ACTE PKEMIEH
LA DUUAIIIIKIU:, avec ironie.
Non... c'est (luolquc soullVaiice morale, c'est son âme qui est alleinlo. Eli! tenez, la voilà qui vient de ce côté; voyez si
je m'abuse ! (La duchesse cnUe sans les voir ot vienl s'asseoir à l'avaDl-
SCCDC.)
SCÈiNE V I
Les Mêmes, LA DUCHESSE.
•»^ LE COMMANDEUR
Oui, oui, de la préoccupation, de la rêverie... rien ne lui échappe à cette excellente douairière... c'est une sollicitude tout à fait maternelle.
LA DUCHESSE, à elle-même.
11 y a trois jours qu'il n'est venu ici... tant mieux ! Je voudrais ne le revoir jamais... ah! je voudrais surtout... ne l'avoir jamais rencontré. '
LE COMMANDEUR
Madame la duchesse !...
LA DUCHESSE, jolant un petit cri.
Ah! (So remettant.) Fardon, monsieur le commandeur, je ne VOUS avais pas vu... Veuillez m'excuser aussi, madame la marquise...
LA DOUAIRIÈRE, avec une froideur trés-marquée. "j
Votre servante, madame.
LA DUCHESSE, avec contrainte.
J'espère que votre santé est satisfaisante, madame.
LA DOUAIRIÈRE, même ton.
Vous êtes mille fois trop bonne, madame.
LE COMMANDEUR, à part. '
Touchante sympathie de famille... elles s'adorent, ces deux fcmmes-là.
LA DUCHESSE, avec affeclion.
Bonjour, ma chère Jeanne.
JEANNE, l'enibr-issant. f, i^ U^ 0
Bonjour, madame la duchesse.
LA DOUAIRIÈRE, avec dépit et très-vivement. Jeanne... j'ai oublié mon évfnlail...
JEANNE, allant ii elle.
Voire éventail! mais le voilà, ;;rand'mère, ilest à votre bra-,
LA DOUAIRIÈRE
C'est bien.
lu L'AÏEULE.
JE AN m:. Mon cousin, donnez-nous donc des nouvelles de voire malade...
LA DUCHESSE, un peu troublée.
De... son malade ?
JEANNE
Mais oui, de M. de Montmarcy.
LE CO.MMANDEUB.
11 va bien... tout à fait bien... je voulais même l'emmener à Tari?.
LA DUCHESSE, vivement.
Ah!... (se renieiiant.) Je le crovais parti... Combien donc y a-t-il de jours que nous ne l'avons vu, Jeanne?
JEANNE
Il y a trois jours, madame la duchesse, et j'en suis Irèsfâchée... C'est un brave jeune homme que j'aime bien, puisqu'il
vAlS a sauvée... (Elle va près (le la duchesse.)
LA DUCHESSE, lui prenant la main.
Excellent cœur! (Elle va pour l'embrasser sur le front.)
LA DOUAIRIÈRE, vivement.
Jeanne!... (la duchesse s'arrête) ôtez-moi ces fleurs... leur odeur m'incommode.
JEANNE, allant à la table.
Leur odeur, crand'mère ? mais il n'y a que des marguerites Ça ne sent rien du tout.
UN DOMESTIQUE, aunonran».
- — ' M. le chevalier de Montmarcy.
LA DUCHESSE, k part.
Lui!...
LE COMMANDEUR, à part.
La duchesse s'est troublée.