérisé non relu

TROISIÈME PARTIE

Institutions agrïgoles. — Encouragements a l'agriculture

Cette dernière partie de la tâche que nous avons entreprise sera la plus facile et la plus agréable à remplir. Les efforts qui ont été faits en vue d'encourager les progrès agricoles en Italie, depuis l'année 1860, sont nombreux ; ils ont été souvent couronnés d'un réel succès, succès qui va d'ailleurs en s'afHrmant chaque année. Ces efforts sont dus, soit h l'initiative des agriculteurs eux-mêmes, soit à celle du ministère

spécial de l'agriculture créé par la loi du 5 juillet 1860, sur la proposition du comte Cavour, premier minisire du royaume.

Pour procéder avec ordre dans cet exposé , nous avons à parler successivement des Associations agricoles, de renseignement de l'agriculture, des concours régionaux de primes d'honneur et d'animaux reproducteurs, des stations agronomiques, et des encouragements de diverse nature accordés par le gouvernement à l'industrie agricole.

g I er . — Associations agricoles.

L'institution des associations ayant pour but de chercher les moyens de développer l'agriculture, est ancienne en Italie. Arthur Young nou$ raconte qu'en 1556 la République de Venise forma, sous le nom de Béni inculti, une institution tenant à la fois du comice, de l'académie et du conseil administratif. En 1768 on y réunit les députés de l'agriculture. « On m'a dit, ajou(c-t-il, que cette institution avait exercjfe; autrefois un grand pouvoir et effectué beaucoup de bien ; mais maintenant on a ouvert au Conseil des Quarante un appel contre ses décisions. »

Quoi qu'il en soit de cette organisation qui disparut complètement à la chute de la République de Venise, le dix-huitième siècle vit naitre dans l'Italie septentrionale un grand nombre de sociétés agricoles. En première ligne, il faut placer l'Académie des Géorgophiles de Florence, fondée en 1755. Quelques années plus tard, étaient créées la Société d'agriculture pratique d'Udine, en 1762; puis l'Association agraire «le Vicence; en 1788, l'Académie royale d'agriculture de Turin; en 1791, la Société économique de Chiavari. Dans l'Italie méridionale, au commencement du siècle (1806), l'Institut d'encouragement était fondé à Naples; puis à partir de 1810 un certain nombre de sociétés d'agriculture se formaient sous l'impulsion du gouvernement.

Dans le Piémont, un grand nombre d'associations agricoles se sont successivement établies, sous l'action de l'initiative privée et avec le concours de l'administration centrale. Lorsque le royaume italien se forma, une des premières pensées du gouvernement fut de doter toutes les provinces d'une organisation analogue, éminemment propre à seconder les efforts qu'il voulait faire pour donner une vive impulsion au progrès agricole. Après divers essais, un décret royal du 23 décembre 1866 provoqua dans chaque chef-lieu de circonscription h création d'un comice, dont l'action devait s'étendre sur toute la superficie territoriale de cette circonscription. Au-dessous de ces sociétés, peuvent aussi être créés des comices communaux. Tous les hommes qui s'adonnent à l'agriculture ou qui s'intéressent à ses travaux, sont appelés à faire partie des comices. Chaque association est régie par un bureau composé d'un président, d'un vice-président, d'un secrétaire et de quatre conseillers.

C'est avec la plus grande faveur que cette organisation a été adoptée dans toutes les* parties de la péninsule. Au bout d'un an, 205 comices

étaient régulièrement institués et organisés, et beaucoup donnaient des signes non équivoques d'activité, en se faisant les promoteurs d'expositions et de concours, en ouvrant des écoles, en essayant les instruments perfectionnés.

A la fin de Tannée 1870, on comptait 284 comices, ayant en tout environ 18,000 associés. En môme temps qu'ils sont des centres d'activité agricole, ils forment la meilleure source d'études, d'informations et de propositions sur les besoins de leurs circonscriptions respectives.

Une loi destinée à donner à l'agriculture italienne un complément de représentation par l'institution de chambres d'agriculture, a été élaborée dans ces dernières années. Mais les circonstances n'ont pas encore permis de mener ce projet à bonne fin.

