LA QUESTION DE LEAU
vateur n'a pas faites, et nous nous trouvons alors en présence d'une autre question <jui offre un intérêt exceptionnel, c'est-à-dire l'intervention du propriétaire dans ses rapports avec l'agriculteur simple tenancier. Trop peu de propriétaires attachent à l'amélioration du sol l'importance qu'elle présente réellement, et. faute de connaissances spéciales, faute d'entente avec le cultivateur, ils refusent de faire les avances qui augmenteraient la productivité du sol.
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Là, au contraire, où l'irrigation est bien comprise et utilisée, les résultats sont exceptionnellement favorables. C'est ce que nous avons constaté dans les environs de Garpentras (Vaucluse) où l'eau amenée par le canal a créé — on peut le dire — la richesse agricole, grâce à la culture des fraises.
« Depuis une dizaine d'années, dit un spécialiste, M. Farcy, la culture du fraisier s'est beaucoup propagée en Vaucluse, principalement aux environs de Carpentras, Pernes et Monteux, à la suite des efforts faits par le Comice agricole de Carpentras, en vue de trouver à la fraise de nouveaux débouchés à Paris et en Angleterre.
« En fin août dernier, le Comice de Carpentras, de concert avec le Canal de Carpentras, a organisé, entre les agriculteurs de la région, un concours d'irrigation, qui a permis aux membres du jury, au nombre desquels nous avions l'honneur d'être, d'apprécier les progrès nouveaux accomplis dans la production des primeurs, et particulièrement dans celle de la fraise.
« Le fraisier, en Vaucluse, est généralement cultivé en plein air et les terrains qui lui conviennent Je mieux sont ceux de diluvium alpin, ferrugineux, encombrés
de cailloux roulés, qui abondent aux environs de Garpentras. Ces sois, autrefois occupés par des taillis <le chênes verts, étaient kermès, comme on dit dans le pays, c'est-à-dire incultes : leur valeur n'était guère que de 250 francs l'hectare.
Aujourd'hui, après un aménagement pour l'irrigation et une appropriation à la culture du fraisier, dont le coût total est d'environ 3.000 francs l'hectare, des terrains se vendentO.000 à 7.00<) lianes l'hectare. C'est un bel exemple de l'influence <|ue peut avoir l'irrigation dans l'accroissement de la valeur foncière.
« Par leur perméabilité, ces sols conviennent bien au fraisier, car ils s'échauffent facilement au prin temps, ce qui donne delà précocité, et, d'autre part, ils s'égouttent rapidement après la pluie ou les arrosages, ce qui permet aux fraises d'échapper à la pourriture. »
La production d'un hectare de fraises varie de 4.000 à 10.000 kilogrammes. En bonne culture, on obtient couramment 8.000 kilogrammes. Le prix de vente des fraises baisse rapidement à mesure que la saison avance, et varie entre .*>()(> et *J<> francs les 10O kilogrammes ; on peut adopter comme prix moyen 40 francs, de sorte «|u<> le produit brut de l'hectare est compris entre 1.600 et 4.000 francs.
Les Irais sont considérables; intérèl du capital foncier d'une valeur de G. 000 à 7.000 francs par hectare, impôt, arrosage, abris, fumure, culture, triage et emballage. Le total de ces frais peut être évalué entre L.000 et 2.500 francs par hectare, de sorte que le bénéfice varie entre 600 et 2.000 francs par hectare; il est de 1.000 francs en movenne.
( >n voit ce que négligenl ou perdent les propriétaires indifférents ou mal pourvus de capitaux.