LES DEUX AUTRES
Oh! oui! oui!
LIA
Chanter? Ça, par exemple, c'est une bonne idée. Car elle est très gaie, tante Lia, très en train, mes chéris... Allons,
Venez dans Ce petit COin... (Elle s'assied sur le banc de pierre, les trois
petits autour d'elle.) Où en étionsnous? Ah! oui...
Elle chante d'abord à mi-voix, puis, x.lus haut, avec un accent de tristesse poignante.
— J'attends l'fils du roi,
— Filant ma quenouille seulette, —
J'attends l'fils du roi Pour qu'il s'marie avec moi.
— Le roi d'ee pays, (File ta quenouille seulette)
Le roi d'ee pays Bergère, n'a point de fils.
— Cela ne fait rien, — Filant ma quenouille seulette, —
Cela ne fait rien, J'attends l'fils du roi voisin.
Elle attendit tant, Filant sa quenouille seulette,
Elle attendit tant Qu'ses cheveux sont dev'nus tout blancs.
Elle attendit tant, Filan1 sa quenouille seulette,
Elle attendit tant Qu'elle mourut finalement,
Au bord du fossé, Filant sa quenouille seulette,
Au bord du fossé, Sans avoir rien vu passer...
PREMIER PETIT GARÇON
C'est joli.
LE LIEUTENANT, qui depuis quelques in lants écoute chant r Lia, s'approehant.
Mademoiselle, voulez-vous me faire l'honneur de m'accorder la prochaine valse?
LIA
Danser maintenant? Oui, monsieur, (n lui offre le bras et
l'emmène. Les trois petits enfants les suivent, très graves, en se donnant la main.)
Allons!...