Annales de l'Ecole des Sciences politiques, 1894, p
rable de 1770 à 1789. Cette plus-value ressort à 68 °/ c pour le veau, à 46 % pour le bœuf, et à 53 °/ 0 pour le mouton. Le lait, le beurre, les œufs et même le vin augmentent de prix dans des proportions analogues.
Les résultats de nos recherches personnelles se trouvent confirmés par les notes que le voyageur anglais A. Young prenait, de 1787 à 1791 L
Economiste ei agriculteur, Youni: avait été frappé par la hausse de prix que nous venons de signaler. Il marque d'un trait précis les faits qu'il observe. Dans la Sologne, le Berry, le Limousin, le Languedoc et la Gascogne, en Normandie et en Bretagne, en Champagne et en Touraine, jusqu'en Franche-Comté et en Bourgogne, il constate la hausse des prix et en observe les conséquences. La cherté de la vie devient générale. Dans le Limousin, « le bois que Von vendait 50 livres, il ij a quinze ans. se vend loO La terre a haussé beaucoup ; la culture rend le double d'il y a vingt ans » . — En Lorraine, « hausse générale d'un tiers en vingt ans » . — En Franche-Comté, « la viande qui se paie 0 fr. 35 la livre ne valait que 0 fr. 20 il y a quelques années ». — A Bayonne, t< depuis dix ans, tout, même le loyer des maisons, a beaucoup augmenté ». — A Dijon. « depuis vingt ans, tout a haussé de 100 0 / o ».
La preuve nous semble donc faite. Les trente ou quarante dernières années de l'ancien régime ont été marquées par une hausse rapide, persistante et générale des prix des denrées agricoles.
Ce sont là précisément les caractères de la marche actuelle des cours; et durant la période 1850-1875, nous avons vu que la hausse offrait les mêmes particularités.
11 est donc certain que depuis le milieu du xvm e siècle jusqu'au début du xx e , on compte trois
l. A. Young. Voyages en France, t, II, p. 272. Paris, Guillaumin.
LA HAUSSE DES PRIX
périodes de hausse auxquelles ont succédé des périodes de baisse ou de stagnation du prix des denrées agricoles.
La première des périodes de hausse commence en 1750 et se prolonge jusqu'à la fin du XVIII e siècle. La baisse se prononce, s'accentue et persiste de 18Î5 à 18 10 ou 1845. La hausse V emporte et entraîne dans un même mouvement ascensionnel les prix de tous les grands produits ruraux, depuis 1850 jusqu'à 1875. La baisse se fait sentir à nouveau vers 1880. Elle provoque une crise douloureuse et persista}} te , que tout le monde connaît sous le nom de Crise Agricole.
Durant cette période aussi bien que durant la Restauration et le Gouvernement de Juillet, le régime protecteur est réclamé, appliqué, aggravé, sans que la marche des cours soit réellement modifiée. La cherté relative que Von réussit à provoquer dans les deux cas, et à soixante ans d'intervalle, n'a jamais assuré au producteur rural le bénéfice des cours élevés qui ont été pratiqués sous un régime de liberté commerciale, mais durant une période de hausse. U exemple fourni par la marche des cours, entre 1850 et 1875, ne laisse aucun doute à cet égard.
Ainsi, nous le répétons, on connaît des périodes de hausse semblables à celle qui s'ouvre sans doute en ce moment.
Les faits qui émeuvent l'opinion publique ne sont pas nouveaux. On peut les étudier dans le passé, et cette étude éclaire d'une lumière bien vive le problème qui se dresse aujourd'hui devant nous.
Les conséquences.
Le public a déjà constaté l'excepl ionnel intérêt des conséquences que comporte la hausse des denrées
agricoles. Il est clair que tous les consommateurs sont contraints de subir un sacrifice qui correspond à l'augmentation «le leurs dépenses. Pour les salariés, notamment, l'élévation du prix des vivres réduit, en fait, le pouvoir d'achat delà rémunération fixe qu'ils reçoivent. C'est leur bien-être général qui diminue, puisqu'ils doivent consacrer désormais aux dépenses de nourriture une fraction plus considérable du salaire journalier.
