CHAPITRE II
La transformation des systèmes de culture et l'action prépondérante de l'homme.
Jusqu'ici nous n'avons pas vu l'homme intervenir d'une façon permanente pour cultiver le sol, pour varier les productions que ce dernier doit porter, et surtout pour prévenir efficacement son épuisement. Sans nul doute, le forestier sème, plante, choisit quand il y a lieu les essences à propager, veille à la reconstitution de la forêt; de même, l'agriculteur améliore, aujourd'hui, la prairie permanente où l'herbage, assure l'écoulement des eaux, etc., etc., mais ce système pacager, pas plus que le système forestier, ne comporte l'intervention de l'homme en ce qui touche la composition du sol, et, d'une façon générale, sa force productive.
Cette intervention caractérise au contraire un deuxième système qui a évidemment succédé au premier dans l'ordre historique, et dont les transformations successives ont exerce une influence marquée sur les progrès de la production.
Ce second système consiste à cultiver réellement le sol, à lui faire subir des façons préparatoires, à lui restituer partiellement ce qu'il a perdu en lui incorporant des matières fertilisantes, et à faire succéder
les récoltes les unes aux autres, sur le même champ, de façon à maintenir la fertilité.
L'action de l'homme sur le fonctionnement de la machine appelée Terre devient alors décisive. Elle suppose des connaissances, fruit des observations empiriques, ou des expériences les plus savantes ; elle suppose également un développement considérable de Y épargne agricole et des avances que le cultivateur doit posséder, sous forme d'engrais, de semences, d'instruments, de salaires donnés à ses auxiliaires, de bétail considéré comme moteur animé ou comme agent de transformation des fourrages récoltés, etc., etc..
Les transformations d'ordre technique sont toujours inséparables des transformations économiques.
Le fait ou le procédé qui caractérise plus spécialement l'adoption du second système de culture, c'est la succession régulière des récoltes sur une même terre, et c'est, en même temps, la période de repos plus ou moins longue durant laquelle le sol ne donne pas de produits.
Ce cycle cultural régulier a été désigné sous le nom d'assolement. C'est la division d'un domaine en un certain nombre de soles ou pièces de terre sur lesquelles, à des intervalles le plus souvent réguliers et traditionnels, les mêmes plantes sont cultivées. Cette méthode consacrée par une expérience séculaire 1 ou