Sans entrer ici dans une énuméralion des travaux auxquels les comices se sont livrés, il suffira de dire que, parmi ces associations, celles qui se font le plus remarquer par leur activité sont les suivantes :

Comice d'Àncône, présidé par M. Francesco de Bosis ;

Comice de Bergame, présidé par M. Téodoro Frizzoni;

Comice de Bologne, présidé par M. le comte Philippo Bianconcini;

Comice de Brescia, présidé par M. Gabriele Rosa ;

Comice de Cosenza, présidé par le docteur Micheli Fera ;

Comice de Ferrare, présidé par M. Andréa Ca<azza;

Comice de Florence, présidé par M. le marquis Luigi Ridolfi ;

Comice de Gènes, présidé par M. Cesare Pozzoui;

Comice de Naples, présidé par M. J. de Siervo ;

Comice de Novare, présidé par M. Luigi Prina ;

Comice de Padoue, présidé par M. Antonio Relier ;

Comice de Païenne, présidé par M. Francesco Landoliua Rigilift ;

Comice de Pise, présidé par M. Girolamo Caruso ;

Comice de Rome, présidé par M. le comte Guido de Carp gna ;

Comice de Turin, présidé par M. Luigi Arcozzi Masimo ;

Comice de Vicence.

Parmi les autres sociétés ou académies qui ont une importance spéciale, il faut citer l'Académie d'agriculture de Turin, celle de Pesaro, celle de Vérone; l'Académie des Géorgophiles à Florence; l'Académie agraire de Jesi; la Société économique de la Capitanate, à Foggia; la Société agraire de Bologne; l'Académie agraire de Lombardie, à Milan ; la Société d'acclimatation et la Société d'agriculture, à Païenne ; la Société toscane d'horticulture, à Florence.

A côté de cette organisation, il faut enfin signaler une grande association dont l'origine est due à l'initiative privée, et qui porte le nom de Société des agriculteurs italiens. Elle a été fondée, en 1870, sous l'impulsion de M. Gerolamo Chizzolini, qui en est le président. Elle exerce principalement son action par l'organisation de congrès agricoles. Le siège de la Société est la ville de Milan, mais elle tient chacun de ses congrès dans diverses villes.

La Société des agriculteurs italiens a ainsi tenu cinq congrès, successivement à Pistoja, h Vicence, à Bari, à Ferrare et à Milan. Elle compte des membres appartenant à toutes les provinces. Il n'est pas douteux qu'elle exercera bientôt une vive impulsion sur le progrès agricole en Italie.

§ 2. — Enseignement de l'agriculture.

L'enseignement de l'agriculture peut être considéré aujourd'hui comme complètement organisé. C'est l'un des plus grands services rendus au pays par le ministère de l'agriculture, que d'avoir compris l'absolue nécessité de le doter d'un système complet d'établissements qui puissent donner un enseignement spécial approprié, aussi bien aux futurs ouvriers de la culture qu'aux fils de grands agriculteurs appelés à diriger des domaines importants.

Au sommet de l'échelle se placent deux écoles supérieures, créées, l'une à Milan, l'autre à Portici. Leur organisation mérite des détails spéciaux.

L'École supérieure d'Agriculture de Milan a été créée par un décret royal en date du 40 avril 1870. L'État, la province et la ville de Milan ont concouru ensemble aux dépenses de la création de cet important établissement. Le but qu'on se proposait était multiple : compléter l'enseignement agricole qui est donné dans les instituts techniques et dans les écoles spéciales, former des professeurs d'agriculture, donner aux jeunes gens qui se destinent à la vie agricole les connaissances théoriques et pratiques aujourd'hui nécessaires dans la conduite des exploitations rurales, et enfin contribuer aux progrès de l'agriculture par des recherches expérimentales.

L'École, gouvernée par un Conseil de direction composé de cinq membres, a à sa tète un directeur; elle compte onze professeurs, secondés par des répétiteurs et par des aides. La durée des études est de trois années, après lesquelles un diplôme est décerné aux élèves qui en sont jugés dignes. Le programme des études est le suivant ;

i n année : langue et littérature italiennes; langue allemande; botanique ; anatomie, physiologie animale et zootechnie ; chimie organique ; dessin; exercices de chimie, de botanique et de zootechnie.