Les protestations violentes des ménagères sont ainsi expliquées.
Ce qui est vrai pour les ouvriers l'est encore pour toutes les personnes qui vivent, en France, d'un revenu fixe, d'une retraite, de l'intérêt produit par une valeur mobilière, telle qu'une obligation ou une rente sur l'État. Toutefois, il convient de ne rien exagérer et de voir les choses telles qu'elles sont. La situation matérielle du salarié reste supérieure à celle qui lui était faite il y a trente ans. Les salaires, en effet, se sont élevés, et, d'autre part, le niveau moyen des cours actuels ne dépasse pas celui que l'on constatait vers 1875 ou 1880. L'ouvrier ne perd donc nullement le bénéfice de l'augmentation de son salaire nominal. Il est simplement contraint de renoncer aux avantages imprévus que lui assurait la baisse des denrées alimentaires duranl la période prolongée dont nous venons de sortir, et que la dépression des cours a caractérisée.
Il \ a plus. Le public paraît oublier que la cherté relative des vivres, depuis quelques années, n'a pas affecté la situation de tous les salariés. Un très grand nombre d'employés sont, en effet, nourris par leurs patrons. Ces derniers seuls supportent donc les conséquences du renchérissement des denrées alimentaires. Cette observation ne s'applique pas seulement aux
LA HAUSSE DES PRIX
« gens de maison » ; elle reste exacte pour tons les salariés des deux sexes qui travaillent avec leurs patrons, petits commerçants, petits industriels ou artisans. Dans les campagnes, notamment, tous les domestiques sont nourris et logés à la ferme. Les tâcherons eux-mêmes reçoivent parfois un repas sur deux. Les répercussions sociales de la hausse sont ainsi atténuées.
Enfin l'étude du passé prouve que l'élévation du prix des denrées agricoles est toujours suivie d'une augmentation des salaires.
Nous venons de voir, cependant, que la hausse pouvait imposer des sacrifices et par suite des souffrances à certaines catégories de consommateurs qui paraissent plus spécialement intéressants.
Il est clair qu'à ces sacrifices correspondent des avantages équivalents dont bénéficient les producteurs agricoles, les entrepreneurs de culture, chefs d'industrie à titre de propriétaires-cultivateurs, de fermiers ou de métayers. La hausse des denrées agricoles a pour conséquence immédiate l'élévation parallèle du montant des recettes, et, d'autre part, les profits culturaux augmentent. Rien de plus facile, et en même temps rien de plus instructif que de montrer avec quelle précision se produisent ces répercussions si importantes au point de vue social.
Le produit brut d'une exploitation rurale est représenté par la valeur de tous les produits rendus annuellement d'une façon régulière et normale. Ce produit exprimé en francs est égal aux quantités récoltées, multipliées par le cours des denrées. Supposons que le produit brut agricole soit représenté par 100, et que les dépenses correspondantes se montent à 80. Le profit cultural est donné par la différence entre le produit correspondant aux
recettes et les frais ordinaires. Il s'élève ainsi à :
Depuis quelques années, le prix des denrées vendues s'est élevé, par exemple, de 10 % en moyenne. Par suite, le produit brut a augmenté également de 1<> °/o puisque les quantités vendues bénéficient d'une plus-value d'un dixième. D'autre part, les dépenses sont restées constantes dans ce court espace <ic temps. Le profit est donc représenté par une nouvelle différence qui est la suivante :
Le bénéfice cultural passe de 20 à 30 : il a augmenté de 50 pour 100 ! La répercussion de la hausse des prix sur le profit de l'agriculteur est donc immédiate et singulièrement avantageuse.
C'est là, nous le reconnaissons, une démonstration toute théorique, mais en étudiant la comptabilité d'un cultivateur, on constate que nos conclusions sont exactement vérifiées 4 .
