CHAPITRE I Les systèmes de culture primitifs
La terre fournit aux plantes Teau et les matières minérales dont elles ont besoin pour vivre. Or, les substances que renferme le sol sont l'objet de transformations incessantes sous l'influence de l'air, de l'eau et des microbes qui pullulent dans ce milieu spécial. La terre, avec les agents de transformation qu'elle renferme, représente donc bien un véritable atelier, un laboratoire dans lequel s'élaborent les matières premières qui constituent des aliments pour tous les végétaux.
Pendant longtemps l'homme s'est borné à utiliser les forces productives du sol sans intervenir pour les accroître, sans reconstituer notamment le stock de matières alimentaires qu'il renfermait, ou sans ajouter à cette réserve primitive des matériaux nouveaux utiles à la plante et manquant à la terre.
Autrefois, tous les peuples ont connu ces systèmes de culture primitifs et barbares qui avaient pour caractère l'utilisation des productions spontanées.
Aujourd'hui encore, Tindigène et le colon ne procè-j dent pas autrement dans des régions nouvellement! explorées. La forêt et les pâturages donnent des pro-i duits ; le bois est directement utilisé ; l'herbe des prairies nourrit des troupeaux. Mais l'homme ne cul'\ tive pas ; il ne restitue pas au sol les éléments enlevés par les récoltes ; il ne songe même pas à varier^ les cultures, à en assurer la succession dans un ordre convenable pour ménager les forces du sol,, en lui permettant de reconstituer lui-même les matières alimentaires transformées lentement.
Dans nos vieux pays anciennement défrichés et. cultivés, on compte encore des millions d'hectares; soumis à un pareil régime.
En France, les bois et forêts couvrent 9 millions, d'hectares, et les herbages pâturés près de 2 millions, d'après la statistique agricole de 1882. Ainsi, dans notre pays lui-même, une surface considérable repré-; sentant 22 °/o de la superficie cultivable est encore soumise à ce régime tout primitif* tel quMl est appli-i que — ou peu s'en faut — au Canada, en Argeiitine« ou en Australie.
Souvent, ou même le plus souvent, l'homme pour^ rait intervenir efficacement, compléter le sol. Tassai nir cm le défricher pour le soumettre à une véritable^ culture, mais dans l'état actuel de nos connaissances; agronomiques, et en présence d'une situation économique spéciale, l'action de l'homme devient im possible parce qu'elle ne correspondrait pas 4 un profit.
L'adoption ou le maintien du système de culture le plus primitif est une nécessité au point de vue financier. Il convient d'attendre; il faut que nos
h On améliore les herbages, m^is on nejes cultive pas dans Là sens !?xact du nK)t.