SITUATION
t 33» 50' 33» iO' 33*
Paso de Nahuel Iluapi
Paso de Antuco
Gouvernement du Rio Negro » du Neuquen.
Province de Mendoza.
»i II »> »»
Province de San Juan.
» »> Province de la Rioja.
» Catamarca .
Paso del Planchon
Portezuelo de Sazo
Cruz de Piedra
Paso del Porlillo
Dehesa o Potrero Alto
Paso de la Cambre
Paso de los Patos
Paso de la Laguna
Paso de Dona Ana
Pi rcasNegraso Corne Caballo Paso de Fiambala
Portezuelo de San Franciscu
Un des plus importants est le Paso de la Cumbre, par Uspallata, et par où passera le chemin de fer du Pacifique pour se diriger vers le Chili. Le chemin de Mendoza à Santa Rosa (du Chili) a, par ce passage, 320 kilomètres d'étendue, •et se fait généralement en six journées, comme suit :
De Mendoza à Villa-Vicencio 60 Kilom.
» Villa-Vicencio à Uspallala 60 »
)> Uspallata à Punta de las Vacas 60 »
» Punta de las Vacas au pied de la Cordillère 40 »
>» Pied de la Cordillère à Guardia Vieja 48 »
» Guardia Vieja à Sanla Rosa o2 »»
Ce passage est très praticable de novembre à avril et, certaines années, jusqu'au mois de mai.
Tout ce système de montagnes qui traverse les provinces de Salta, Tucuman, Catamarca, la Rioja, San Juan et Mendoza, forme d'étroites vallées d'une grande fertilité, dans les parties qui peuvent être arrosées. Les fleuves et les cours d'eau 'de cette partie du territoire argentin sont, en général, de peu d'étendue, et manquent souvent d'eau. Des torrents qui, à certaines époques de l'année, détruisent tout ce qu'ils rencontrent sur leur passage, ne peuvent à d'autres époques suffire aux nécessités de l'agriculture ni quelquefois môme aux besoins des populations établies sur leurs rives, si leur cours ne se trouve pas, comme il arrive fréquemment, absolument à sec, l'évaporation d'un côté et l'absorption du lit de sable de l'autro se combinent pour produire rapidement un dessèchement complet.
Les principaux fleuves et cours d'eau de cette partie du territoire argentin sont, dans la direction du Nord au Sud :
Le rio Colorado, dans la province de Catamarca. Sa source se trouve sur le pic couvert de neige de San Fi^ancisco et dans le Alto de Machaco , il traverse la frontière nord de la province de la Rioja, et se dirige vers la Salina Grande, où peu avant d'arriver le sable l'absorbe. Pendant son cours, il reçoit successivement plusieurs ^noms, à savoir : rio Casadero, rio Copacabana^ rio Colorado et enfin arroyo Salado, Il a plusieurs petits affluents, dont les eaux se joignent aux siennes, et font la prospérité de plusieurs endroits, tels que : Fiambala (point qui possède d'excellentes eaux thermales, dans lesquelles j'ai eu le plaisir de me baigner), Anillaco, Tinogasta, Copacabana, Agua Caliente, Mazan et Anapa,
Plusieurs autres fleuves et cours d'eau de la province de Catamarca ont presque la même source que le Colorado : tous disparaissent dans le . sable avant d'arriver aux salines formées dans les dépressions de ces terrains. Parmi ces cours d'eau, on peut mentionner : le rio Belen, Y arroyo de Andalgala, le rio de Catamarca et le rio de Paclin.
Le rio Bermejo court dans la direction du Sud à travers les provinces de la Rioja et de San Juan, et disparait dans les terrains sablonneux situés entre la sierra de la Huerta et la sierra du Pié de Palo, Ce fleuve est formé par la jonction du rio Jagûé qui a sa source dans le Cerro Bonete, et le rio Blanco qui descend du volcan de Copiapo,
Le rio Jagiié, qui est le bras oriental, reçoit successivement comme affluents, le rio de LorOy le rio Vinchina et le rio Guandacol. Le bras occidental, ou rioBlanco (appelé ensuite rio Jachal)^ est formé par la jonction de plusieurs cours d'eau comme : le rio Salado^ Yarroyo Blanco , le rio Blanco, le rio Corne Caballo, le rio Camerito^ le rio del Pasto Largo y etc.
Le rio de San Juan est le résultat de la jonction de deux bras : le rio de Castano et le no de los Patos. Le premier est formé par les cours d'eau Blanco et Atulia et s'unit au rio de los Palos près de la ville de Calingasta. Le rio de los Patos est également formé de deux cours d'eau, dont Tun, celui du Sud, prend sa source dans TAconcagua, tandis que l'autre qui s'appelle arroyo Yesero vient du Ligua.
Le rio de los Patos a pour affluents le rio de los Lenas, le rio Aldeco, le rio Colorado et le rio AnsillOy tandis que le rio de Castano reçoit, peu avant de se joindre au rio de los Patos, les eaux du no de Calingasta, Le rio San Juan se verpe dans la lagune de Guanacache.
Le rio de Mendoza réunit les eaux de deux bras. Le bras septentrional est formé de deux cours d'eau, le rio de las Cuevas et le rio Horcones qui prennent naissance dans TAconcagua, tandis que le bras méridional, le rio Tupungalo, descend de la colline du même nom. Le rio de Mendoxa reçoit plus loin les eaux de Yarroyo de Uspallata et se déverse, après avo:r parcouru une distance peu considérable, dans la direction de l'Ouest à l'Est, dans la lagune de Guanacache.
Celte lagune se déverse elle-même, à son tour, en forme de courant qui coule entre des rives basses et marécageuses, sous le nom de Desaguadero, dans une autre dépression de terrain, située plus au Sud et occupée par la laguna Bebedero.
Le pic couvert de neiges du Tupungato donne naissance au rio Tunuyan, qui reçoit plusieurs affluents, entre autres le vio Claro et le San Carlos y et qui ^e déverse ensuite dans la lagune du Bebedero.
Encore plus au sud du Tunuyan, courent les fleuves Diamante, Aiuel et i}falargûé.
Le premier prend naissance au sud du Maipo, dans un lac, et a pour affluents le rio de las LajaSy le rio Hondo et le rio Caïu/uenes, il passe auprès du Fuerte San Rafaël dans la plaine, et se dirige ensuite vers l'Est pour se déverser dans la lagune (lu Bebedero.
