LE RÔLE DE LA MACHINE EN AGRICULTURE
Est-ce à dire que nous soyons assez mal inspiré pour nier Timportance des services rendus par Toutîllage dont dispose aujourd'hui l'agriculteur?
Assurément non.
Nous aurons même soin de montrer bientôt quelle est rétendue de ces services. Grâce aux progrès de la mécanique agricole*, le travail des champs est devenu à la fois moins rude et plus parfait.
L'outillage agricole contemporain a seul permis la mise en culture de ces immenses fermes du nouveau Monde, où la production serait trop onéreuse si la faucheuse, la riioissonneuse, la batteuse, etc., ne venaient pas suppléer une main-d'œuvre trop rare et trop chère.
L'emploi des machines est, en effet, un correctif fort utile de l'élévation des salaires ruraux dans tous les pays. C'est là une vérité incontestable. Mais il ne faut pas, même à ce sujet, exagérer l'importance du rôle qu'est appelé à jouer l'instrument mécanique en agriculture. Dans une foule de cas, le bras de l'homme est indispensable. Pour réduire les dépenses de main-d'œuvre, les transformations des systèmes de culture, le boisement des sols pauvres, ou la conversion des terres arables en prairie sont singulièrement plus efficaces que l'usage dés instruments les plus perfectionnés.
En ce qui concerne cette question des machines agricoles, il est donc bon de se garder à la fois d'une défiance exagérée et d'un enthousiasme aveugle. Nous devons beaucoup aux progrès de l'outillage rural, nous leur devrons plus encore sans nul doute ; mais, si nous avons réussi à bien faire comprendre quel est le véritable rôle de la machine dans la pro-
1. Nous développons ailleurs notre pensée en la précisant dans un chapitre spécial de ce volume.
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duction agricole, on admettra sans peine qu'il faille surtout • demander l'accroissement de nos récoltes, l'amélioration de nos troupeaux et l'abaissement des prix de revient, aux observations patientes du botaniste et de l'agronome, aux recherches des chimistes et aux études des zootechniciens. ^
En définitive, l'agriculteur, moins heureux que l'industriel, est obligé de se servir de trois agents de production, de trois machines vivantes qu'il n'a pas faites : La terre, — la plante, — l'animal. Etudier les méthodes à Taide desquelles nous avons amélioré ces trois agents de production, c'est faire l'histoire des progrès de l'agriculture ^
1 . Les idées exposées ici ont été publiées par nous en 1895 : conférence à la Société d'encouragement à Tlndustrie nationale. VAgricxUture française, ses transformations et ses progrès.