‹ L'Agriculture moderneChapitre 76 sur 84 · Étude déjà citée p · texte numérisé non relu

Étude déjà citée p

coles, on constata immédiatement qu'à partir de 1815, jusque vers 1840 bu L845, les cours fléchissent ou restent stationnaires, en dépit des efforts faits à maintes reprises parle législateur pour lutter contre la baisse et protéger la production rurale contre la concurrence étrangère.

Enfin, si nous étudions encore le passé, nous nous trouvons en présence d'un phénomène économique analogue à celui qui nous préoccupe si vivement à cette heure, et semblable à cette brusque montée des cours signalée après 1850.

La hausse des produits agricoles caractérise, au xvm e siècle, la période qui s'étend de 1760 ou 1770 jusqu'à 1789 et même à 1800 t.

En France, le cours du froment se relève rapidement à partir de 1780. Nous avons noté ces variations en consultant les mercuriales de la « Grenette » de Bourg-en-Bresse .

Variations des prix de V avoine, du seigle et du froment,

à Bourg-en-B resse .

(Prix en sous,

par coupe de -Z4

lit. 83

cent.)

Avoine.

Se:gle.

Fromeni

C'est là simplement la cote d'un marché régional, mais on observait le même mouvement à Langres, à Soissons, à Grenoble. En ramenant à 100 les cours de la période 1740-49, nous avons obtenu les chiffres

1 . Voir nos études sur les variations du revenu et du prix des terres en France, dans les Annales agronomiques, 1888-1889, et dans les Annales de l'École des Sciences politiques, année

LA HAUSSE DES PRIX

suivants pour les années qui ont précédé la Révolution :

Cours du froment.

Langres.

Soissons

Grenoble.

Ainsi, de la première période à la dernière, c'est-àdire en trente ans, le prix du froment s'était élevé de 45 °/ 0 à Langres, de 44 °/ n à Soissons, et de 45 °/ D à Grenoble. En faisant le même calcul pour les grains cotés à Bourg, on trouve une hausse de 45 °/ 0 pour l'avoine, de 44 °/ 0 pour le seigle, et de 39 % pour le froment. Tous ces chilfres sont évidemment comparables et le mouvement ascensionnel des cours a été général.

Nous ajoutions à ce propos 1 : « Si, d'ailleurs, on trace les courbes qui permettent de suivre les variations du prix des diverses céréales à Bourg, à Paris, à Rozoy, à Londres, on constate que ces lignes aux inflexions curieuses, sont presque toujours parallèles. Les variations du cours des autres denrées vendues habituellement par le cultivateur ont présenté les mêmes caractères ».

A Angers, les hospices qui achetaient les bœufs sur pied, pour les débiter ensuite, payaient par tête de 127 à 178 francs, entre 1760 et 1765. Or, ce cours s'élève à 234 et 240 francs de 1780 à 1785. Au Mans, les hospices paient la livre de viande 0 fr. 25 vers 1700 et 0 fr. 35 en 1785. Les animaux achetés sur pied par ces établissements ont subi une hausse considé-

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