L'ACTION DE L'HOMME SLR LA PLANTE
qui le détruisent. Ce <|u<> l'on nomme les maladies des plantes est encore l'objet des préoccupations incessantes de l'agriculteur.
Le phylloxéra n'a-t-il pas fait disparaître, en moins e vingl ans. la plupart des vignes françaises ; l'attaque es champignons microscopiques — mildiew, blackot, oïdium — n'a-t-elle pas compromis maintes fois la production viticole ; la pomme de terre n'a-t-elle pas été détruite, on affaiblie tout au moins, par le Phytoplitora infestans, autre champignon analogue aux précédents; les céréales ne sont-elles pas envahies par la carie et l'ergot ?
La science appelée d'un nom générique : Pathologie Végétale, a pour objet l'étude de toutes les maladies des végétaux cultivés, et la lutte à entreprendre contre elles
Toutes ces recherches et tous ces efforts caractérisent l'Agriculture moderne dont les progrès vont de pair avec les succès des travaux du botaniste, du mycologue, du chimiste, et même de l'industriel, car il faut demander à ce dernier de fabriquer le produit destiné à lutter contre la maladie découverte et dont le remède est trouvé. Ce sera le soufre pour l'oïdium de la vigne, puis le sulfate de cuivre pour le mildew et le black-rot ; ce sera le sulfate de fer pour la chlorose, la nicotine et les arséniates pour d'autres attaques des parasites animaux tels que les insectes.
Comment dès lors ne pas comprendre la lenteur de certains progrès signalés, toujours subordonnés à la connaissance des lois de la vie, des maladies, de la production des substances constituant le moyen de lutter et de vaincre ?
Au même moment le problème économique et jSnancier se dresse devant le cultivateur. Il s'agit de savoir si l'empioi des méthodes indiquées par l'agro-
nome, le physiologiste, ou le botaniste, ne comportent pas des dépenses supérieures aux gains : il convient de se procurer les ressources indispensables pour lutter contre un fléau.
La reconstitution de nos vignes françaises par grefi fage sur plants américains est un exemple typique de la gravité du problème financier. Nos 1 .500.000 hectares de vignes reconstituées ont exigé, au minimum, un sacrifice pécuniaire, c'est-à-dire exactement une avance, de trois milliards de francs précédant toute recette !
La lutte contre les maladies eryptogamiques de la vigne réclame les dépenses d'achats relatifs aux instruments, aux produits employés, aux salaires des auxiliaires, etc.
La richesse accumulée sous forme d'épargnes est donc créatrice des richesses agricoles qu'elle permet de conserver aussi bien que de développer.