CHAPITRE XVI
Les moteurs animés et inanimés
L'Agriculture produit aujourd'hui des moteurs animés, c'est-à-dire des animaux de trait qui ont visiblement une double fonction économique.
1° Ils sont utilisés dans les exploitations agricoles elles-mêmes ;
'2° Ils sont vendus au commerce, à l'industrie, aui particuliers, pour servir aux transport-.
Qu'il s'agisse des premiers ou des seconds, des chevaux ou des bœufs de trait notamment, on est en droit de se demander si les progrès extraordinaires de la mécanique moderne ne vont pas réduire l'importance • te leur rôle. Dans le cas où les moteurs inanimés remplaceraient les animaux à la campagne comme à la ville, dans les champs et sur toutes les routes, il est clair que l'élevage serait immédiatement affecté par cette situation économique nouvelle. Le cheval disparaîtrait-il? le bœuf de trait deviendrait-il exclusivement un bœuf d'engrais, et une bête de boucherie sans jamais être employé comme moteur?
Sans doute, le développement de l'automobilisme autorise toutes les hypothèses. Cependant, il faut bien avouer que, dans les champs surtout, en raison du relief du sol, de la division de la propriété et de la culture, en raison de la modicité des avances
i LGRICI lli l! E .MODE 1; \ l
dont dispose le Cultivateur, l'usage du cheval ne parait pas encore près de disparaître.
Que faut-il ( m " 1 1 < ' k du bœuf de travail? Ce travail moteur peu! être obtenu de deux Tarons différentes : ou bien l'animal devenu adulte est chargé de déployer huile sa l'orée, ou bien il utilise son énergie comme moteur pendant sa période de croissance, c'est-à-dire de dix-huil m >is à quatre ans.
Un professeur de zootechnie des plus distingués, A. Sanson. disait à ce propos :
« Une excellente méthode consiste à considérer la fonction de moteurs des jeunes bœufs comme accessoire au lieu de l'envisager comme principale. Cette méthode en faveur de laquelle témoignenl toutes les considérations théoriques, n'est pas seulement appuyée par elles. Une longue expérience, dont les résultats ont
été inaperçus et méconnus, justifie pleine ni eut ses avantages. De purVraisonnemeiits, fondés sur desimpies suppositions, parmi lesquelles se trouve celle que l'Agriculture anglaise aurait atteint le dernier terme du progrès en fait de production animale, peuvent seuls être opposés à ces résultats.
« Evidemment, ils ne sauraient prévaloir. En ce qui co n ce rue nota m m en I celui qui est fond»' sur l'incompatibilité physiologique entre ladépense d'énergie comme moteur et l'accroissement du poids corporel par l'accumulation «les éléments nutritifs, il est clair que cette incompatibilité n'est point douteuse. On sait que l'énergie potentielle a sa source dans les échanges de ces éléments et que sa dépense les use en éliminant leurs résidus. Tout organisme animal qui travaille perd de son poids. Absolument, cela est incontestable.
« Il s'agit d'examiner si, dans une certaine mesure relative, la perte de substance déterminée par la dépense d'énergie n'est point plus que compensée par