NOIRE
Gay-Lussac et Humboldt en 1805 (1) cherchèrent à se rendre compte du degré de précision que comportaient les méthodes eudiométriques employées jusque-là et constatèrent qu’elles étaient défectueuses. Ils eurent alors l’idée de se servir dans leurs recherches sur la composition de l'air de l’eudiomètre de Volta. Il soumirent préalablement cet instrument à quelques essais pour savoir : 1° Si, en traitant un mélange d’hydrogène et d’oxygène dans l’eudiomètre l’absorption de l’un des gaz est complète ; 20 Si le produit de leur combinaison est constant; 3° Quelles sont les proportions exactes des deux gaz qui entrent dans la composition de l’eau. Ils constatèrent que l’eudiometre de Volta donne des résultats comparables, et qu’il peut accuser toute la quantité d'oxygène contenu dans l'air. Les conclusions du travail de Gay-Lussac et Humboldt sur l'air furent les suivantes :
1° L’atmosphère ne varie pas généralement dans sa composition.
2° Elle contient 21 p. 100 d'oxygène en volume.
3’ Elle ne contient pas d'hydrogène.
Beaucoup de chimistes admirent ces résultats. Pour Doœbereiner, Prout, Folkner, Thompson, la constance de la composition de l’air était un fait acquis ; Thompson déduisait même de cette donnée les densités de l’oxygène et de l'azote.
Mais Dalton croyait, lui, que l’air était un mélange variable d’oxygène et d'azote, plus riche en oxygène dans les couches inférieures que nous habitons, mais dont la
(1) Journal de physique, t. LX, 1805.