Le cours du rio Atuel est encore peu connu. Ses sources sont voisines de celles du rio Colorado (de la Patagonie). Ce fleuve prend naissance ii deux sources principales, le rio Atuel, proprement dit, et Je rio Salado qui descend sur le versant de la sierra Malargûé, Près du Fuerte San Rafaël, l'Atuèl se rapproche beaucoup du Diamante, avec lequel on suppose qu'il se trouve en communication par un bras latéral. De ce point, ce fleuve prend la direction du Sud-Est pour se déverser dans la lagune Bebedero, qui s'agrandit un peu plus au Sud, en une autre lagune plus grande encore, la lagune Urre Lauquen, laquelle à son tour se déverse encore un peu plus au Sud dans le rio ColoradOy à ce que l'on suppose.
Le rio Malargué^ plus au sud de l'Atuel, prend naissance avec de nombreuses branches dans la Cordillère, et débouche après un court trajet dans la lagune Llancanelo.
Celte région briî5ée en cet endroit, sauf de courts intervalles, est occupée du Nord au Sud par les provinces de Gatamarca, la Rioja, San Juan et Hendoza.
La province de Catamarca est, dans sa plus grande partie, montagneuse, étant seulement plate vers le Sud-Est, du côté de la saline, où s'étend une plaine sèche et par conséquent stérile.
Dans les vallées de la partie montagneuse, et là où Tarrosage artificiel est facile, on cultive avec de bons résultats le maïs, le blé, différents fruits (principalement des oranges et des figues), la luzerne et la vigne. Du raisin, d'excellente qualité, on fait du vin et de Teau-de-vie par des procédés qui jusqu'à ce jour ne sont encore que primitifs.
Dans celte province on rencontre également quelques prairies naturelles, comme le campo de Pucara, où Ton élève un bon bétail et où l'on produit en abondance des fromages et du beurre de bonne qualité.
Dans ces régions et dans des prairies arrosées artificiellement, on engraisse le gros bétail, qui, après avoir été ferré, est conduit au Chili parla Cordillère, où il sert pour la consommation.
Parmi les autres ressources que possède cette province se trouvent les mines de cuivre et d'argent, principalement celles qui sont limitées par une branche de VAiajo près de CapiliUas, Le centre minier de Pilciao est important.
La province de la Rioja présente en général les mêmes caractères physiques que la précédente. Elle est montagneuse dans sa partie centrale et occidentale et plane dans sa partie orientale. Elle manque d'eau, mais là où l'arrosage artificiel est possible on cultive avec de très bons résultats le maïs, le blé, la luzerne, les oranges, les figues, la vigne et les olives. La culture de la vigne, principalement, donne ses meilleurs résultats à Nonogasta et Bichîgasta, petites localités situées au sud de Chilecito.
Les mines d'or, d'argent et de cuivre, situées près de Famalina et Chilecito, constituent la principale richesse de la province et de ses habitants.
Il y a peu de temps, le D' Brakebusch découvrit un important gisement de charbon de terre à Paganzo, à environ 30 kilomètres de distance du chemin de fer projeté de Ci^z del Eje à Chilecito.
La province de San Juan possède également un climat sec qui ne permet la culture du sol qu'à l'aide de l'arrosage artificiel, sur les rives des rares fleuves et cours d'eau. Là où ces eaux peuvent être employées, on obtient de bonnes récoltes de maïs, de blé, de luzerne, de fruits et de raisins. Le vin de San Juan est apprécié dans toute la République.
L'industrie minière qui extrait l'or, l'argent et le cuivre des sierras du Tontal, de la sierra de Castano, de celle de Lenas et de celle de la Huerta, est de beaucoup plus importante que l'agriculture et l'élevage. Les mines d'or se trouvent principalement dans le Tontal, à Gualilmu Jachal et Valle Fertil, tandis que celles d'argent abondent davantage dans la sierra de la Huerta.
On a également rencontré des gisements de charbon de terre dans un endroit appelé las Marayas^ et situé dans la sierra de la Huerta.
La province de Mendoza, montagneuse à l'Ouest et plate au centre et à l'Est,
avec le caractère général de la plaine, souffre moins de la sécheresse, parce qu'elle est mieux arrosée par des fleuves et cours d'eau assez nombreux et assez importants. C'est pourquoi cette province peut avoir et a une bien plus grande surface cultivée que les précédentes. Le blé, le maïs, la luzerne, les olives, différentes espèces de fruits (principalement une sorte dépêches), et la vigne y donnent d'excellents résultats.
Le vin de Alendoza, les olives, les figues et les raisins secs sont envoyés jusqu'à Buenos Aires, où tous ces produits sont très appréciés des consommateurs.
L'élevage, principalement celui du gros bétail, donne lieu à un commerce important avec le Chili.
En dehors de l'agriculture et de l'élevage, qui forment les principales richesses de la province, il faut encore mentionner l'exploitation des mines de cuivre de la sierra de Uspallata.
Il y a lieu de croire que, parmi les richesses minérales de la province, l'on doit également compter un abondant gisement de charbon de terre. Dernièrement, l'on vient de mettre en exploitation un riche gisement de naphte.
Au nord de la République (provinces de Jujuy, Salta et Tucuman), un plateau situé i l'est du désert de Atacama, et connu sous le nom de meseta de la Puna, forme comme le centre du système de montagnes qui s'élève dans cette région.
Au sud de la chaîne de laPuna,se trouvent différentes montagnes isolées, parmi lesquelles la sierra de la Lumbrera, qui va de la rive gauche du rio Salado, là où il entre dans la plaine, vers le Nord-Est, au rio Bermejo.
A l'ouest du Salado, en côtoyant l'extrémité sud de la chaîne de la Puna, s'étend la sierra de Cachari, à laquelle vient se joindre, plus à l'Ouest, la sierra de la Frontera qui forme la limite entre la province de Salta et celle de Tucuman.
Vers le Sud, cette dernière montagne s'unit à la partie septentrionale de la sierra de Aconquija, Différents sommets de cette chaîne atteignent la région des neiges à une hauteur de plus de 5.000 mètres, et sa partie orientale présente de magnifiques vallées recouvertes d'épaisses forêts.
Les ramifications qui, de ce massif central, se dirigent au Sud, constituent la sierra de Tucuman qui forme là où elle se réunit à la sierra de Aconquija, la vallée élevée de Tafi, réputée pour ses productions alpines et spécialement pour un certain fromage excellent.
Plus au Sud, la sierra de Aconquija forme trois ramifications : la sierra del Atajo à l'Ouest, celle de Ambato au centre et celle de Alto ou de Ancasli à l'Est. Entre ces deux dernières se trouve la vallée de Catamarca.