2 e année : langue et littérature italienne ; langue allemande; chimie agricole; agronomie; botanique agricole et cryptogamie; anatomie, physiologie animale et zootechnie ; éléments de mécanique appliquée et de constructions rurales ; exercices de chimie, de botanique, de zootechnie et de zoologie.

3 e année : technologie agricole; agronomie et économie rurale; physique et mécanique agricoles ; géométrie pratique ; comptabilité agricole ; économie, législation et statistique agricoles ; exercices de technologie et de géométrie; excursions agricoles.

En outre, un cours normal, spécial aux jeunes gens qui désirent obtenir le diplôme de capacité pour l'enseignement agricole, est annexé à l'École supérieure d'agriculture.

Pour être admis à l'École, les jeunes gens doivent justifier d'un diplôme de sortie d'un institut industriel et professionnel du gouvernement, ou subir un examen spécial portant sur l'enseignement général des sciences physiques et naturelles.

L'École de Milan a été régulièrement ouverte le 2 janvier 1871. H. Gaetano Cantoni en fut nommé directeur, en même temps que professeur d'agronomie. Le corps enseignant compte plusieurs savants distingués, qui se sont signalés par d'importants travaux. 11 suffit de citer le docteur Gornalia et le docteur Lemoigne, l'un et l'autre professeurs d'anatomie et de zootechnie.

Quelque temps après la création de l'École, il y a été annexé une station agronomique ayant spécialement pour but l'étude de la composition des terres arables, l'examen chimique et la détermination expérimentale de la valeur relative des diverses substances fertilisantes, des recherches expérimentales sur l'élevage du bétail et sur la valeur nutritive des divers fourrages, l'examen microscopique et les essais précoces des graines de vers à soie; la diffusion, par la voie des publications et des conférences, des résultats des expériences entreprises. Cette station a un directeur spécial.

Lorsque la station de fromagerie de Lodi fut créée, elle fut également rattachée à l'Ecole supérieure de Milan. Les travaux poursuivis dans cette station ont pour but spécial : les propriétés physiques et chimiques du lait, les falsifications du lait et leurs effets, l'influence de la température sur la conservation du lait, ainsi que sur la fabrication du beurre et du fromage, l'effet des diverses méthodes d'échauffement du lait, et les moyens d'y remédier ou de les prévenir, les ustensiles destinés à la préparation du beurre et des fromages, etc. * '

Enfin, à l'École d'agriculture a été adjoint un dépôt de machines agricotes, qui peuvent être employées dans toute la Lombardie, et qui sont destinées à répandre et à populariser la connaissance et l'usage des machines perfectionnées* La concession de ces machines aux agriculteurs est toujours accordée gratuitement. Ce dépôt comprend aujourd'hui 138 machines.

Par suite de dispositions prises avec diverses associations ou Sociétés savantes locales, racole de Milan jouit d'un apier modèle, d'un jardin irrigable destiné aux démonstrations pratiques de l'horticulture et de l'arboriculture, et enfin d'un jardin botanique.

En dehors des appareils nombreux qui servent dans les laboratoires de chimie, de physique et d'histoire naturelle, l'École possède de nombreuses collections agricoles qui vont chaque année en augmentant. Ces collections comprennent, aujourd'hui, d'après une note qui nous a été transmise par M. Gaetano Cantoni :

Céréales, plantes et graines. Espèces ou variétés 576

Plantes fourragères, et leurs graines — 352

Légumes — 184

Racines et tubercules (plastique) -r 64

Plantes textiles; tiges, filasse et graine — 197

> oléagineuses ; tiges, graine, huile — 473

» tinctoriales; graines, etc. — 61

» aromatiques; » — 70

» industrielles de différentes espèces . — 42

Modèles de machines et instruments agricoles 120 Exemplaires des maisons rustiques des différentes régions

agricoles d'Italie 15

Une importante collection de fruits artificiels comprend 958 variétés ; 145 échantillons de bois représentent les essences ligneuses des diverses régions de l'Italie ; une collection de nombreux échantillons d'engrais est placée à côté. Enfin la bibliothèque ne compte pas moins de 4,503 volumes.

