ACTE TROISIÈME. li!t
LIA, regardant dehors.
Oui, c'est très beau... Mais, dites-moi... des femmes sont déjà venues ici, avouez le!
LE LIEUTENANT
Comment voulez-vous?... A moins de les amener de Paris...
LIA
C'est que je ne vous en crois pas du tout incapable.
LE LIEUTENANT
Aucune femme n'est entrée ici avant vous, je vous le jure.
LIA
Eh bien, je ne sais pas pourquoi, mais cela me fait plaisir. Et là-dessus, allons-nous-en.
LE LIEUTENANT
Déjà? Vous êtes ici chez mon oncle... Asseyez-vous, nous serons mieux pour causer.
Nous serons tout aussi bien dehors.
LE LIEUTENANT
Non, non, nous serons mieux ici... On est plus près l'un de l'autre: on s'entend, on se voit parler... De quoi avezvous peur? Personne ne s'occupe de nous, je vous assure... Reposez vous, vous devez être lasse.
LIA, s' asseyant.
Oui, un peu.
LE LIEUTENANT
Vous n'avez pas froid?
LIA
Non, non.
LE LIEUTENANT, lui prenant les mains.
Vos mains brûlent. Je suis sûr que vous avez un peu de fièvre... Laissez-moi vous arranger, (n place des coussins autour d'elle et sous ses pieds.) Et maintenant, causons.
LIA
Qu'avez -vous donc tant à me dire?
LE LIEUTENANT
Toujours la même chose : que vous êtes exquise, délicieuse, singulière, attirante...
LIA, naïvement.
Vrai? vous pensez tout ça?
LE LIEUTENANT
Et je le sens... et très vivement.
Il lui a repris les mains.
LIA, s'aîanguissant.
Soit, mais ce n'est pas comme cela qu'il faut me le dire.
LE LIEUTENANT
Je ne peux pourtant pas vous dire ça les bras croisés... quand vous êtes là... si prés... que je vous respire, que...
LIA, se reculant.
Mais, monsieur...