De la sierra del Atajo se détachent vers le Sud et parallèlement aux Cordillères, différentes ramifications qui sont de l'Est à l'Ouest : la sierra de Belen, la sierra de Gualampaja, celle de Zapata, le Cerro Negro, la sierra de San José et celle de Copacabana.
Un peu plus au Sud, on peut considérer comme du même système, la sierra Velasco et la sierra des Llanos. La sierra Velasco, bien moins haute que ses voisines de l'Ouest, atteint à peine, à son point culminant, 2.500 mètres, tandis que la sierra des Llanos ne dépasse guère 1,000 mètres au maximum. A l'ouest de la
sierra de Famatina, il faut encore mentionner la sierra du Pié de Palo qui, en se dirigeant à l'est de San Juan, se prolonge dans la môme direction générale que toutes les autres ramifications accessoires.
Plusieurs fleuves et cours d eau, tributaires du système fluvial du Plata, prennent naissance dans le système de montagnes dont je viens de parler.
Si Ton en commence Ténumération vers le Nord, on rencontre d abord le Ptlcomayo, dont les sources se trouvent dans le système du Despoblado et le plateau bolivien. Il est formé, à son embouchure, de deux bras : le Pilcomayo, proprement dit, qui est le bras septentrional, et le r\o Pilaya. Ces deux bras se réunissent près de la petite localité de Juntas d'où ils continuent leur cours, ne formant plus qu'un seul fleuve qui se dirige au Sud-Est, à travers le Chaco, sous le jiom du bras septentrional, jusqu'au 24°30' et 25*17' de latitude, où le Pilcomayo se déverse en trois bras dans le rio Paraguay.
Le cours de ce fleuve est, en général, peu connu. Par exemple, Ton sait très bien que sa navigation rencontre de sérieuses difficultés, soit à cause du manque de profondeur, soit à cause de la sinuosité de son cours qui s'étend souvent en vastes lagunes, ou soit enfin à cause des arbres et des lianes {Pontederia azurea) qu'il charrie.
On trouve ensuite, au Sud et parallèlement au Pilcomayo, le no Bermejo qui est, comme le précédent, formé de deux bras principaux se réunissant ensuite. Le bras septentrional est, à son embouchure sur le versant oriental du système du Despoblado, formé de nombreux cours d'eau, il a le même nom de rio Bermejo, tandis que le bras méridional a, dans la plus grande partie de son cours, le nom de rio Grande de Jujuy ; ces deux bras se réunissent au sud de Oran, près de Junia de San Francisco, pour former le rio Bermejo, proprement dit.
Ce fleuve traverse dans la direction du Sud-Est le vaste territoire du Ghaco, décrit un grand nombre de courbes et de sinuosités, mais ne se perd pas dans de vastes lagunes comme le Pilcomayo, ni ne présente comme lui dans son cours ni courants rapides, ni torrents pouvant nuire à la navigation. Ce fleuve est navigable dès son embouchure dans le Paraguay, près du confluent du fleuve de ce nom et du Parana, jusqu'au delà de Esquina ffran^/e, village où débouche dans le Bermejo le rio del VallCy dernier affluent du Chaco.
Au sud de Bermejo, on rencontre le rio Salado qui descend du versant occidental de la côte sud du Despoblado. Ses sources les plus occidentales sont le rio de Santa Maria et le rio Calchaqui qui se réunissent près de la ville de San Carlos et prennent le nom de no Guachipas qui reçoit un peu plus loin divers petits affluents venant du Nord, à l'embouchure du Despoblado, comme le rio del Tontal^ le rio Rosario et le rio Arias.
Plus loin, dans la vallée qui forme le chemin de Tucuman à Salta, le rio Guachipas prend le nom de rio del Juramento, nom qui rappelle un épisode de la guerre de l'indépendance de 1813 soutenue dans cette contrée parle général argentin Belgrano. Un peu plus au Sud le rio del Juramento reçoit divers petits affluents, entre autres le rio de las\Piedras et le rio Borcones. A l'endroit où le rio del Juramento sort des montagnes, pour se continuer dans
DANS LA REPUBLIQUE ARGENTINE If
la plaine, il prend le nom de rio Saladoj nom qu'il conserve jusqu'au moment où il* se jette dans le Parana, près de la ville de Santa Fé.
Il faut encore mentionner, de ce côté, le rio Dulce^ dont les sources se trouvent dans la même région montagneuse que celles des trois fleuves précédents.
Le rio Dulce descend du versant sud-est de TAconquija. Avec le rio Tala ou- Saliy il reçoit entre le village de Tala et la ville de Tucuman un petit nombre d'affluents peu importants, mais en échange il s'enrichit plus au sud de Tucuman des eaux de divers cours d'eau bien fournis, tels que: le rio Lules,le rio Colorado, \t rio- Famailla, le rio Arenilla, le rio de Monter os , le rio du Pueblo Viejo, le rio SecOy le rio de Gastona, le rio Médina^ le rio Marapa, le rio Invernada et quelques autres.
Jusqu'au dessous de la ville de Santiago, ses eaux sont claires et douces. Ensuite, à l'endroit où il traverse des terres nitreuses, ses eaux deviennent troubles et prennent un goût amer et salin, ce qui fait qu'on lui donne également le nom* de rio Saladillo,
Non loin, au 30° de latitude, ce fleuve forme une vaste lagune aux rives bourbeuses, bien que d'une étendue bien définie, la lagune des Porongos.
Ce fleuve, de même que le Salado, le Bermejo et le Pilcomayo, varie beaucoup de profondeur.
Pendant les mois de décembre, janvier, février et mars, ces fleuves ont une profondeur plus grande, occasionnée par le dégel dans la région des neiges et les pluies plus abondantes de la saison, produisant même souvent de terribles inondations.
Le Pilcomayo, le Bermejo, le Salado et le rio Dulce appartiennent au système fluvial du Plata qui d'après les avis de diff'érentes sommités géographiques, embrasse une superficie de plus de deux millions de kilomètres carrés compris pourun tiers sur le territoire de la Hépubhque Argentine.
Les fleuves les plus importants de ce système sont le Parana, Y Uruguay et le Paraguay qui méritent une rapide description.
Le Parana prend naissance en deux bras principaux : le rio Grande et le rio Paranahyba sur le versant occidental de la sierra de Espinhazo (Brésil) d^un côté, et sur le versant sud des monts Pyrenhos, de l'autre. Depuis le confluent des fleuves Grande et Paranahyba, sous le 20° de latitude le fleuve ainsi formé prend le nom de Parana. Sous le 25° 30' de latitude le Parana entre sur le territoire argentin, où il a pour affluent le rio Curitiba ou Iguazu.