En 1874, l'École supérieure d'agriculture a dû quitter le palais qu'elle occupait pour faire place à une école militaire ; actuellement elle occupe l'ancien couvent de l'Incoronata ; le champ d'expériences a été transporté aux environs de la ville de Honza, où il a une superficie triple de celle qu'il avait auparavant.

La modification la plus importante au régime de l'École a été apportée par un décret du 10 novembre 1875, qui a relié entre elles toute les institutions d'enseignement supérieur créées à Milan ; le but de cette modification a été de supprimer les doubles enseignements, tout en augmentant le programme d'instruction de ces établissements.

Depuis sa création, en 1870, l'École supérieure d'agriculture de Milan a reçu 108 élèves dont 82 venant des instituts techniques, 19 des lycées et 7 des écoles étrangères. Sur ce total, 49 sont sortis avec le diplôme après avoir achevé leurs études, 22 n'ont pu l'obtenir, 16 ont quitté l'École pour des causes diverses, et 21 sont aujourd'hui encore sur les bancs. En 1877, on a admis 12 élèves réguliers, 8 auditeurs libres, et 2 préparateurs de chimie â la station expérimentale.

Si l'on recherche ce que sont devenus les jeunes gens munis du diplôme qui ont quitté l'École , on trouve que 20 remplissent aujourd'hui des fonctions dans l'enseignement agricole, 9 sont aides dans des stations expérimentales, 21 sont agriculteurs exploitant directement leurs domaines, et 3 sont régisseurs ou directeurs de cultures dans des domaines qui ne leur appartiennent pas.

De tous ces détails il résulte que l'école d'agriculture de Milan, sous l'habile direction de M. Gaetano Cantoni, a déjà rendu d'importants services à l'agriculture italienne, et par les travaux de ses professeurs, et par les jeunes gens instruits qu'elle a formés à l'amour et à la pratique de l'agriculture. Elle utilise largement la subvention de 90,000 f» qu'elle reçoit annuellement, par parties à peu près égales, de l'État, de la province et de la ville de Milan.

L'École supérieure d'agriculture de Portici près Naples remonte à peu près à la même date que celle de Milan. Elle est organisée d'une manière analogue ; elle jouit également d'une réelle prospérité, squg

la direction de H. le commandeur Celi. En 1875-76, elle comptait 60 élèves : Tannée 1876-77 a été inaugurée avec 76 élèves, dont 42 de première année, 20 de deuxième année, 40 de troisième année, 4 de cours normal ou magistral, et 4 auditeurs libres.

À cet important établissement est annexé un pensionnat de jeunes paysans, sur lequel des renseignements intéressants ont été déjà donnés par M. Monnot dans le Bulletin de la Société des Agriculteurs de France.

Écoles ikférieores. — L'Italie compte vingt- et-une écoles d'agriculture d'ordre inférieur. Leur importance est loin d'être la même, de même que le niveau de leur enseignement ; toutes n'ont pas répondu, en effet, aux espérances qu'elles avaient fait concevoir. La plupart ont été créées depuis l'année 1870 ; elles reçoivent, en même temps que des subventions de l'État, des allocations plus ou moins importantes, soit des provinces, soit des localités dans lesquelles elles sont établies. Leur but principal est de former des facteurs (directeurs de métairies, ainsi qu'il a été expliqué plus haut) ou des chefs de culture appelés à régir des domaines sous la direction dès propriétaires. 11 suffira de quelques mots sur chacune d'elles.

L'école d'Altamura, qui avait 54 élèves en 1873, n'en avait plus que 14 en 1876 et 9 en 1877. Elle est donc dans une situation précaire, qui s'explique par la difficulté du recrutement dans la région où elle est établie. Elle reçoit par an 5,700 francs de l'État.

L'école de Catanzaro a été ouverte en janvier 1876, avec 48 élèves et 10 auditeurs ; en 1877, elle compte 30 élèves.

L'école de Grumello del Monte date de la fin de 1874; elle avait alors 12 élèves. Son enseignement est surtout pratique.

