‹ L'Agriculture moderneChapitre 44 sur 84 · L'ACTION DE L'HOMME SUR LA PLANTE · texte numérisé non relu

L'ACTION DE L'HOMME SUR LA PLANTE

En sept ans. le rendement des betteraves passait de 5,5 °/ 0 à 10 "/,,. augmentant de 81 °/ c .

La transformation qu'avait prévue la loi de 1884 a donc été réalisée avec autant de rapidité que d'intelligence. Nos exportations s'accroissaient en même temps que nos importations diminuaient.

Il semblait donc que la question des sucres fût définitivement résolue.

La période de prospérité, de développement et de satisfaction «levait être malheureusement fort courte. Déjà en 1895, onze ans seulement après la mise on vigueur de la loi nouvelle, des signes de malaise s'observaient. An im>is de janvier 1897 la crise devenait si -rave que le Parlëlnent discutait les mesures propres à l'atténuer, et notamment l'attribution de primes d'exportation, seul remède assez énergique, parait-il. pour sauver l'industrie sucriôre dans notre pays.

Ii n'en est pas moins vrai <jue les progrès accomplis d'ans la culture sont dus presque exclusivement à l'emploi de betteraves riches en sucre, et que de 1883 à 1890, par exemple, cette richesse a doublé. C'est ce que prouve clairement le tableau dressé plus haut à propos du rendement en sucre par tonne de betteraves traitées.

Les Allemands nous avaient précédés dans cette voie. Avant 1884. pendant que nous tirions de 5 à 6 % de sucre des betteraves de variétés ordinaires, l'Allemagne obtenait 8 °/ 0 et améliorait progressivement ses rendements de la façon suivante :

En 1871-1872. ... 8,2 % de sucre brut.

Sans doute, dans l'un et l'autre pays, les méthodes

L'iLG R I C U LT O R l S MODERN E

d'extraction se sont perfectionnées et les progrès des rendements en sucre par tonne de betteraves résulte également de cette transformation.

L'accroissement de la richesse saccharine de la racine est < ( pendant certaine.

A. l'heure actuelle, l'amélioration de la betterave a été généralisée dans l'Europe entière et l'on peut deviner sans peine la portée économique de cette transformation.

L'augmentation ou le maintien de la richesse des betteraves est d'ailleurs une œuvre qui se poursuit et doit cire poursuivie sous peine d'échec avec patience.

Le cultivateur lutte ici contre les lois de la vie.

Dans un travail excellent sur la Variation et la Sélection chez les plantes agricoles j , M. Pierre Berthault écrivait dernièrement:

« Pour la betterave, la sélection portant sur la richesse saccharine de la racine et sur son poids a été poursuivie et n'a pas donné de formes fixées. Qu'on transporte dans de mauvaises conditions de sol nos betteraves les plus riches, qu'on les y multiplie plusieurs années sans choisir, à chaque plantation de porte-graines, les individus les plus modifiés dans le sens de l'amélioration, et le retour aux types pauvres et de mauvaise forme se fera rapidement.

« Toutes ces améliorations de caractères fluctuants sont sous la dépendance des procédés culturaux : l'écartement des semis, les binages, la richesse et la fertilisation du sol, permettent l'exagération ou la diminution des caractères fluctuants. Plus cette amélioration aura été longue et suivie, plus le caractère fluctuant persistera, mais jamais il ne se maintiendra; toujours, au bout de quelques années, si avec la

Page 1