Il débouche dans le Plata, sous le 34° de latitude, par plusieurs bras, dont les principaux sont le Parana Guazu au nord, le Parana Mini au centre et le Parana de las Palmas au sud. Son étendue, y compris les principales courbes, est de près de 4.000 kilomètres, dont la moitié seulement sur le territoire argentin. Il a, au point où les eaux du rio Curitiba se joignent à lui, une largeur de 400 mètres, dans la Gandelaria (Misiones) 800 mètres, près de Gorrientes il atteint 3.000 mètres et près de Diamante 7.000 mètres, qui est la plus grande largeur du fleuve.
La diff*érence du niveau du fleuve, lorsqu'il a peu ou beaucoup d'eau, est en temps normal de 3 à 4 mètres. Des navires jaugeant 12 pieds peuvent remonter le Parana et ensuite le Paraguay jusqu'au delà d'Asuncion.
En dehors du rio Curiliba et du Saiado déjà nommés, le Parana ne reçoit dans sou cours sur le territoire argentin aucun affluent important, si Ton en excepte le Carcarana (de la province de Santa Fé) qui, dans son cours supérieur et moyen et dans la province de Cordoba, s'appelle rio Tercero. Entre les villes de Rosario et de San Nicolas, se jette dans le Parana Varroyo del Medio qui fait partie de la ligne de démarcation entre les provinces de Buenos Aires et de Santa Fé ; environ à la même distance entre les villes de La Paz ^Entre Rios) et Esquina iCorrientes] débouche le Guayquirar qui forme la ligne de démarcation entre les provinces de r.orrientes et d'Entre Rios.
Plus au Sud le Parana a pour dernier affluent de quelque importance, le rio Hualeguay^ de la province d'Entre Rios.
Le rio Uruguay prend naissance dans la même chaîne de montagnes de la côte hnsilienne, prosque en face de l'ile Sanla Catharina^ d'où sort le Parana. A sou entrée sur le territoire argentin il reçoit du Nord les eaux du Pepiri GuazUj qui forme la ligne de démarcation , ?) entre le territoire national de Misiones et la priH vince brésilienne du Parana, et, plus avant, du cùté argentin, les eaux du rio ilirinay et du rio .l/orore/a, ce dernier divisant la province de Gorrientes de la province d'Entre Rios.
Depuis le 27* 9' de latitude Sud jusqu'un peu au nord de Concordia, l'Uruguay nVst point navigable pour les Itateaux à vapeur ni les navires de quelque tonna;;e, |kar ^uile des chutes et des rapides qui s'opposent, de ce cùté, à la navigation. Une lieue au delà de Concordia, se trouve le Salio Chichoei quatre lieues plus haut le Salio (itanHe, avec une chute d'eau de deux mètres de hauteur. Il conviendrait de canaliser rUruguay dans cette région et faire sauter les roches qui empêchent la navignlion.
Près de Conconlia le fleuve a un kilomètre de largeur; plus il avance, plus il s'élargit en fonnaiit de nombreuses iles couvertes d'une riche végétation. Plus au Sud il r**i>ùt les eaux du Ho Gualrjuaychu province de Entre Rios , l'affluent ai^ntîn le plus considérable. Près de Las Vacas le rio Uruguay se jette dans le Plata* par une seule eniK^uchure,
L\stA unr du P!a:a a. au confluent des fleuves Parana et Uroiniav. une larseurde 10 ki..m.èlivs. et 350 kilomètre* eaux tws^es et entro le< caps SaHtt Maria Banda .^r.oîUal et San Antonio OMe argentine il a une largeur de 175 kilomètres. Ses lies SiMit M'irtit GanHiU la plus grantie de toutes, Zo^vp. /7ot.\'i\ Flores^ San •i.:;'-fV/ et ^ —«."'*, il^is plus rapprwhès de la côte orientale. LV:eadue de cet estuAÎre |<aî sVvaîuer à 35.000 kilomètres carrés,
0« a.nîr* le Para^ruay baigne de ses eaux les rivages argentins compris entre le P.lo. R A\vv et le Berniejo, il n'est jvis superflu de le mentivumer ici rapidement.
Ce ÊTrare a sa ^-^arve U mieux cv^anue, dans le Bré>iL entre le 14* de latitude S^i e; it 5S* àe .- ::ci:uie Ouest vie lireenwich. II s'etead d Alv.«nl ea deux branches. ;■? -.■ C^^j:}-i et îe ri-^ Paraguay pr^'j^remeat dit. liés leur s^^ur^.^, iî> coulent l\.a i:r\^ -ie Tiutre ver? le Sud j;rsqu'à ce que. s<k;s îe IS* de l.ultu ie, ils se' réuniss«rr.: ca ua seulfccve.ijtnslesb^^urbiersde A'-e^^]> :*,I>eKt, le tVuve se vUrice nettei:t-: jlu Swi. ^-^î^ui sa ch.te dans îe Parana.
DANS LA RÉPUBLIQUE AUGEXTINE 13
Le Paraguay est, en général, moins large que le Parana et TUruguay, mais en échange il a un cours .plus uniforme que ces derniers dans sa largeur et sa profondeur. Quand les eaux montent il a, dans VAssunciorif une profondeur moyenne de 8 mètres; à Corumba sous le 49'' de latitude Sud, il a de 4 à 4 mètres 4/2, et des bateaux d'un tonnage de moins de 4 pieds pourraient en toute saison arriver à Cuyaba ; et même plus loin, jusqu'à 15* de latitude Sud.
Le rio Paraguay diffère du Parana et de l'Uruguay, en ce qu'il est alimenté par les pluies tropicales, ce qui donne à son cours des variations plus régulières que celles de ces deux autres fleuves alimentés par le trop-plein des pluies irrégulières sous- tropicales
La région où ils prennent naissance, et où les tributaires ci-dessus décrits du Parana bénéficient de leurs eaux, est occupée par les provinces de Jujuy, Salta, Tucuman, Santiago del Estero et Santa Fé.
Les trois premières, les plus au Nord, sont au point de vue organique, les provinces les plus riches de la République. Leur climat chaud mais non trop sec est propre à la culture de toutes les plantes sous-tropicales. Sur leur terrain très accidenté, s'étendent de hautes montagnes, riches en minerais et de magnifiques plaines couvertes d'une riche végétation. Des fleuves et des cours d'eau, non navigables, pour la plupart, se trouvent répandus en nombre suffisant, bien répartis et d'assez de courant, pour permettre un abondant arrosage de tous les terrains susceptibles de culture.