L'école de Gosenza a un enseignement théorique et pratique; elle compte 37 élèves. Les leçons sont bien données, mais l'établissement n'a pas les éléments nécessaires pour compléter son enseignement scientifique.

La ferme-école de Rome avait 30 élèves en 1876. Pourvue d'une exploitation vaste et bien située, cette école est une de celles qui sont le mieux dirigées.

L'institut agraire de Castelletti remonte à Tannée 1859; il compte annuellement 25 à 30 élèves. Il a, à Pietrasanta, une succursale établie dans des conditions analogues. L'enseignement est surtout pratique.

La ferme-école de Àlanno est la création d'une congrégation locale de charité subventionnée par la province et les communes ; elle date de 1872, et elle a 26 élèves.

La'ferme-école d'Atri remonte à l'année 1870; elle compte 39 élèves. Mais elle a peu de ressources.

L'école de Penne est en dissolution par manque de ressources.

L'école de Lacedonia et Bisaccia, dans la province d'Avellino, est une école agraire ambulante, en ce sens que les cours consistent en des conférences faites alternativement dans chaque commune. Il y a quatre conférences par semaine. Le nombre moyen des auditeurs est de 15, avec

un maximum de 40 et un minimum de 5. Des essais d'instruments sont faits fréquemment sur les terres de l'exploitation.

La colonie agricole de Scanzano est un établissement d'enseignement pratique; elle comptait 75 élèves en 1876. Elle reçoit du gouvernement une subvention annuelle de 2,000 à 2,500 francs.

La colonie agricole de San Martino, près Palerme, donne une instruction théorique et pratique. Elle a 280 élèves.

La colonie agricole de Macerata, créée en 1869, compte, suivant les années, de 15 à 25 élèves; elle donne surtout un enseignement pratique*

La colonie agricole de Todi donne un enseignement, élémentaire et agricole à 72 élèves appartenant aux familles des agriculteurs pauvres de la région.

La colonie de Pianzola (Orvieto), créée pour les 01s de paysans, a 10 à 15 élèves. Il y a été joint une école élémentaire d agriculture fréquentée par 40 enfants.

La colonie agricole de Galtagirone est une des plus prospères ; elle compte 44 élèves ; son exploitation, assez étendue, est dans d'excellentes conditions.

La colonie de Lecce a une subvention annuelle de 30,000 francs de la part de la province. Elle compte 63 élèves âgés de 18 à 22 ans.

La colonie agricole et la ferme-école de Brindisi ont une situation prospère. La colonie compte 90 enfants, et la ferme-école 10 élèves. L'enseignement agricole est spécialement pratique.

La colonie agricole de Moncucco (Alexandrie) compte 50 élèves.

L'institut agraire de Castelnuovo di Colli (Palerme) a 25 à 30 élèves ; il reçoit une subvention annuelle de 500 francs pour l'achat de machines.

L'institut agraire provincial de Brusegnana, ouvert en 1874, compte 75 à 80 élèves. L'enseignement y dure trois ans.

Écoles spécules. — A côté des établissements d'enseignement général, il faut citer les écoles spéciales qui sont au nombre de trois.

L'institut forestier de Vallombrosa vient en première ligne ; son titre en indique suffisamment le but. 11 comptait 21 élèves .en 1876. L'année dernière, il y avait 18 élèves réguliers et 2 auditeurs.

L'école spéciale de viticulture et d'œnologie de Conegliano a été créée en 1876; elle a ouvert ses cours en 1877 avec 10 élèves. Son budget est de 25,000 francs, dont 10,000 fournis par l'État.

L'école d'horticulture de Naples donne un enseignement à la fois théorique et pratique; elle compte en moyenne 25 à 30 élèves. Son but est de former des jardiniers qui trouvent facilement à se placer, soit dans les jardins municipaux, soit chez les particuliers.

Il faut maintenant signaler des efforts couronnés de succès qui ont été tentés pour introduire l'enseignement de l'agriculture dans les écoles primaires rurales. En 1876, des encouragements s'élevant à la somme de 3000 francs ont été accordés par le gouvernement aux instituteurs qui s'étaient signalés dans cette voie.

