LES SYSTEMES DE CULTURE PRIMITIFS
moyens d'action sur la composition du sol deviennent plus puissants ou moins coûteux. L'amélioration de la terre couverte de bois ou d'herÊages résulte uniquement des apports atmosphériques et de Taccumulation des débris végétaux qui augmentent la masse de la terre arable ou en accroissent partiellement la richesse.
Bien mieux, la forêt a permis de donner une véritable valeur à des territoires étendus qui n'auraient porté aucune récolte si le régime de la période forestière n'avait pas permis de les utiliser.
Dans son admirable Traité de Géologie agricole^ M. Risler a décrit cette transformation lucrative produite par un retour intelligemment assuré au vieux système forestier. Il s'exprime ainsi, en parlant de la Champagne calcaire :
« Pendant que la culture intensive gagne de plus en plus de terrain autour des vallées qui en ont été le point de départ, les points les plus -élevés et les plus *arideg des plateaux de craie se couvrent de forêts. Autrefois, toutes ces hauteurs étaient blanchjes, nues comme des déserts : le bois était si rare dans certaines localités que les habitants étaient obligés de brûler une partie de leurs pailles pour se chauffer et cuire leurs aliments. Aujourd'hui, toutes les pailles peuvent être conservées pour faire de la litière et du fumier, et lorsqu'on parcourt la Champagne, on aper^ çoit, de tous côtés, la verdure des forêts qui fournissent non seulemenf en abondance des bois de chauffage, mais encore des échalas pour les vignes, des perches pour les houillères, et même des matériaux pour les constructions.
« En même temps le climat de toute la contrée s'est amélioré sensiblement.
« Déjà, au siècle dernier, on avait fait, sur les
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savarts ^ du département de la Marne, quelques essais de plantations de pins sylvestres entremêlés de voréef ou saules marsault. Mais c'est depuis 1815, et surtout depuis 1830 et 1840, que les plantations prirent de plus en plus d'extension. On plante non seulement les « savarls I» mais toutes les propriétés non louées^ même celles qui, il y a quelques années, valaient 1*000 à 1 .500 francs par hectare. On estime que la surface déjà boisée dans le département de la Marne varie, selon les localités, du cinquième au quart des territoires; dans certaines communes elle atteint le tiers, mais c'est Texceptioû
« Les plantations faites avec soin et méthode coûtent : labour préparatoire, 25 à 30 francs par hectare; achat de plants et frais de plantations, 120 francs ; au bout de vingt à trente ans, les pins valent 1.000 à 1.100 francs par hectare. Le revenu des essences feuillues couvre à peu près les contributions et les frais de garde. En même temps^ le sol s'est amélioré) et Ton estime que sa valeur productive a doubjé » *.
Dans la Sologne^ c'est-à-dire dans une région autrefois insalubre et pauvre^ le système forestier a fait également merveille. îl a permis de réaliser un progrès presque inespéré. On cite avec raison l'exemple qu'a donné M. de Béhague dans son domaine de Dampierre. Lorsqu'il visita cette terre comme délégué de la Société Nationale d'Agriculture, M. J. Clavé constata les résultais excellents de la traasfor;iiatioD des terres en forêts de résineux. Voici comment il apprécie Toeuvre accomplie :
« Lors de l'acquisition du domaine de Dampierre,
1. On donne le nom de «savarts» aux landes incultes. C*est l'équivalent des vieux ïnols « varennes », « hermes » qui expriment la môme idée.