‹ L'Agriculture moderneChapitre 33 sur 84 · LA QUESTION DE LEAU < H · texte numérisé non relu

LA QUESTION DE LEAU < H

bien faible. Dans un chapitre spécial dé ta même I enquête, sous le litre d 5 ' Améliorations foncières effeci f»e ; es rfe /882 à 1892, nous trouvons deux chiffres se ! rapportant à l'irrigation :

Irrigation des terres labourables . 34 000 hectares. — des prairies naturelles. 82.000 —

Ces indications sont certainement incomplètes. I m | devine sans peine que les personnes chargées (Je ! recueillir des documents de cette nature n'ont pas pu I dénombrer et mesurer les surfaces améliorées par l'irri- I gation dans la France entière.

Xous possédons du moins un document qui nous I donne une idée de l'importance des œuvres d'irrigation. Il s'agit du nombre des associations appelées 1 « syndicats » parce qu'elles étaient administrées par I des « syndics », ou « associations syndicales », nom ! qu'elles ont pris quand elles ont été placées sous le I régime d'une loi bien connue, celle du 21 juin 1865.

Eh bien ! en 1902, on comptait comme œuvres d'irri- I gation assurées par des groupements d'intéressés :

1° 692 syndicats ou associations constituées avant la, I loi de 1865 et placées sous le régime d'anciennes ordon- I nances ou lois ;

2° 782 « associations syndicales » — type desgrou- { pements — régies par la loi de 1865.

Au total, les groupements visant des travaux d'irri- I gation étaient au nombre de 1.474.

Il convient d'y joindre :

1° 37 sociétés diverses;

2° 2.403 associations ne rentrant, dit le document I officiel 1 , dans aucune des catégories précédentes.

1. Voir Bulletin de la direction de l'Hydraulique agricole, fas- I cicule Z et supplément, 1901 et 1902. Paris, Imprimerie Na- J tionale.

La répartition de ces groupements à la surface de la France démontre surabondamment que de nombreuses régions n'en comptent pas et qu'ils sonl presque exclusivement constitués dans un petit nombre de déparlements du Sud-Est, du Sud-Ouest ou de l'Est.

Au total, ces dix-neuf départements possèdent 3.641 groupements de toute nature ayant pour objet de faciliter l'irrigation; or, dans la France entière, ce nombre ne dépasse pas 3.914 ! Les améliorations collectives de cette nature sont donc fort rares dans les soixante-huit départements qui ne figurent pas dans le premier groupe.

Sans doute, il ne faut pas oublier que chaque propriétaire peut utiliser très avantageusement les eaux de pluie ou de sources dont il dispose, voire même les eaux courantes qui bordent ou traversent ses héritages.

Cependant l'utilisation de l'eau comporte le plus souvent des t ravaux d'adduction ou de captât ion que les associations seules, avec l'aide de l'Etat ou des départements, peuvent mener à bien, en raison des avances à faire.

La France, qui est certes un des pays les mieux cultivés de l'Europe, n'a pas encore résolu le problème de l'irrigation. Les travaux entrepris dans ce but n'ont même pas toute l'efficacité qu'ils paraissaient comporter parce que le problème économique de l'utilisation de l'eau n'a pas reçu la solution que les propriétaires du sol devaient et pouvaient seuls lui apporter.

Cet usage des eaux suppose l'accomplissement de travaux spéciaux tels que le nivellement des parcelles culturales, la création de rigoles d'amenée, et l'emploi de fumures destinées à compléter l'action de l'eau. Ce sont là des avances nouvelles que le culti-

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