Dans sa partie occidentale, la province de Jujuy est la continuation du plateau stérile formé par le désert deAaicamay tandis que plus à l'Est elle compte parmi les régions les plus favorisées de la nature. On y rencontre de magnifiques prairies, des vallées fertiles où Ton cultive avec succès le mais, le tabac, la canne à sucre et le riz, de superbes forêts et de l'eau en abondance. Les hauts plateaux voisins de Yavi offrent une abondante chasse de vigogne et de chinchilla. Dans l'arrondissement de Tumbaya on élève des chevaux et des mulets dont on fait un grand commerce avec la Bolivie. Mais ce qui, à une époque que je ne crois pas éloignée, constituera la plus grande richesse de cette province ce seront les gisements de naplite qu'on y rencontre à ciel ouvert et qui donneront naissance à l'industrie productrice du kérosène. La lagune de la Brea n'est qu'un immense dépôt de naphte.
La partie occidentale de la province de Salla, située au sud de la province de Jujuy, présente le même aspect que celte dernière ; ce n'est qu'une vaste étendue stérile, ressemblant en tous points à une continuation du désert d'Atacama.
En échange la partie orientale est une région d'une grande fertilité, bien que peu cultivée jusqu'à ce jour. Dans la vallée du rio de Santa Maria on cultive avec succès la vigne qui donne le vin de Cafayete l'un des plus estimés de la République. L'élevage du bétail et la culture de toutes sortes de céréales constituent les principales ressources des habitants de cette province. On y trouve en abondance des forêts produisant des bois de travail, encore peu exploitées à cause du manque de moyens de transport rapides et bon marché. A Oran le bananier donne d'excellents fruits et l'on vient même d'essayer avec assez de succès la culture du café.
La plus riche région du territoire argentin est la petite province de Tucuman, au sud de la province de Salta. C'est la province la plus peuplée et celle qui a la plus grande partie de son territoire cultivée. Sa principale culture est la canne à sucre, mais on y cultive également avec beaucoup de succès différentes espèces de légumes, de céréales et de fourrages, du tabac et du riz. L'élevage du bétail donne de bons résultats principalement au point de vue de la fabrication des fromages. Le fromage de Tafi a une grande renommée dans tout le pays. Les principales industries sont : la fabrification du sucre, la fabrication de Teau de vie, le tannage des peaux, la fabrication de couvertures pour les selles des chevaux, une sorte de tissu à jour, et une espèce de dentelle pour Thabillement de dessous des femmes.
Dans la province de Tucuman se trouvent en abondance des monts couverts de bois, pouvant être employés aussi bien pour la construction que pour les différents travaux d'ébénisterie. Les orangers, dont les fruits sont de qualité supérieure, sont en telle abondance qu'ils forment des bois très étendus.
La province de Santiago au sud-est de celle de Tucuman présente dans sa totalité une plaine légèrement inclinée du Nord-Ouest au Sud-Esl,exception faite pour la petite sierra de Guasayanh l'ouest de la ville de Santiago, et qui ne s'élève guère h plus de 350 mètres au-dessus de la plaine qui l'entoure. Dans la partie occidentale de la province, la Salina Grande couvre une vaste étendue. Le climat est chaud et sec. Le long du rio Dulce et là où ses eaux peuvent servir à l'arrosage, existent actuellement diverses plantations de canne à sucre et quelques autres établissements agricoles. L'élevage est également une des principales richesses de la province. Santiago produit différents fruits excellents et principalement des oranges. Sur les monts qui avoisinent le Ghaco on récolte en abondance le miel d'une abeille des bois, la lechiguana. Les vêtements du peuple, les ponchos * et les couvertures, sont le produit de l'industrie des femmes qui tissent à la main des étoffes solides et d'une bonne durée.
La province de Santa Fé, située sur la rive droite du rio Parana, et au nord de la province de Buenos Aires, forme une vaste plaine présentant au Nord le caractère montagneux du Ghaco et au Sud l'aspect de la plaine de Buenos Aires. Ses principales ressources sont l'agriculture et l'élevage. L'agriculture y est plus prospère que dans aucune autre partie de la République. Les principales cultures sont le blé, le maïs et le lin. La culture du maïs y est cependant moins importante que dans la province de Buenos Aires.
Le vaste territoire du Ghaco, situé au nord de la province de Santa Fé, n'est connu que sur les rives du Parana et du Paraguay, à l'embouchure des fleuves Bermejo et Pilcomayo, où se trouvent déjà différentes colonies agricoles en pleine activité. Gette région est en général très fertile, bien que d'un climat un peu chaud. Elle possède une vaste étendue couverte de forêts produisant d'excellents bois de construction. Les Indiens qui vagabondent dans ces régions, plus voleurs que guerriers, sont encore aujourd'hui, après l'expédition militaire du général Victoria
i. Sorte de tunique sans manches.
l)our les refouler entre les fleuves Bermejo et Pilcomayo, un véritable fléau pour les agriculteurs du nord de Santa Fé et du littoral du Chaco. Il serait bon de leur apprendre d'une manière pratique la diflerence qui existe entre ce qui vous appartient et ce qui ne vous appartient pas et d'employer à cet effet les moyens dont dispose l'homme prévenu.
Au centre de la plaine argentine, s'élève un système de montagnes, appelé sierra de Cordoba, h l'ouest de la ville du même nom. Les mêmes forces plutoniques, qui ont fait s'élever les sierras de TAconquija, ont également présidé à la formation de la sierra de Cordoba, qui, avec ses trois chaînes parallèles étendues du Nord au Sud, c'esl-à-dire, par sa direction comme par son caractère pétrographique, n'est qu'une prolongation des branches australes du système de l'Aconquija.
La première de ces chaînes, la plus proche de la ville de Cordoba, s'appelle sierra del Campo ; elle n'a qu'une étendue de 10 à 15 kilomètres et ne dépasse pas à son point culminant 1.000 mètres au-dessus du niveau de la plaine qui l'entoure.
Le rio Prlmero qui la traverse près de San Roque ; le rlo Segundo qui la traverse également un peu plus au Sud, près d'Anisacaete, et le rio Tercero qui la coupe encore un peu plus au Sud, près de Salto, la divise en quatre parties, dont la dernière, la plus au Sud, et en même temps la plus petite, a le nom spécial de sierra de los Condores, en s'appelant également sierra Chica, dans l'avant-dernière de s6s (juatre parties.
