‹ L'ainée; comédie en quatre actes, cinq tableauxChapitre 51 sur 97 · SCÈNE IX · texte numérisé non relu

SCÈNE IX

LIA, seule.

Cette folle aurait-elle vu clair? On m'a appris à pratiquer avec soin l'examen de conscience... Si j'osais m'examiner en ce moment, je crois bien que je ferais en moi de tristes découvertes et dont je n'aurais pas lieu d'être fière... En réalité, j'ai moins été indignée par la faute de Norah que je n'ai été furieuse d'avoir tait pour rien toute cette dépense

de renoncement et d'attitudes résignées, dont je me savais apparemment un gré infini... Et ensuite, il n'y a pas à dire, j'ai trouvé dans la mésaventure d'Auguste quelque chose qui ne me déplaisait pas. Son malheur, qui ne devait me faire que pitié, m'a paru presque comique; toutes mes illusions sur lui sont tombées d'un coup; je l'ai vu comme un pauvre être diminué, qu'on plaint avec un sourire, et je l'ai presque traité dans ma pensée comme feraient les gens du monde et les personnes sans religion ni bonté... Allons, allons, tout cela est injuste et mauvais... Au moins, soyonslui douce; car enfin ce serait atroce de me détacher de lui quaud il est malheureux...

Entre le pasteur Mikils.

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