Le ministère de l'agriculture et celui de l'instruction publique se sont concertés pour introduire l'enseignement agricole dans les écoles

normales primaires. Cette organisation est achevée dans sept écoles normales, et 185 élèves-maîtres en ont suivi les cours en 4876.

Les mêmes professeurs ont fait en 1876 824 conférences agricoles dans 96 communes, et 2977 auditeurs y ont assisté. Des conférences spécialesde viticulture et d'oenologie, ainsi que de maréchalerie , attirent aussi de nombreux auditeurs désireux de s'instruire.

§ 3. — Concours régionaux.

Une des créations les plus importantes du ministère de l'agriculture, en Italie, une de celle qui ont été le mieux accueillies par les agriculteurs, et qui porteront les fruits les plus précieux au point de vue du progrès, a été l'institution des concours régionaux de primes d'honneur, d'animaux reproducteurs, de machines et de produits agricoles. C'est de Tannée 1874 que date cette création, et elle a eu immédiatement le plus grand succès. '

L'organisation des concours régionaux est à peu près la même qu'en France. Il est donc inutile de donner ici de longs détails. L'Italie a été divisée en un certain nombre de régions, et le concours régional se tient successivement dans chacune des provinces de la région.

Pendant les trois premières années de l'institution, huit concours régionaux ont eu lieu : deux en 1874, à Foggia et à Novare; quatre en 1875, à Ferrare, à Palerme, à Portici et à Florence; deux en 1876, à Rome et à Reggio. Pour donner une idée de l'importance de ces solennités, il suffit de citer les chiffres des exposants de chaque catégorie en 1876. On comptait, au concours de Rome, 605 animaux, 314 machines et instruments, 745 lots de produits; à celui de Reggio, 994 animaux, 399 instruments et machines, 1658 lots de produits. A Rome, il y avait 608 exposants, et à Reggio 559. Dans ces deux concours, 413 médailles ont été distribuées. On s'occupe beaucoup des mesures à adopter pour assurer la prospérité de ces solennités.

Ajoutons toutefois que les concours régionaux, en Italie, sont plus parfaits que ceux qui sont organisés en France. L'espèce chevaline figure, dans ces expositions, avec les autres animaux domestiques. C'est une disposition que demande depuis longtemps l'agriculture française, sans avoir pu en obtenir la réalisation.

g 4. — Stations agricoles.

Il est inutile d'insister ici sur l'utilité des stations agronomiques. Il y a huit ans, que le gouvernement italien est entré dans la voie de la création de ces établissements.

La première station agronomique a été créée à Udine, par un décret royal du 10 juin 1870*

D'après le rapport sommaire adressé en 1877, par le directeur de l'agriculture, M. N. Miraglia, sur les travaux exécutés en 1876 par les stations agricoles, il en existe aujourd'hui douze, savoir : neuf stations

de culture expérimentale, à Caserte, à Florence, à Forli, à Modène, à Rome, à Padoue, à Pesaro, à Turin et à Udine ; deux stations œnolologiques expérimentales, à Asti et à Gattinari; une station fromagère, à Lodi; une station de chimie agricole, à Palerme; un laboratoire de cryptogamie, à Pavie. Outre de nombreuses recherches analytiques ou expérimentales entreprises, soit sur l'initiative des directeurs, soit sur celle du ministère de l'agriculture, ces stations ont fait i ,160 analyses diverses pour les agriculteurs en 4875, et 950 en 1876.

En dehors de ces analyses, l'examen microscopique des graines de vers à soie et des papillons y a pris une grande extension. 1,639 essais ont été exécutés en 1875, et on est arrivé au chiffre.de 5,084 essais en 1876. C'est là une preuve éclatante de la faveur toujours croissante des procédés Pasteur auprès des sériciculteurs italiens.

Enfin, 188 conférences ont été faites, durant ces deux années, dans les stations agricoles. Ce sont celles de Padoue, de Gattinari, de Turin et d'Udine, qui ont donné le plus d'extension à cet excellent mode d'enseignement.

g 5. — INSTITUTIONS DIVERSES.

À côté de toutes ces institutions, qui prouvent le zèle et l'ardeur avec lesquels le ministère de l'agriculture a voulu remplir la mission qui lui était confiée, il en est encore d'autres que nous devons signaler.