Le seconde chaîne, c'est-à-dire celle du milieu, appelée sj^rra rf<? AcAa/a est plus élevée que la première, puisqu'elle atteint en moyenne 2.000 mètres au-dessus du niveau général de la plaine et dans le Giganie, 2.500 mètres. La sierra de Achala se termine au Nord près de la ville de Cruz del Eje et au Sud près de la ville de Achiras, Cette sierra atteint au centre de 25 à 30 kilomètres de largeur.
La troisième chaîne, la Serrezuela, est moins étendue, moins large et moins élevée que la précédente. Elle ne dépasse pas 1.600 mètres. En général ces chaînes de montagnes se composent de roches métamorphiques çà et là coupées de points granitiques et traquitiques. Dans ces montagnes se trouvent des mines d'argent, de plomb argentifère et môme d'or en quantité sufflsante pour l'exploitation. La sierra del Campo renferme de grandes quantités de marbre et de chaux. Dans la sierra de Achala, près de la ville de Achala, dans la trouée de la mine Clavero, existent de très bonnes eaux thermales. Les vallées qui enferment ces montagnes ofl'rent en général une végétation splendide, de riches prairies et d'épaisses forêts de palmiers. Les montagnes elles-mêmes sont toutes très escarpées à l'Ouest, tandis que du côté opposé leurs versants sont suffisamment accessibles pour les gravir à cheval.
Au Sud-Ouest de ce système s'élèvent quelques chaînes accessoires, connues sous les noms de sierra del Portezuelo, Mojto de San José, qui fait suite à la Serrezuela et la sierra Yuspa, qui fait suite au Morro. Plus indépendant de ce groupe, se trouve encore plus à l'Ouest, la sierra de San Luis, riche en veines de quartz aurifère, depuis longtemps connues et exploitées. Cette sierra s'étend du Nord au Sud pendant un degré de latitude; elle atteint dans certaines parties une largeur de 25 à 30 kilomètres ; elle se compose suivant sa base pétrographique de roches,
16 L'AGRICULTUUE ET LÉLEVAGE
spécialement de gneiss avec éruptions granitiques et s'élève dans le Pancata à environ 2.000 tnètres au-dessus du niveau de la mer.
A Test de la sierra et vers le Sud s'élève une ramification présentant plusieurs pics tels que ceux de Tomalasta, Solalasta, Intigua et autres, au milieu desquels naît le fleuve Quinto, On trouve également dans cette région les mines aurifères de la Carolina.
A l'ouest de la sierra de San Luis et faisant suite à la sierra de Famatina, s'élèvent les pics de la sierra GuayaguaSy connue par ses mines d'argent, la sierra de las QuijadaSy la sierra del Giganie et la sierra de las Palomas à côté de laquelle se prolonge une colline, le Alto Pencoso, jusqu'à la lagune Bebedero.
Finalement, quelques appendices peu élevés de la sierra de San Luis existent encore à l'est de la lagune Bebedero, ce sont : le Cerro Lince, le Cerro Ariatape^ le Cerro Tala et le Cerro Verde composés de porphyre et de roche basaltique.
La sierra Cordoba donne naissance à cinq petits fleuves et à quelques cours d'eau, tous fermés par les pluies et qui doivent leur existence aux chutes d'eau qui se forment dans la sierra et non au dégel périodique que produit le commencement de l'été dans les sommets élevés.
Ces fleuves du Nord au Sud ont, au lieu de nom, une numération de 1*, 2"*, 3^, 4** et 5** ; ils courent dans la direction du Sud-Est vers le Parana, sans toutefois l'atteindre, à l'exception du 3^, qui à son entrée sur le territoire de la province de Santa Fé prend le nom de Carcarana et débouche dans le Parana près de l'ancien fort de Gaboto, appelé de VEspiritu Santo.
Le rio Primero naît dans la Punilla, dans la vallée que forme la sierra del Campo et la sierra de Achala. Le rio de San Antonio, qui vient du Nord, et le rio de San Roque qui vient du Sud, forment le rio Primero à son confluent, près de la ville de San Roque où celui-ci traverse la sierra de Campo. Le rio San Antonio traverse Ckacras, San Antorio, Cosquin et Rosario. Le rio San Roque prend sa source en cinq branches dans la sierra de Achala. Le rio Primero se dirige vers l'Est, passe par la ville de Cordoba et se perd flnalement dans une lagune marécageuse appelée Mar Chiquita, située au sud de la lagune des Porongos.
Le rio Segundo est la réunion de plusieurs cours d'eau qui prennent naissance en partie dans la sierra de Achala et en partie dans la sierra del Campo. Après avoir traversé cette dernière, le rio Segundo reçoit du Nord le rio de Anisacate, dont le bras latéral passe par Alta Gi^acia, endroit délicieux pour passer l'été, tandis que du Sud il reçoit le rio Molinos. Le rio Segundo court ensuite, sur une vaste étendue, parallèlement au Primero, jusqu'à ce qu'il se perde dans un marécage situé un peu au sud de Mar Chiquita.
Le plus important des fleuves de ce système est le rio Tercero, Il est formé par la réunion de plusieurs cours d'eau qui prennent leur source entre les sierras de Achala et du Campo, il traverse cette dernière sous le nom de rio Grande, arrive au Sud, Sud-Est à Belle Ville (avant Fraile Muerto) station du chemin de fer central argentin, se prolonge au Sud jusqu'à sa jonction avec le rio Saladillo, qui n'est qu'une prolongation du rio Cuarto et prend de suite le nom de Carcarana. Plus avant, près de Las Tortugas, station du chemin de fer central argentin, il reçoit les
eaux du cours d'eau de Tortugas, limite entre les provinces de Santa Fé et de Cordoba. Ce cours d'eau, qui provient de la dépression marécageuse du terrain où se perdent les eaux des fleuves Primero et Segundo, décrit ensuite un arc qui change sa première direction Est en direction Nord-Est, pour déboucher finalement dans le Parana.
Le rio Cuarto a plusieurs sources à l'extrémité sud de la sierra de Achala, près du petit village à'Achiras, Sa source la plus au Nord s'appelle cours d eau de Barrancas, tandis que celle du Sud prend le nom de cours d'eau de Pledra Blanca. Le rio Quarto, en se dirigeant à l'Est-Sud-Est, passe par la ville du même nom, et se perd plus avant dans une quantité de lagunes marécageuses qui débouchent sous le nom de rio Saladillo vers le Nord-Est, près du village Saladillo, dans le rio Tercero.
