‹ L'Air AtmosphériqueChapitre 20 sur 26 · POUSSIÈRES DE L'AIR · texte numérisé non relu

POUSSIÈRES DE L'AIR

Lorsqu'un faisceau de lumière solaire traverse un ap— partement, sa direction est révélée à l’œil par une multitude de particules solides infiniment tenues et d’une grande mobilité. Quoique l’existence des poussières de l'air ait dù fixer l’attention depuis longtemps, leur étude ne date que de Lœuwenhoeck, Ehremberg et Gaultier de Claubry. C’est à ce dernier qu’on doit les premières recherches variment scientifiques (1). Mais les procédés de cet expérimentateur ainsi que ceux mis en œuvre par Dundas Thompson (2) et Baudrimont(3) sont très imparfaits. A. Pouchet fit faire à cette étude de grands progrès. C’est à lui qu'est due l’invention de l’aéroscope, instrument très commode pour la récolte des poussières de l'air. Voici l’inventaire qu’il donne des poussières organiques qu’il a observées :

Divers petits animaux desséchés, tels que les helmin -

(1) Gaultier de Claubry. Comptes rendus des séances de l’Académie des sciences, t. XLI, p. 645 (1855).

(2) Dundas Thompson. [Appendix to Report of fhe Committee for scientific inquiries in relation to the cholera épidemia of 1854.

(3) A. Baudrimont. Comptes rendus des séances de l'Académie des sciences, t.-XLI, p. 542.

Fe Gite

thes appartenant au genre oxyure; des vibrions de diverses espèces ; des squelettes d’infusoires; navicules de bacillaires et de diatomées; des fragments d’antennes de coléoptères; des écailles d’ailes de papillon; des poils de laine de diverses couleurs; des poils de lapin, de chauvesouris ; des barbes de plume; des fragments de tarses d’insectes; gros œufs d’infusoires appelés kystes; des fragments de tissus des plantes : fibres ligneuses, cellules ; des poils d’orties et d’autres végétaux; des fragments d’aigrettes de synanthérées ; des filaments de coton; des graius de pollen; des spores de cryptogames ; une notable quantité de fécule de blé et moins de fécule d'orge, de seigle et de pommes de terre.

C’està M. Pasteur qu'on doit d’avoir établi les règles dont on ne doit point se départir dans les travaux de micrographie atmosphérique.

Cet illustre expérimentateur releva (1) l'erreur de M. Pouchet relative au nombre des spores des cryptogames. Au lieu d’être en petit nombre comme l’a annoncé Pouchet, elles sont au contraire fort répandues. La discussion soulevée à ce sujeteut l’heureux résultat de donner une impulsion très vive aux recherches sur les germes de Pair. Beaucoup d'auteurs se livrérent à cette étude et reconnurent l’existence dans l’air de spores nettement visibles au microscope. Les travaux du D'Maddox (2) et du D' Douglas de Cunningham méritent d'être

(1) Pasteur. Annales de chim. et de phys., t. LXIV, p. 28 et 33, 1862, j

(2) Maddgx. On an apparatus for collecting atmospheric particles (Monthly microscopical Journal, t. If, p. 26.)

20e mentionnés. Le premier inaugura les recherches statistiques et publia une planche où sont dessinés les grains de pollens et les spores cryptogamiques observés par lui dans les poussières de l'air. Le D' Cunningham publia en 1873 à Calcutta (1) un travail très bien fait, très méthodique et très instructif sur les germes répandus dans l'air libre, l’air des égouts et dans l’eau de pluie, de la ville de Calcutta. Je dois aussi noter les recherches de M. Ch. Robin, de M Schœnauer et de M. G. Tissandier qui étudia avec un soin particulier les globules de fer météorique et qui les isola en promenant un aimant à une faible distance d’une couche de poussière atmosphérique (2).

M. le D' Miquel a apporté de grands perfectionnements aux méthodes mises en œuvre pour l'étude statistique des germes de l'atmosphère. Il dirige à Montsouris ün laboratoire de recherches qui sert aujourd’hui de modèle aux observations analogues du monde entier.

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