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LE DRAINAGE

leurs domaines, ou même les cultiver, ils comprendront que les améliorations foncières constituent un placement et non pas une perle.

L'Etal a tenté, en France, de multiplier les opéralions de drainage en mettant une somme considérable à la disposition de ceux qui voudraient améliorer ainsi leurs domaines. La loi du 17 juillet l<sr>0 affecte 100 millions aux prêts destinés à faciliter les drainages, et les avances sont remboursables en 25 ans, amortissement et intérêt compris, ce dernier ne dépassant pas 4 °/ 0 . Les mêmes avances peuvent être faites, conformément à la loi du 8 mai 1869, pour l'amélioration des fossés d'écoulement et l'achat du passage des eaux provenant de ces fossés sur les terres des propriétaires voisins. En 1858, le Crédit Foncier de France a été chargé de remplacer l'Etat à cet égard et d'avancer les fonds nécessaires en se couvrant au moyen d'une hypothèque. Les sommes employées de cette façon et empruntées dans le but de drainer ont été insignifiantes. On voit, une fois de plus, combien il est difficile de suppléer à l'initiative individuelle ou de créer un courant d'opinion. L'utilité de la transformation du sol n'en reste pas moins démontrée; ce progrès sera l'œuvre du temps, en France comme ailleurs.

Le dessèchement des marais ou des terres habituellement submergées est une opération analogue à celle du drainage. Elle a- été accomplie dans notre pays à plusieurs reprises et le plus souvent avec succès. On cite comme exemples classiques le dessèchement du marais de Bourgoin (Isère) sur lequel on a créé de belles prairies naturelles ; des marais du bas

Poitou, des marais d' Hy ères (Var) et d'Amiens, qu'ont remplacés des terrains maraîchers très productifs.

11 faut assimiler à ces trayant la conquête sur les eaux de La mer <lrs « polders » <jue le flot salé envahit et rond stériles malgré la qualité du terrain souvent très riche. La construction de digues et le dessalement du sol ont permis de rendre à La culture des surfaces considérables. Telles sont les œuvres entreprises dans la haie du mont Saint-Michel, ou à Bonin Vendée). Les admirables travaux des Hollandais sont d'ailleurs bien connus et ont eu le même objet.

Le dessaleme?it des terres se rattache à la question de la circulation de l'eau puisque Ton triomphe précisément do cet obstacle à la mise en valeur dn sol en utilisant V irrigation combinée avec le drainage.

La transformation d'une partie de la Camargue et des terres analogues du littoral méditerranéen est une œuvre des plus intéressantes. Les dépressions du rivage on1 été visiblement comblées par l'apport sans cesse renouvelé des limons du Rhône et des antres fleuves. Le Ilot salé a reculé, mais il a laissé dans les terres une telle quantité de sel que la végétation, et à pins forte ra ison La culture, sont devenues impossibles.

Pour faire disparaître le sel, on constitue des cuvettes à fond plat entourées de digues. L'eau douce amenée sur chaque pièce dissout le sel et est évacuée ultérieurement par des fossés d^écoulemént. Des drains disposés à une profondeur convenable, facilitent également cet écoulement et permettent de recueillir les eaux salées qui remonteraient du soussol et arriveraient jusqu'à La surface, sous l'influence de la capillarité.

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