Le rio Quinto descend de l'extrémité sud-est de la sierra de San Luis, dans la Canada Honda, où se trouvent les mines aurifères de la Carolina. Il court d'abord au Sud, puis au Sud-Sud-Est et un peu plus loin encore au Sud-Est. Finalement il se perd dans une dépression sablonneuse du terrain, improprement appelée lagune Amarga,
Au même système appartiennent quelques autres petits fleuves ou cours d'eau qui, après un cours de peu d'étendue, disparaissent, soit par l'évaporation, soit par l'absorption du sol. Parmi ceux-ci se trouvent le rio Siquiman, qui passe par le village de Cruz del Eje; le rio San Carlos, qui traverse le village du même nom ; le rio San Pedro, le cours d'eau Chorillos qui traverse la ville de San Luis, le Z anion, etc.
La province de Cordoba est, après celle de Buenos Aires, la plus vaste et la plus peuplée de toutes les provinces. Son sol se prête à la fois à l'élevage, à l'agriculture et à l'exploitation minière. Dans la partie sud de cette province, domine Télevage, principalement de la race bovine, chevaline et des bêtes ovines. Dans sa partie centrale et dans sa partie Nord, s'élèvent de grands troupeaux, principalement de chèvres, la température étant déjà trop élevée pour les brebis. Dans les vallées de la sierra de Cordoba et sur le bord des fleuves et des cours d'eau, on cultive des blés excellents et des fruits de bonne qualité. Les pommes de Cordoba sont très estimées dans toute la République. La sierra est riche en minerai de cuivre, d'argent et d'or et surtout en marbre et en chaux de très bonne qualité et bien supérieure à celle que Ton extrait des carrières du Parana.
La province de San Luis qui, à côté de la précédente, forme la base du système central de montagnes et de fleuves et cours d'eau qui y prennent naissance, trouve ses principales ressources dans l'exploitation des mines d'or et de cuivre qui abondent dans la montagne du même nom, et dans l'élevage auquel se prête sa partie centrale et Sud. L'agriculture ne se trouve que dans les endroits susceptibles d'un arrosage artificiel et seulement pour la consommation de la province.
Dans la partie sud-est de la plaine, sur le territoire de la province de Buenos Aires, s'élève environ au 61* ouest de Greenwich, une petite colline qui s'étend du Nord-Ouest au Sud-Est jusqu'au cap Corrientcs sur l'océan Atlantique. Composé de
roches métamorphiques à base plutonique, cette colline, qui ne dépasse pas 450 mètres au-dessus du niveau de la mer, se trouve fréquemment interrompue par des crêtes transversales, et par des pics et des coteaux isolés.
Du cap Corrientes, en se dirigeant vers le Nord-Ouest, cette colline prend successivement les noms de sierra del VolcaUj sierra del Tandil, près de la ville du même nom, où existe la fameuse piedra movediza, sorte de môle de granit en forme de cloche qui semble osciller sur un pivot de la même pierre; plus loin, près de la ville de Azul, on l'appelle sien^a de Tapah/uen et plus au Nord et à TOuest elle prend le nom de sierra de QuUlalauquen.
A l'ouest de cette chaîne s'étend parallèlement à elle la sierra de la Ventana, du même caractère géologique, que la chaîne du Tandil, mais moins longue, plus large et plus élevée que celle-ci. Son sommet central atteint, suivant Fitzroy, une hauteur lie 1.100 mètres. La prolongation de la sierra de la Ventana vers le sud-est prend le nom de sierra de Pillahuinco, et vers le Nord-Ouest elle s'appelle sierra de Ciutumalal.
Les fleuves de cette région ne sont en général, à l'exception du Salado, que de< cours d'eau qui prennent naissance dans les nombreuses lagunes disséminées sur tout le territoire de la province de Buenos Aires, ou dans les deux montagnes que nous venons de décrire. Ces fleuves, ou pour mieux dire ces cours d'eau, sont tous de peu d'étendue et de peu de courant, ils courent fréquemment entre des ravins de deux à quatre mètres de hauteur, et débouchent soit dans le Parana, soit dans le Piata, ou dans l'Océan, ou bien encore se divisent au milieu de la plaine en une série de marécages.
Au Parana et au lit du Plata, dirigent leurs eaux : le cours d'eau du Pavon, qui appartient encore à la province de Santa Fé; au sud de celui-ci, le cours d'eau du Medio, qui forme la limite entre les provinces de Santa Fé et de Buenos Aires, près de la ville de San Nicolas; le fleuve ArrecifeSy au sud du précédent, et qui débouche dans le Parana au nord de la ville de Baradero ; le fleuve Areco, au sud du précédent, qui débouche dans un bras latéral du Parana de las Palmas; le fleuve Lujan qui débouche dans le Plata, près de las Conchas^ où il reçoit encore deux affluents : le cours d'eau à'Escobar et le fleuve de las Conchas; le cours d'eau Matanzas qui débouche dans le Plata, aux environs sud de la ville de Buenos Aires, sous le nom de Riachuelo passant entre Barracas Nord et Barracas Sud*. Le dernier et le plus grand des tributaires du Plata est le rio Salado. Ce fleuve est celui où se jettent toute la série de lagunes et les eaux des montagnes dans lesquelles se perd le rio Quinto, originaire de la sierra de San Luis. Le rio Salado se dirige du Nord- Ouest au Sud-Est jusqu'à son embouchure dans la baie de Samborombon, et parcourt plus de 400 kilomètres.
Dans la sierra du Tandil prennent naissance diff'érents cours d'eau; les» uns sont tributaires du Salado. les autres se perdent dans les lagunes et les eaux de mon-
1. Au nord de la ville existe le cours d'eau de McddonadOy qui n'est ruisseau que pendant les pluies et quelques jours après.
tagnes après un parcours de peu d'étendue, et un petit nombre seulement atteignent rOcéan. Le plus important des cours d'eau qui naissent dans cette sierra, ou, plus exactement dit, dans la sierra de Talpaque, est le rio Quequen Grande^ qui se jette dans l'Océan.
Dans la sierra de Pillahuinco naissent pour se jeter ensuite dans l'Océan les cours d'eau : Très Arroyos, Quequen Salado et Sauce Grande De la sierra de la Ventana descendent les fleuves Napcsta et Sauce Chico qui débouchent dans la Bahia Blanca. La ville de Bahia Blanca est située dans le delta formé par les deux bras du Naposta, à son confluent.
