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LE RÔLE DE LA MACHINE AGRICOLE

blement à la culture et aux procédés d'exploitation <lu sol.

« 11 v a là une harmonie qu'on doit observer sous peine de produire «les inventions Stériles, tout au moins pour un certain laps de temps. Une machine, si perfectionnée qu'on la suppose, quand elle vient avant que les circonstances économiques n'en permettent avantageusement l'emploi, réunit toutes les chances possibles de ruiner son inventeur!

« Les inventeurs heureux qui ont pu recueillir le bénéfice légitime de leur travail peuvent se compter, et en étudiant leurs inventions, on voit qu'elles répondaient toujours à un besoin économique de leur époque. »

M. EUngelmann aurait pu joindre à ces considérations celles qui se rapportent à l'emploi de produits nouveaux, tels que les matières fertilisantes minérales. C'est la nécessité économique de leur emploi en vue d augmenter les rendements, qui a fait inventer et utiliser les semoirs à engrais, les appareils destinés à concasser certains sels, etc.

Inversement, l'invention de l'outil mécanique détermine une orientation nouvelle de la production et sa transformation économique. C'est le cas des écrémeuses centrifuges dont l'usage a provoqué la constitution de sociétés coopératives ou d'entreprises privées pour traiter en quelques heures de grandes quantités de lait, et fabriquer le beurre en se servant d'autres appa reils perfectionnés.

Si l'on veut se rendre compte de l'importance de l'outillage mécanique agricole en Krance, au moins pour les principaux appareils, il est bon d'en dresser

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l'inventaire. C'est ce qu'a fait l'administration de l'agriculture en 1892. L'enquête officielle qui porte cette date renferme «les données précises. Pour ne pas multiplier les statistiques et abuser dés chiffres^ nous nous contenterons de signaler au lecteur ce document.

Que faudrait-il ajouter à ce que nous possédions en 1892 pour disposer d'un outillage convenable, rien qu'en ce qui concerne les instruments d'extérieur de ferme. D'après M. Ringeimann, il nous faudrait :

450. 000 semoirs, 300.000 faucheuses, 'iOO.OOO moissonneuses.

Ces chiffres ne se rapportent qu'à la France continentale, et il est clair que nos colonies, celles de l'Afrique du Nord notamment, doivent être pourvues d'un matériel de plus en plus complet à mesure que la culture s'y développe.

Oïl a souvent soulcini que la division de la culture était un obstacle à l'emploi des machines. Il Tant bien comprendre que le petit Cultivateur est tout d'abord moins gêné par le défaut de main-d'œuvre que le grand fermier ou le grand propriétaire, puisqu'il dispose de ses bras et de ceux de sa famille, pour cultiver une faible surface* 11 est bon toutefois que le petit exploitant trouve des machines construites en vue de ses besoins spéciaux. A ce propos M. Kingelinann exprime une idée très juste quand il dit :

« An poinl de vue des résultats de leur emploi, les, machines agricoles peuvent se diviser en deux grands groupes: h' premier comprendrait celles qui ont pour but d'abaisser le prix de revient des travaux par la

LE RÔLE l»! I A MACHINE AGRICOLE

diminution de la main-d'œuvre nécessaire faucheuses, faneuses, râteaux, moissonneuses, lieuses, arracheurs, batteuses , le second comprendrait les machines qui ont pour objectif de perfectionner le travail (charrues améliorées, semoirs et houes, par exemple) ; c'est ce second groupe «jui intéresse plus particulièrement la petite culture, machines du premier groupe étant surtout réservées aux grandes exploitations. Les machines perfectionnées, <pii effectuent l'ouvrage avec une moindre dépense d'énergie que les anciens modèles, se répandent assez difficilement car on n'a considéré <|ue leur prix d'achat élevé, au lieu de tenir compte de l'économie qUi pourrait résulter de leur emploi. »

M. Ftingelmann ajoute ces mots qui ont une bien grande portée :

« A nos essais du Plessis (1901), en comparant une vieille charrue du pays avec un bon modèle de fabrication courante, non- avons montré qu'il y a un siècle il fallait demander aux attelages près de trois fois et demie l'énergie nécessaire actuellement pour obtenir le même ouvrage; si l'on songe que les animaux d'alors étaient moins bien nourris, et par suite plus chétifs que ceux d'aujourd'hui, il n'y a rien dé surprenant à ce que la brenne ou la lande s'étendît autrefois sur de vastes surfaces du Berry. »

Cette observation — si intéressante parce qu'elle a précisément une portée générale — doit frapper le petit cultivateur.

Ce dernier n'a pas toujours des ressources sulïisantes pour acheter la machine <|ui lui serait utile : chaque outil de ce genre doit servir un certain nombre de jours correspondant àune sur face minimum pour que son usage soit lucratif. C'est alors que peut intervenir l'association . qui groupe les cultivateurs et leur permet

de profiter <l<>s meilleurs instruments dont l'achat comme l'usage auront lieu <*n commun. On l'a dit souvent et M. M ingelmann a raison de répéter :

« Pour propager remploi <1<'S machines dans les [•otites et moyennes exploitations, il y a donc lieu d'encourager les groupements par une association syndicale. »

Ces groupements existent d'ailleurs 1 , et les coopérativesde laiteries ont, en somme, le même objet.

Parmi les associations il y a lieu de compter le mo<!<' d'exploitation du « métayage », véritable société groupant le propriétaire et l'exploitant.

Là devrait encore s'exercer l'action de la bourgeoisie rurale, qui reproche si souvent aux hommes des champs l'abandon de la terre, alors qu'elle adonné la première l'exemple de la désertion et de l'inditYérence.

1 . Voir le Compte rendu du Congrès de mécanique agricole, 11)11.

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