Voir pages X et LXXVII de l'Annexe
régionaux de propriétaires et fermiers les engrais dont ils ont besoin.
Cette société devrait être exclusivement commerciale, et ne rien produire par elle-même. Elle achèterait le phosphate de chaux aux exploitants, le noiranimal aux raffineurs, le sulfate d'ammoniaque, les nitrates de soude et de potasse, les cendres de varech aux producteurs — et comme elle paierait tout au comptant, elle faciliterait ainsi, particulièrement aux nombreux petits exploitants de phosphate fossile, qui ne disposent, en général, que d'un très-petit capital, une production plus abondante et à meilleur marché.
Chaque syndicat cantonal ou régional aurait un délégué qui serait chargé d'adresser les demandes d'engrais à la Société, et de les recevoir soit aux gares des chemins de fer, soit dans les ports pour en faire directement la livraison aux cultivateurs.
Les paiements se feraient soit au comptant soit à terme. Le délégué syndical serait en même temps comptable de la société et, à ce titre, chargé de faire les encaissements, sous la responsabilité du syndicat, des engrais qu'il aurait livrés.
Pour les ventes faites à terme le prix de l'engrais serait augmenté de l'intérêt à 5 p. 0/0 l'an et l'acheteur donnerait au délégué, sur une feuille détachée d'un registre à souche au timbre de la société, un récépissé de l'engrais reçu, portant un bon à payer,
augmenté des intérêts aux époques convenues.
Cette société ne devrait pas être une spéculation, mais avoir pour but principal de servir les intérêts de l'agriculture en l'exonérant d'abord de l'impôt de plusieurs centaines de millions dont elle est annuellement frappée par l'industrie des fraudeurs; et, en second lieu, de favoriser son développement en lui fournissant au plus bas prix possible tous les éléments de fécondité qui lui sont nécessaires.
La société ne devrait bénéficier que d'un faible écart entre le prix de revient et celui de vente de l'engrais.
La Banque de France, ainsi que les autres établissement financiers privilégiés, en raison du but que se proposerait une telle société devraient consentir à recevoir gratuitement, tant, à Paris que dans leurs succursales, les souscriptions à son capital.
En indiquant, en dernier lieu, ce moyen pour parvenir à détruire la fraude dans les engrais, je n'ai d'autre pensée que d'appeler l'attention sur une idée dont l'application me semble aussi utile que facilement réalisable.
Peut-être était-il hors de propos de traiter un pareil sujet dans cette notice, mais j'ai l'espoir qu'on voudra bien me le pardonner en faveur du but que je me suis proposé et que je poursuis depuis tant d'années.