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CHAPITRE IX

Le drainage. — Les dessèchements.

Les dessalements.

Au lieu d'amener l'eau sur les champs ou de la conserver dans le sol, le cultivateur est parfois obligé de la faire circuler et d'assainir les terres où elle se trouve en excès.

Si l'eau constitue un aliment et le véhicule nécessaire de tous les aliments minéraux de la plante, il est certain, en effet, que les eaux stagnantes nuisent à la végétation. L'assainissement des terres est donc une œuvre de la plus haute importance.

Le drainage est un des modes de la lutte contre les eaux stagnantes du sous-sol. Cette opération comporte l'installation d'un véritable réseau souterrain de tuyaux de poterie ou « drains » qui recueillent les eaux en excès et les forcent de s'écouler dans des canaux collecteurs destinés à les évacuer au dehors. Cette amélioration foncière représente une dépense et par suite une avance considérable, variant de 150 à 300 francs par hectare.

Il est évident que le propriétaire, défenseur intéressé du maintien ou de l'accroissement de la fertilité de son héritage rural, est spécialement qualifié pour réaliser cette amélioration permanente.

Le cultivateur, le locataire en particulier, ne peut s'en charger qu'à titre exceptionnel, quand il est riche, et lorsque d'autre part, la durée de son bail est assez longue pour lui permettre de compenser les avances nécessaires en profitant fort longtemps d'u no augmentation de récoltes.

En fait, le propriétaire peut seul, neuf fois sur dix. supporter les frais d'une pareille amélioration.

Les travaux de drainage ont été justement recommandés depuis un demi-siècle dans notre pays et trop rarement exécutés. L'enquête de 1802 nous apprend que de 1882 à cette daté, les opérations de drainage n'ont été effectuées que sur 96.000 hectares. Ce chiffre est bien modeste et il reste visiblement beaucoup;» faire, alors même que depuis 1892 l'étendue drainée aurait doublé ou triplé. Nous pensons, toutefois, qu'il serait injuste d'accuser uniquement l'inertie des propriétaires. Ceux-ci ne peuvent être tenus de faire des avances que si l'augmentation de leurs fermages vient compenser le sacrifice consenti et en représente l'intérêt. Toute amélioration de ce genre suppose donc une entente entre le possesseur du fonds et le tenancier. Trop souvent ce dernier hésite lui-même à s'engager et à reconnaître, par un supplément du prix de location, la valeur de l'amélioration réalisée. Ses ressources ne sont pas assez larges pour lui permettre d'accepter cette responsabilité et d'acquitter régulièrement un fermage spécial correspondant à l'intérêt des frais de drainage.

Le progrès des connaissances et de la richesse dans nos campagnes modifiera seul cet état de choses. Il est malheureusement aggravé par le dédain que l'on affiche trop souvent chez nous à l'égard de ['agriculture^ Le jour où un plus grand nombre de propriétaires instruits voudront bien s'intéresser à

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