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L'ACTION DE L'HOMME SLR LA PLANTE

sucre en France ont été modifiées le jour où l'on a compris qu'il était possible d'augmenter la richesse en sucre des racines produites avec les semences de variétés améliorées. Toute notre législation fiscale sur les sucres a reposé précisément, de 1884 à 1903, sur la possibilité reconnue et désirée d'accroître le rendement en sucre d'une tonne de betterave.

Cette question vaut d'être exposée avec quelques détails pour montrer la portée des faits d'ordre technique dont nous nous occupons dans ce chapitre.

La loi du 24 juillet 1884 a transformé dans notre pays la législation sucrière. Indiquons rapidement les principes nouveaux qu'elle consacre.

C'est le principe de la taxation des matières premières, c'est-à-dire de la betterave, qui constitue l'innovation importante de la loi de 1884. — Le dégrèvement opéré en 1880 sur les sucres ayant donné de mauvais résultats au point de vue budgétaire, on («leva au contraire la taxe de consommation portée de 40 francs à 50 francs par quintal de sucre raffiné ; mais ce droit fut perçu sur la betterave d'après un rendement légal qui devait être de 5 à 6 kilogrammes par quintal de racines pendant les trois campagnes 1884-85, 1885-86, 1886-87 et selon les procédés d'extraction employés dans les fabriques.

Ce rendement légal de 5 à 6 °/ 0 de sucre était inférieur au rendement réel. Il était donc à prévoir que la sucrerie indigène réussissant à extraire 7 ou 8 °/ 0 de sucre recevrait, comme boni, 2 °/ 0 de sucre indemne. Ces deux kilos de sucre vendus dans les mêmes conditions de prix que les sucres ayant effectivement acquitté la taxe de 50 francs par 100 kilogrammes, devaient constituer une prime de fabrication, ou au besoin une prime d'exportation .

Dans la pensée du législateur, cette prime devait

également servir à compenser les dépenses occasionnées par le perfectionnement de l'outillage industriel, et contribuer à élever le prix d'achat des betteraves riches que le cultivateur s'efforcerait désormais de substituer aux betteraves relativement pauvres qu'il fournissait autrefois.

On pensait concilier de cette façon, et les intérêts de la sucrerie, et ceux des cultivateurs de betteraves. Le relèvement du droit de consommation servait en outre à atténuer les sacrifices du Trésor et à grossir ses recettes.

Il est juste de reconnaître, et nous n'hésitons pas un instant à dire que la double transformation imposée à Ja culture dans les régions betteravières, et à la sucrerie indigène, fut accomplie avec une extrême rapidité.

Les agriculteurs ne tardèrent pas à substituer des graines de betteraves riches aux semences qu'ils avaient employées jusque-là. — Us modifièrent également l'écartement de leurs semis, les façons culturales et les fumures pour obtenir les racines que La sucrerie exigeait d'eux et qu'elle pouvait seules traiter désormais.

En même temps les fabriques transformaient leur outillage. En 1885, on ne comptait que 204 usines possédant des appareils à diffusion. Cinq ans après il en existait 35Î h

Le rendement moyen en sucre par tonne de betterave augmentait aussi :

Rendement en sucre par tonne de betteraves.

Kilogrammes.

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