L'accroissement des dépenses que provoque la hausse elle-même réduit quelque peu, mais ne fait pas disparaître tous les avantages que l'élévation des cours assure à l'entrepreneur de culture. Sans exposer un capital plus considérable, sans déployer plus d'activité, ce dernier réalise un bénéfice plus grand. Telle est la conséquence certaine d'une hausse des produits agricoles. Elle favorise, dans notre pays, les intérêts de 3 ou 4 millions de cultivateurs. Il est donc superflu d'en faire ressortir la portée sociale.
1. Voyez à ce sujet une démonstralion complète dans notre ouvrage, la Crise agricole. Paris, Masson. 1 vol.
LA HAUSSE DES l'RIX
L'accroissemenl des profits culturaux exerce à son t«>ur une action décisive, sinon immédiate, sur le revenu et la valeur du sol cultivé. Selon l'heureuse formule de M. Levasseur, la terre est un instrument qui vaut d'autant plus <jn"il rapporte davantage. Le lover agricole d'un domaine s'élève ou s'abaisse selon que les prolits attachés à sa culture augmentent ou diminuent. La libre concurrence provoque ces deux mouvements en sens inverse; et d'autre part, nous venons de le voir, la hausse des prix élève le niveau ordinaire des bénéfices culturaux. Il est donc certain que la valeur locative des biens-fonds ruraux augmente pendant les périodes de hausse de même qu'elle diminue pendant les périodes de baisse.
Une expérience séculaire confirme cotte vue théorique qui a seulement les apparences «l'une simple déduction Logique. On a vu grossir le montant des fermages à la fin du xvm" siècle aussi bien qu'au milieu du xix". c'est -a-dire au moment où le prix des produits subissait la hausse générale, persistante et considérable que nous signalions dans la seconde pari ie de cette étude.
Enfin, l'élévation des loyers agricoles provoque, à son tour, une augmentation correspondante du prix des terres, c'ést-à-dire de leur valeur vénale. La terre vaut plus parce que les revenus qu'elle donne, aussi bien <pie les profits attachés à sa culture, ont augmenté en même temps.
Ainsi les cultivateurs ne -ont pas seuls intéressés à voir les prix monter. Les propriétaires fonciers, et notamment les propriétaires qui confient à des locataires le soin d'exploiter leurs domaines, tirent un avantage certain de la hausse des produits agricoles. C'est ce que l'on a constaté dans le passé; c'est ce que l'on constatera -ans nul doute d'ici quelques années.
On voit par suite que l'étude historique des variations de prix nous instruit et nous révèle clairement Fexceptionnel intérêt du phénomène économique que nous observons en ce moment.
Le revenu des propriétés rurales représente en France 2 milliards de francs, et la valeur du sol dépasse sans doute aujourd'hui 75 milliards. La baisse récente des produits de la terre avait probablement réduit de 20 à 25 % le revenu antérieur et la valeur énorme du capital correspondant. Il y a trente ans, on estimait, en effet, que les valeurs localives et vénales de la terre française s'élevaient respectivement à 2.645 millions et à 91 milliards.
Si la hausse des cours fait monter le chiffre des loyers et des prix actuels du sol jusqu'au niveau précédemment atteint, on voit qu'elle exercera une influence marquée sur la répartition des richesses. Un accroissement de revenu égal à 600 millions de francs et une plus-value de 15 à 16 milliards assurée à la propriété foncière rurale, tel peut être, dans quinze ou vingt ans tout au plus, le résultat obtenu, grâce à la hausse des produits agricoles.
Est-ce là un espoir chimérique ou une hypothèse invraisemblable ? Nous ne le pensons pas. Des faits précis confirment cette opinion. Durant les trente dernières années de l'ancien régime, au moment où le cours des denrées agricoles s'élevait avec cette extraordinaire rapidité que nous avons signalée, le revenu et la valeur des biens- fonds ruraux augmentaient à leur tour. Dans le Maine, dans l'Anjou, en Normandie, en Bresse, dans le Languedoc, les fermages que nous avons relevés sur les livres mêmes de la comptabilité des hospices ou des « chapitres » ont augmenté de 36% à 87% entre 1760 et 1790.TeIs sont les faits que l'on constate durant une période de hausse des prix.
