X L'AGRICULTURE ET L'ÉLEVAGE
veurs, et les renseignements généraux. Les renseignements personnels étalent fournis par les propriétaires ou locataires respectifs du sol, tandis que les renseignements généraux étaient du resi-ort des commissions départementales. La recherche des renseignements personnels était à la charge d'employés rémunérés d'après leur travail. Deux commissaires du recensement, le D*" Gabriel Carrasco et l'agronome D. Manuel Vasquez de la Morena parcouraient les provinces, le premier celles du littoral, et le second celles de l'intérieur, pour amplifier verbalement les instructions imprimées que la commission directrice du recensement avait remises aux commissions provinciales.
Ceci une fois organisé, Ton commença le recensement dans les premiers jours d'octobre. Quelques provinces terminèrent cette tâche dans le courant du mois, qui était la limite accordée, tandis que d'autres ne la terminèrent qu'au milieu et même fin novembre et jusqu'en décembre. La compilation se fît en six mois, de novembre à avril, avec deux sections d'employés qui travaillaient nuit et jour.
Cette inégalité s'explique par la différence des conditions locales.
Dans certaines provinces la population est plus groupée que dans d'autres; les facilités de communication sont préférables dans telle province plutôt que dans telle autre, et enfin les autorités civiles exercent une action plus directe et plus uniforme dans les unes que dans les autres.
Cette inégalité de conditions locales, à laquelle s'ajoute l'inégale répartition d'instruction dans les masses de la population agricole, explique non seulement la différence de temps ((ue ce travail exigea dans les différentes provinces, mais encore le plus ou moins d'exactitude, ou pour mieux dire de vraisemblance dans les renseignements fournis.
C'était la première fois que Ton faisait le recensement de l'agriculture et de l'élevage dans la République. La population n'était nullement préparée pour répondre à d'innombrables questions que probablement elle n'avait jamais eu ridée de s'adresser à elle-même. Qui ne sait par expérience, qu'il est rare qu'une question posée a une seule personne reçoive une réponse absolument satisfaisante, quand bien môme la question est habilement posée et la personne interrogée, instruite. Maintenant, si cela arrive chaque jour à une personne, avec un seul individu, le lecteur peut se figurer ce qui doit arriver à un recenseur qui interroge toute une nation, non sur une seule chose, mais sur cent différentes. Il arrive ce qui doit se prévoir dans ces conditions, c'est-à-dire que les réponses aux questionnaires du cens sont d'un degré très différent d'exactitude et d'utilité.
La plus grande partie de la population agricole de la République n'est pas encore familiariséti avec le système métrique des mesures, bien que depuis plusieurs années l'enseignement en soit donné dans les écoles, et il est temps qu'il soit employé couramment dans les travaux scientifiques. Il faut cependant dire que ce système de mesures ne fut légalement en vigueur que depuis le !•' janvier de l'année précédente. La commission de recensement a tenu compte de cette circonstance et a fait ses questions sur l'étendue linéaire et superficielle en unités de l'ancien sys^ lème espagnol, laissant aux bureaux le soin de ramener les mesures anciennes au système métrique. La question du système de mesures n'était donc point un incon-
DANS LA RÉPUBLIQUE ARGENTINE xi
veulent^ puisque les difficultés qui se présentaient pouvaient se surmonter par ]e calcul.
Un grand inconvénient se présente dans la différente interprétation des étendues linéaires et superficielles. Ainsi, par exemple, dans ce recensement on ne peut utiliser Fimportant renseignement sur Tétendi^e linéaire des entourages, les uns indiquant l'étendue superficielle tandis que les autres indiquaient Tétendue linéaire bien que la question soit simplement celle-ci: « Combien decuadras lineales d'entourage a la propriété? » Si toutes les propriétés avaient eu la forme d'un carré parfait, les difficultés, qui s'élevaient pour la question relative à la superficie, auraient été facilement tournées par une simple extraction de racine carrée, mais il faut bien considérer que ce fait se produit très rarement.
Un fait analogue se produisit pour l'étendue de la propriété. La demande se rapportait à l'étendue totale en cuadras ou lieues carrées, la plupart des propriétaires ou locataires du terrain ne pouvant rendre compte des hectares ou kilomètres carrés.
