‹ L'Agriculture moderneChapitre 78 sur 84 · Voyez le Crop Reporter, numéros de janvier et mars · texte numérisé non relu

Voyez le Crop Reporter, numéros de janvier et mars

prétendons pas que cette cause agit seule ; nous ne songeons pas davantage à lui assigner une importance déterminée et précise. Mais il importe, croyons-nous, de ne pas écarter cette hypothèse, la seule qui explique, — à défaut d'autres raisons suffisantes, — la hausse «les prix durant de longues périodes.

Le mécanisme même des répercussions monétaires sur les cours n'est point mystérieux.

Le prix des marchandises et des services est représenté par un poids déterminé de métal précieux, et exclusivement, à cette heure, par un poids d'or. Si la récolte de l'or augmente, il est vraisemblable que son pouvoir d'achat diminue, surtout si l'accroissement de 'cette production métallique est rapide, parce que la masse disponible dépasse alors les besoins ordinaires de la circulation ou des dépôts dans les grandes banques. La diminution du pouvoir d'achat de l'or correspond à la hausse, puisqu'il faut donner plus de métal, — en moyenne, — quand on veut acquérir la même quantité de marchandises.

Nous constatons, — et cela est une certitude, — que l'abondance relative des métaux précieux a toujours coïncidé depuis cent cinquante ans avec la hausse du prix des denrées agricoles, soit a la fin du xvui c siècle, soit après 1850 jusqu'en 1875.

Cette coïncidence est curieuse et suggestive ; elle permet d'admettre qu'il existe une relation, un rapport de cause à effet entre l'afflux des métaux précieux et l'élévation des cours.

nu observe, au contraire, — et c'est là une sorte de contre-épreuve, — que les baisses prolongées des cours, de 1815 à 1850, de 1875 à 1900, ont coïncidé avec une diminution de la production des métaux précieux, diminution qui aurait produit comme conséquence une rareté relative, car les exigences de

LA HAUSSE DES PRIX

la circulation et des échanges auraient continué de croître au moment où l'instrument métallique d'échange étail produit moins abondamment; Nous accueillons cette hypothèse, vraisemblable et intéressante, parce qu'elle explique, seule, des faits que les autres causes signalées expliquent mal ou n'expliquent pas !

Depuis L890, c'est-à-dire depuis vingl ans, il est certain que l'or est beaucoup plus abondant. Sa production dans "le monde ne dépassait pas 109.000 kilogrammes de 1886 à 1890. Depuis 1906, elle est supérieure à 600.000 kilogrammes.

Elle a donc triplé.

Ce fait n'a-t-il aucune importance? Il nous parait impossible de l'admettre. Mais, sans nul doute, personne ne peut prouver que l'or devenu plus a bouda ni a perdu une partie de son pouvoir d'achat. ( m m' fait pas d'expériences en matière économique, comme dans un Laboratoire. L'histoire seule nous fournit des documents et nousapporte des clartés. ( >r, nous avons été frappé d'un fait certain. Le prix des produits agricoles s'est toujours élevé, quand la production demétaux précieux a augmenté, et les cours ont fléchi lorsque cette production métallique a diminué ou est restée stationnaire. Nous croyons donc sincèrement <|ue l'influence de ces fluctuations de la récolte du métal blanc ou jaune s'est exercée sur les cours.

C'est l'opinion qu'exprime avec mesure, mais sans hésitation, M. de Foville, lorsqu'il parle de notre stock monétaire

« Pour l'époque actuelle, dit-il, nous constatons que tout concourt à révéler l'existence d'un stock d'or en France supérieur à tous ceux qu'on a pu observer

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