Ce sont d'abord des dépôts d'étalons et des établissements d'élevage des animaux de race perfectionnée qui sont entretenus sur plusieurs points du territoire par le gouvernement. Nous regrettons de ne pouvoir que les mentionner ici.

En deuxième lieu, des dépôts d'instruments agricoles ont été établis, au nombre de seize, dans les différentes provinces. Ces dépôts contribuent, dans une large mesure, à la connaissance et à la diffusion des machines nouvelles ou perfectionnées. L'attention se porte aujourd'hui d'une njanière spéciale, en Italie comme en France d'ailleurs, sur remploi des faucheuses et des moissonneuses mécaniques.

Dans un autre ordre d'idées, le ministère a voulu contribuer , par de nombreuses publications destinées à être distribuées dans toutes les parties du royaume, à répandre partout les principes et les applications des sciences agricoles. C'est dans ce but qu'ont été créées les Annales du ministère de l'agriculture, qui se composent d'une série d'ouvrages bien faits et tout à fait propres à atteindre le but qu'on cherchait; 11 faut citer, parmi les principales parties de cette collection, les travaux suivants ;

Monographie de la fabrication de l'huile d'olive, par DomenicoCaponi;

Les racines fourragères et leur culture, par Ettore Celi ;

Monographie du meilleur système de culture de la vigne en Italie, par Giuseppe Frojo ;

Le fumier, par Mussa Luigi ;

Les prairies artificielles, par G. A. Ottavi ;

La vinification ou théorie et pratique de l'œnologie, par Egidio Pollacci;

Le Phylloxéra vastatrix, par Targioni Tozzetti ;

Manuel d'agriculture rationnelle, par Giovanni Canestini ;

Etudes sur la police rurale.

C'est enfin dans cette collection que nous trouvons les rapports sur les concours régionaux récemment créés*

Par un arrêté en date du 21 juin 1872, un comité central ampélographique a été institué pour l'étude des cépages de vignes cultivés en Italie. Ce comité a publié huit fascicules d'un Bulletin ampélographique qui renferme la description et la synonymie de nombreux cépages. Un atlas fort remarquable a accompagné ce Bulletin. En outre, des encouragements sont distribués par le comité pour l'étude de la vigne.

Enfin une commission centrale hydrographique fonctionne auprès du ministère, pour centraliser les observations pluviométriques et hydrométriques faites dans la péninsule. Elle a déjà publié plusieurs travaux très-importants sur les observations poursuivies depuis près de vingt ans.

Si nous ajoutons que le ministère de l'agriculture a commencé en 1877 les travaux relatifs à l'enquête sur les conditions de l'agriculture et des populations agricoles en Italie, ordonnée par la loi du 15 mars de la même année, nous aurons achevé un tableau certainement incomplet, mais qui permet déjuger des efforts sans cesse poursuivis pour le progrès agricole, par les hommes dévoués placés à la tête de celte grande administration.

C'est donc avec une vive surprise que les agriculteurs italiens ont vu paraître le décret du 26 décembre 1877, qui supprimait le ministère de l'agriculture et en répartissait les services entre plusieurs autres ministères. L'institution due au comte Cavour était emportée dans une crise ministérielle ; les hommes qui arrivaient au pouvoir jugeaient peut-être l'agriculture trop petite chose pour avoir sa représentation dans les conseil de l'État. Aussitôt des réclamations unanimes se sont élevées de toutes parts ; du nord au midi, il n'est pas une association agricole, qui n'ait protesté, parfois dans les termes les plus éloquents. Ces plaintes ont été entendues ; on travaille à leur donner satisfaction. Du moins, par un décret en date du 3 avril 1 878, il a été nommé une commission chargée d'examiner les bases de la réorganisation du ministère de l'agriculture, de l'industrie et du commerce. Les travaux de cette commission ne sont pas encore achevés, mais on doit espérer qu'elle donnera satisfaction au vœu unanime des agriculteurs italiens. Ce sentiment sera partagé par tous les membres du Congrès international de l'agriculture ; ils enverront à la jeune Italie l'expression de toute leur sympathie dans cette crise importante pour l'avenir agricole de ce beau pays.

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