LA HAUSSE DES PRIX
La même hausse entraînant les mêmes conséquences, on a observé également une augmentation considérable des revenus de la terre depuis 1850 jusque vers 1880, Deux enquêtes officielles faites précisément à ces deux dates prouvent que les loyers agricoles ont augmenté de 38 % en moyenne, durant cette période de trente ans.
Comment expliquer ce mouvement si général et la hausse périodique des denrées agricoles ?
Nous sommes amenés à rechercher les causes de ce phénomène après en avoir observé les conséquences.
Les causes.
L'existence même d'une crise provoquée par la brusque élévation du prix des denrées agricoles n'est discutée par personne. Nous croyons que les esprits réfléchis accepteront sans difficultés nos conclusions au sujet des caractères de cette hausse, et peut-être voudra-t-on bien nous accorder que ce phénomène n'est pas nouveau.
Les faits que nous avons signalés et dont tout le monde peut contrôler l'exactitude, comm.-mdcnl à tout le moins L'attention. La périodicité des mouvements généraux de hausse ou de baisse pourra paraître étrange à beaucoup, mais elle ne soulève aucune objection de doctrine. Il est toujours possible, en effet, au gré de chaque auteur, de signaler l'influence des saisons, les transformations des moyens de transport, les circonstances politiques, la hausse des salaires, les exigences croissantes de la consommation, l'action des lois sociales, le développement plus ou moins rapide de la population.
En ce moment, la plupart des économistes ou des
hommes politiques qui étudient le problème de la hausse des produits agricoles lui assignent précisément comme causes quelques-uns des faits contingents on <los transformations sociales récentes dont nous venons de parler.
Nous sommes persuadés que leur opinion renferme une |>arl de vérité, et nous l'acceptons sans la moindre hésitation, en nous réservant toutefois le droit de la critiquer et surtout de compléter les conclusions qu'elle comporte.
L'influence des saisons n'est pas douteuse. La mauvaise récolte de L910 explique assurément la hausse des céréales et surtout celle du blé qui entraîne, à son tour, celle des farines et <ln pain. La sécheresse extraordinaire de IVté ii>ll explique et justilie la hausse des légumes et de certains fruits, celle du lait et du beurre, l'élévation de la cote du sucre, conséquent"' immédiate de la diminution fort probable de la récolte des betteraves.
Tout cela est vrai. Mais, remarquons-le bien, l'influence des circonstances atmosphériques n'explique que des variations brusques et passagères. Elle ne saurait être assignée comme cause permanente et efficace à un mouvement général et persistanl que l'on observe depuis dix ans en France comme à l'étranger. ( le! te influence du temps et des saisons ne fournit aucune explication acceptable et intelligible en ce qui touche les périodes de hausse ou de baisse que l'on a pu étudier dans le passé.
( >n paraît oublier que la hausse actuelle. — comme celle des autres périodes antérieures, — coïncide avec une augmentation moyenne et générale de la production agricole et non pas avec une réduction des récoltes. A cet égard, l'exemple du froment est t \ pique.
LA HAUSSE DES PRIX
De lOoo à 1904$ la récolte moyenne ne dépasse pas 88 millions de quintaux en France. Celte production s'élève, au contraire, à ( . >3 millions de 1905 à 1909. Or, les prix ont augmenté à mesure que le chiffre de la production s'élevait.
La moyenne des cours à Paris est de 21 fr. 30 pendant la première période, et d<> 23 fr. 41 durant la seconde !
On a parlé récemment des pertes subies par l'élevage français. Elles sont réelles et déplorables ; c'est entendu. Mais jamais jusqu'à cette année, la puissance productive de l'agriculture française ne s'était révélée aussi grande qu'en ce qui touche précisément la production du bétail. Or, les prix se sont élevés bien avant 101 1 .