Et bien, cette question reçut trois réponses, à savoir : un côté du carré, la face et le fond, et enfin l'étendue totale, cette dernière étant la seule se rapportant exactement à la demande. Dani le premier cas, un côté du carré, on dut consulter tous les renseignements du questionnaire, pour être certain qu'il n'y eut pas d'erreurs ; dans le second on eut recours aux calculs; et seulement dans le troisième, heureusement le plus fréquent, on obtint la réponse telle qu'on la désirait.
Dans les provinces de Santiago del Estero et de Gordoba, on ne put obtenir l'important renseignement du nombre et de l'étendue des propriétés. Dans la province de Catamarca on pensa ne devoir mentionner que l'étendue arrosée. Les recensements de Santa Fé et d'Entre Rios. effectués un peu avant celui qui est l'objet de ce livre, ne distinguent aucune classe de propriétés, c'est-à-dire n'indiquent point combien de propriétés sont purement agricoles, combien sont en môme temps afiectées à Tagriculture et à l'élevage, et combien sont uniquement réservées à l'élevage.
La province de Buenos Aires fit à elle seule le résumé de son recensement et fit •entrer, dans la superficie cultivée, la superficie occupée par toutes les différentes espèces d'arbres. Sous la dénomination de superficie cultivée, ne figurent dans le présent recensement que les terres labourées et les vignes. Je n'ai pas voulu omettre cette indication afin d'expliquer, au lecteur désireux de comparer les chiffres du présent ouvrage avec ceux publiés par la direction de la statistique de la province de Buenos Aires, la différence que, sans aucun doute, il remarquerait entre eux. Il convient également de tenir compte que les chiffres sur l'agriculture et l'élevage, que j'avais indiqués pour le message du Président de la République à l'ouverture des Chambres, à la demande du ministère des finances, n'étaient que des indices et dès lors susceptibles de correction. En effet, cette correction dut être faite, parce que Ton découvrit au dernier moment certaines erreurs dans les totaux partiels, erreurs inaperçues dans la précipitation avec laquelle dut se faire le résumé général.
Les renseignements de quelques provinces sont incomplets, et cela parce que
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les questionnaires de différents départements ne me sont point parvenus exactement remplis. Ceci n*empâche point le lecteur, familiarisé avec les ouvrages de statistique, de pouvoir se former; par induction arithmétique, une idée nette de l'importance relative de tel ou tel groupe de faits.
L'ensemble de ce recensement ne doit se voir que comme un premier essai. i
C'eût été de la pédanterie que d'exiger que ce genre de travail se fit parmi nous I
avec la même exactitude que dans les pays qui jouissent d'une très ancienne civili- 1
sation, qui peuvent se vanter d'avoir une administration presque parfaite et qui :
n'ont point une seule parcelle de terrain inoccupée.
Celui qui connaît notre territoire et qui sait que, communément, il faut faire plusieurs heures de cheval et souvent plusieurs jours, pour aller d'un endroit habité à un autre, regardera avec indulgence un travail dépourvu de toute prétention d'exactitude absolue. Le seul but de cet ouvrage est de donner à celui qui le lira une idée suffisamment exacte de l'état dans lequel se trouvent actuellement notre agriculture et notre élevage, et j'espère que, dans cet ordre d'idées et suivant la forme adoptée pour l'exposition des renseignements obtenus, le lecteur intelligent sera satisfait.
J'ai pensé que les tableaux statistiques de ce volume gagneraient en utilité et en intérêt général si l'on y ajoutait quelques notices géographiques de la République, en général, et des provinces en particulier, et c'est ainsi que j'ai procédé en prenant de ma « Géographie Argentine » tout ce qui m'a paru propre au but recherché par cet ouvrage.
Pour faciliter les recherches au lecteur, j'ai accompagné cet ouvrage d'un plan de la République, d'une carte avec la répartition des pluies et de la température, d'une carte du relief du sol et d'une carte de la densité de la population. A cela j'ai ajouté un plan des chemins de fer en exploitation, en construction, en concession et ceux projetés; plus, six chartographes indiquant l'importance relative de l'agriculture et du bétail (race bovine et race ovine) des provinces de Buenos Aires et de Santa Fé; en tout, onze tableaux graphiques.
En terminant, je dois remercier ici le D' D. José Chavanne, géographe avantageusement connu dans le monde scientifique, pour son généreux concours dans la confection des cartes, et le D' D. Gabriel Carrasco pour la rédaction des tableaux.
F. Latzina.