Il reste enfin à mentionner les fleuves de la Patagonie, encore peu connus. Ils naissent dans la Cordillère, ont un courant assez important, sont en grande partie navigables et se jettent dans l'Océan. Les fleuves les plus connus de cette région sont, du Nord au Sud : le rio Colorado , le rio Negro qui débouche entre les villes Patagones sur la rive gauche, et Biedma sur la rive droite; le Chubut à l'embouchure duquel se trouve une importante colonie agricole anglaise ; le Deseado, le rio Santa Cruz et finalement le rio Gallegos.
Le sol de la province de Buenos Aires, à l'exception des deux sierras ci-dessus mentionnées, est, dans toute son étendue, une plaine fertile avec de l'eau en abondance dans la grande quantité de ses petits fleuves ou cours d'eau, et principalement dans les lagunes qui se trouvent parsemées sur toute sa superficie, et c'est pour cette raison, ainsi qu'à ses pâturages naturels et au climat de la province que le terrain y est le plus approprié que l'on puisse désirer à l'élevage en grandes proportions.
Le sol de cette province est également propre à l'agriculture; mais dans sa plus grande partie plus propre à la culture du maïs, du lin et des plantes potagères qu'à celle du blé. Cependant à l'ouest de la province, aux environs de Chivilcoy, et au delà, à Olavarria, on cultive avec d'excellents résultats, un blé de très bonne qualité. La culture des fruits y est également prospère, principalement celle des pêches. La vigne donne un bon raisin pour la table mais non pour la fabrication du vin. Il semble que ni le sol ni le climat ne soient propres à la viticulture. Les chaleurs de l'été ne sont pas suffisamment intenses et durables pour faire mûrir bien complètement le raisin, et le sol est trop gras et n'a pas la base pierreuse nécessaire à la prospérité de la vigne.
L'absence totale de forêts, dans cette terre fertile où sur une immense étendue ^»n ne voit que le ciel, des pâturages et des brebis, et où la propriété se double sans aucun travail de l'homme, tous les trois ans, est une véritable calamité, parce qu'elle est cause de rapides changements de température préjudiciables aux organes respiratoires et parce qu'elle favorise les alternatives de sécheresse et de pluies torrentielles, qui de temps à autre occasionnent la mort d'une grande quantité de bétail.
La région de la République, comprise entre les rios Parana et Uruguay et occupée au Nord-Ouest, par le gouvernement de Misiones, au Nord par la province de Corrientes et au Sud par celle d'Entre Rios, mérite avec raison le nom de Mésopotamie Argentine.
Cette partie du territoire argentin difl'ère absolument de la configuration du sol des autres contrées de la République, en prenant plutôt le caractère géologique de
20 L'AGKICIXTCRE ET L'ÉLETAGE
de la République voisine de TUruguay et de la province brésilienne de Rio Grande. Légèrement ondulée par différentes ramifications de collines qui se détachent d'une chaîne centrale, cette région ne présente nulle part des plaines unies comme un billard, comme celles qui occupent une si grande étendue de Tautre côté du Parana. La chaîne centrale de collines, qui se dirige du Nord au Sud, n'atteint nulle part l'aspect des montagnes, elle ne dépasse guère 200 mètres au-dessus du niveau de la mer, et se trouve de tous côtés recouverte d'une épaisse couche de terre végétale sur laquelle s'étendent de riches pâturages.
Cette ondulation du terrain se perd dans la partie nord de la province de Corrienles, pour reparaître sur le territoire de Misiones où les collines prennent peu à peu Taspect de montagnes.
Dans la partie basse limitée par les collines, courent de nombreux petits fleuves et cours d*cau, et elle possède de grandes étendues couvertes de forêts. En échange, au Nord, là où les ondulations du terrain s'aplanissent, commence la formation d'un nombre incalculable de lagunes parmi lesquelles se trouve celle appelée Ybera qui couvre une étendue de 5.000 kilomètres carrés.
De cette lagune viennent les eaux du rio Mlriiiay qui se dirige dans la direction du Sud-Est, vers l'Uruguay, dans lequel il se jette. Le rio Corrientes qui se jette dans le Parana, près de la ville de Ksquina, a la même origine. Il parait que ce fleuve est navigable pour des embarcations d'un faible tonnage, puisqu'il s*esl formé une société pour sa navigation.
Le rio Santa Lucia, au nord du précédent, vient également des lagunes centrales de la province de Corrientes; il se jette dans le Parana près de la ville de G 01/ a.
Le rio Aguapey est le lleuve le plus long de la province de Corrientes. II vient des sierras de Misiones et se jette dans l'Uruguay. La limite entre les provinces de Corrientes et d'Entre Rios est formée en partie par le Guayquiraro, qui se jette dans le Parana, et le rio Mocoreta, qui se jette dans l'Uruguay. Ces deux fleuves, de même que ceux qui suivent, descendent de la chaîne centrale de collines.
Se jettent ensuite dans le Parana : les cours d'eau Hondo, Feliciano^ Conchas, iXogoya et le fleuve Gualeguay, qui débouche à Puerto Iluiz à 10 kilomètres de distance de la ville de Gualeguay, trajet que parcourt le chemin de fer Primer Entre Riano. Le rio Gualeguaychu, plus court que le Gualeguay, débouche dans l'Uruguay près de la ville de Gualeguaychu.
Les habitants des provinces de Corrientes et d'Entrés Rios trouvent dans l'élevage, principalement des races bovine et chevaline, leurs principales ressources. Les grandes étendues de bois, et une certaine végétation épineuse, comme les différentes espèces de cadus qui abondent dans cette contrée, font que ces terrains ne sont pas aussi favorables à l'élevage des brebis que la plaine de Buenos Aires. A côté de l'élevage, se développe vigoureusement l'agriculture. Il existe déjà une trentaine de colonies agricoles pour la culture des céréales.
Au Nord, c'est-à-dire, dans la province de Corrientes, on cultive avec succès les orangers, la canne a sucre et le tabac, et dans la région Nord-Est, principalement sur le territoire de Misiones, la ynvba [llex Paraguayensis). L'exploitation des forêts,
DANS LA RÉPUBLIQUE ARGENTLNE 21
dans la coupe des poteaux pour Tentourage des terres, et celle des grands dépôts de détritus de petits coquillages, dérivant de la formation tertiaire, qui se trouvent aux environs des villes de Parana et Diamante et qui fournissent la plus grande partie de la chaux employée dans les constructions de Buenos Aires et du littoral, donnent lieu à un commerce fluvial intérieur considérable.