La hausse est d'ailleurs générale. On la constate de 1900 à 1910, en Allemagne et en Russie, en Autriche, en Suisse, et jusqu'au Canada. Ni l'influence des saisons, ni les pertes résultant, en France, de la cachexie ou de la fièvre aphteuse ne donnent l'explication de pareils faits.
On a parlé maintes fois, et toujours avec raison, de l'action de la transformation des moyens de transport. Mais la rapidité, le bon marché, et la prodigieuse extension des moyens de communication ne provoquent pas la hausse. Tous ces progrès techniques atténuent la cherté au lieu de la produire.
Remarquons d'ailleurs que le pris des produits agricoles n'a jamais été plus élevé que de 1850 à 1875, c'est-à-dire au moment ou les moyens de transport perfectionnés auraient dû vraisemblablement entraîner la baisse des denrées alimentaires ou des matières premières.
« La consommation augmente démesurément, nous répondra-t-on, parce que la richesse s'est développée
avec une incomparable puissance. La hausse est la conséquence logique de l'intensité de La demande. »
Gel argumenl paraît avoir eu <juelque succès. Nous avouons <]im1 <>st encore inintelligible pour nous. Le développement de la richesse, — terme général, — correspond au développement de la production. D'autre part, si la consommation augmente réellement , il est clair que la production a dû augmenter parallèlement dans la même mesure, car on ne consomme pas ce qui n'a pas été produit antérieurement. Si donc l'accroissement de la consommation suppose invinciblement l'accroissement égal et simultané de la production, il est impossible de comprendre pourquoi les prix s'élèveraient, l'offre restant égale à la demande.
C'est pour nous l'évidence môme.
Nous croyons, en effet, que la richesse générale se développe, mais la hausse contribue à ce mouvement en inspirant une confiance que la baisse fait disparaître. Les périodes de hausse des produits agricoles ont toujours été considérées, notamment, comme favorables à la prospérité agricole. On a, au contraire, parlé cent fois des soutTrances, de la décadence et de la ruine prochaine de notre industrie rurale lorsque les prix baissaient, depuis 1880 jusqu'à 1900 î
On dit encore : « La population augmente ; les besoins grandissent, les exigences de la consommation sont incessantes. La hausse est la conséquence de ce phénomène démographique. »
Nous sommes persuadés en effet, que la population augmente, — ailleurs qu'en France, — et il est fort naturel d'admettre que ce développement contribue à soutenir le niveau des cours. Mais ceux-ci baissaient il y a trente ans, alors que la population des grands pays civilisés s'élevait, et s'élevait même plus rapide-
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ment encore qu'aujourd'hui, car la natalité fléchit partout où la richesse grandit. Le développement de cette richesse générale, et de la production agricole plus spécialement, suffit «railleurs aux exigences <l«' la consommation. Les statisticiens du bureau de l'Agriculture à Washington 1 ont posé ce problème et soutiennent qu'ils l'ont résolu en prouvant que la production, par tête d'habitant, n'a jamais été plus considérable. La hausse, nous l'avons montré, est cependant tout aussi marquée dans l'Amérique du Nord qu'en France et qu'en Europe !
On a parlé encore fort judicieusement d'une véritable transformation résultant de la hausse des salaires et de l'application des lois sociales. Le pouvoir d'achat des classes ouvrières aurait augmenté et la hausse serait la conséquence de l'intensité nouvelle des demandes.
Le temps nous manque pour discuter cette opinion, mais ce que nous venons de dire à propos du développement de la production aux États-Unis prouve déjà que l'accroissement de la demande des produits agricoles est compensé par l'augmentation de la production.
L'explication que l'on nous propose ne saurait d'ailleurs être acceptée en ce qui touche les hausses incontestables que l'on a observées autrefois et qui n'ont pas été moins notables que celle dont on parle aujourd'hui .
En vérité, nous pensons qu'il faul chercher ailleurs une cause générale dont l'action s'ajoute à t'influence des autres faits économiques. Cette cause est, pour nous, — comme pour bien d'autres, — la dépréciation des métaux monétaires. Assurément nous ne