Gasparin. Cours d'agriculture, t. III, p
2. Encyclopédie pratique de l'Agriculteur, t. IX, p. 261. Paris, 1864, chez F. Didot.
progrès à réaliser n'ont d'ailleurs rien de surprenant : à l'exception de la Durance, dont les 2/3 environ des eaux sont utilisés, tous nos grands cours d'eau ne fournissent, en effet, absolument rien aux arrosages. Le Rhône ne donne pas un litre d'eau aux plaines desséchées du Languedoc et de la Provence. La Seine, la Gironde, la Loire, et, presque sans exception, tous nos autres grands cours d'eau, ne sont pas mieux utilisés. Les perles ainsi subies sont véritablementincalculables. Les eaux d'irrigation abandonnent aux [irai ries les matières fertilisantes qu'elles renferment. Le foin ainsi formé se transforme dans la ferme en viande et en fumier pour les céréales. On reste au-dessous de la vérité en disant que 20.000 mètres cubes d'eau complètement employés en irrigations produiraient en substances alimentaires l'équivalent d'un bœuf de boucherie.
« ... 11 n'y a pas de culture régulière sans engrais. Ces engrais, à moins de circonstances exceptionnelles, doivent être produits sur la ferme par le bétail qui consomme les fourrages. Or, les prairies, et surtout les prairies arrosées jouissent de la propriété précieuse de fournir l'excédent d'engrais nécessaires aux terres arables.
« On ne saurait assez s'occuper en France de développer cette source de richesse ».
Qu'avons-nous fait précisément pour utiliser mieux cette source de richesses? A la vérité, nous sommes fort mal renseignés à cet égard. L'enquête agricole de 1892. vieille déjà de vingt ans. nous apprend seulement que nous possédions, à cette époque, 1 million 70.000 hectares de prairies irriguées à l'aide de travaux divers, contre 955.000 en 1882. L'augmentation est