Rislek, loc. cit., t. 1, p. 2G
i 'agriculture moderne
Enfin, il faut avoir plus de bâtiments pour loger Je bétail et les provisions de foin qui doivent le nourrir en hiver. Quelque riche qu'il soil. un fermier ne fera pas ces I ransformations s'il n'a pas un bail de plus de neuf ans ou, comme en Angleterre, là certitude d'être dédommagé, à lin de bail, pour les améliorations réalisées. C'est donc avant tout une question de fermage. Or, la plupart des baux sont passes par des notaires qui n'entendent rien à l'agriculture et qui se contentent de copier des formulaires inventés au commencement du siècle. Pour les fermiers pauvres, c'est une question de crédit agricole. Leur propriétaire devrait être leur banquier et les aider dans ces améliorations, parce qu'il y gagnerait sans doute autant, si ce n'est plus, qu'eux. Mais beaucoup de propriétaires n'ont, hélas ' pas plus d'instruction agricole que leur notaire ou leurs hommes d'affaires. D'ailleurs, ils sont peut-être aussi pauvres que leurs fermiers. Dans ce cas, c'est pour eux une question de crédit foncier.
Ainsi, nous le voyons, le problème technique est encore lié d'une façon étroite à une série de questions économiques. L'insuffisance des épargnes disponibles, l'indifférence ou l'ignorance des propriétaires retardent des transformations utiles que la force des choses doit pourtant provoquer et qui sont progressivement réalisées. A mesure que le développement de la richesse agricole s'est produit, dès que les moyens de transport ont assuré aux denrées agricoles un débouché nouveau, nous avons vu que les caractères des progrès de la culture moderne étaient plus nettement marqués. Laspécialisation de la production est alors devenue plus complète, l'aptitude naturelle des terres mieux respectée, et enfin l'abondance fut le résultat de cette meilleure utilisation du sol.