‹ L'agriculture et le phosphate de chaux: notice sur les travaux et sur lesChapitre 4 sur 49 · DES BRANCHES LES PLUS IMPORTANTES DE L'INDUSTRIE « MINÉRALE · texte numérisé non relu

DES BRANCHES LES PLUS IMPORTANTES DE L'INDUSTRIE « MINÉRALE

« C olbert avait dit que la France périrait faute de « forêts, et tout le monde conçoit que sans la houille « sa prédiction serait en voie de s'accomplir. De son ce tem ps on aurait moins facilement compris comte ment un grand pays pourrait périr faute de phos- « phate ; c'est cependant ce qui finirait par arriver « si on ne parvenait pas à trouver dans la nature ce minérale, une substance qui serait en quelque ce sorte pour l'agriculture ce que la houille est pour

« l'industrie. Toutefois la similitude ne serait pas « complète entre ces deux emprunts faits au sous- « sol. L'industrie, en tirant la chaleur, dont elle a « besoin, de la houille fftrmée des débris de végétaux « qui n'existent plus, rend leur carbone à l'atmos- « phère et complète à leur égard l'œuvre de la des- « traction. L'agriculture, au contraire, en utilisant « les phosphates concrétionnés, en nodules, dans cer- « taines couches géologiques, ferait rentrer dans le « tourbillon organique les restes des races éteintes, « et rendrait à la vie sous une forme nouvelle, la « poussière des iguanodons, des mosasaures, des « poissons anté -diluviens, merveille digne d'être « comptée parmi celles d'une époque où l'on se « parle à travers l'océan, où l'homme, le bœuf, le « roc lui-même, sont transportés avec la vitesse des « oiseaux. »

Ainsi se trouvait confirmé, de la manière la plus éclatante, tout ce que j 'avais dit et écrit sur les services que la découverte des phosphates de chaux est appelée à rendre à l'agriculture.

D'un autre côté l'éminent doyen de l'Académie de Rennes, M. Malagutti, professeur de chimie agricole, après s'être rendu compte des premiers résultats obtenus, écrivait :

« Aujourd'hui que la question d'assimilation du

oc phosphate fossile, à l'état de poudre naturelle, a « été résolue et que son application aux défricheuse ments et aux terres depuis longtemps en culture, ce ne permet plus de douter de ses bons effets, la « presse agricole commettrait un crime de lèse- « humanité si elle continuait à se taire.

« L'indifférence a l'égard d'une découverte « aussi précieuse, constitue, a mes yeux, une <c anomalie dont la postérité ne manquera pas « de s'étonner. »

M, Bobierre, professeur de chimie agricole et vérificateur des engrais à Nantes, disait également dans son rapport au Conseil général de la Loire- Inférieure :

« D'après mes propres expériences et celles que « j'ai été appelé à suivre, je ne crains pas d'affirmer « que l'exploitation des gisements de phosphate de « chaux, découverte par M. de Molon, ne motive « avant peu un progrès agricole beaucoup plus im- « portant que celui causé par la découverte des gise- « ments de guano dans le Pérou. — Cette question du ce phosphate fossile a eu contre elle le rire niais de « la vieille routine et, cependant, elle fait trou dans « l'opinion et conquiert une large place au domaine « du succès. Elle avait le tort d'être neuve, mais « c'est un tort dont chaque jour tend à la guérir. « Nous le répétons, elle constitue certainement

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