‹ L'ainée; comédie en quatre actes, cinq tableauxChapitre 75 sur 97 · SCÈNE IX LIA, LE LIEUTENANT · texte numérisé non relu

SCÈNE IX LIA, LE LIEUTENANT

LE LIEUTENANT

Et puis, je vous le répète, vous êtes charmante...

LIA

Oui, oui, c'est entendu... charmante... et reposante...

LE LIEUTENANT

Reposante? Ah! non!

LIA

Si! si! tout ce qu'il y a de mieux comme sœur, comme tante, comme petite mère : je connais ça.

LE LIEUTENANT

Vous vous trompez : je dis charmante aussi autrement, surtout autrement.

LIA

Lieutenant, c'est très bien, ce que vous faites là... Vous avez songé : « Voilà une fille qui n'est plus très jeune, que l'on délaisse, qui doit s'ennuyer prodigieusement et qui doit

êlre lamentablement sentimentale et romanesque. Il y a des mots que cette bonne personne n'a pas dû entendre souvent. Ayons la charité de les lui dire. »

LE LIEUTENANT

Mais ce n'est pas du tout cela, pas du tout !

LIA

Mais si !

Mais non !

LE LIEUTENANT

LIA

Je vous dis que si ! je le sais mieux que vous... Eh bien, maintenant que c'est fait, recevez mes remerciements très sincères et passez à des exercices plus agréables. Il y a ici de fort jolies femmes, — sans compter mes petites sœurs, sur lesquelles il ne serait pas convenable à moi d'attirer votre attention.

LE LIEUTENANT

Vos petites sœurs!... elles sont gentilles, je ne dis pas..

LIA

Prenez garde, monsieur, vous allez me blesser dans mes sentiments de famille.

LE LIEUTENANT, continuant.

Mais voyons, entre nous... est-ce qu'elles ne vous paraissent pas un peu... banales?

LIA

Ça ne les a pas empêchées d'être aimées et d'être heureuses; ce qui ne me paraît pas banal, à moi. J'ai des raisons de ne pas les croire très bêtes, mes petites sœurs.

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