DEUXIÈME PARTIE
eux-mêmes à des variations de température ou à toute autre cause. Cette explication, très vague, rf avançait nullement la solution du problème.
Plus récemment les physiciens sont revenus à l’hypothèse de Halley, et les expériences de Faraday, qui est parvenu à faire naître de la lumière par la seule action des forces magnétiques; les observations de Humboldt, d’Arago, du général Sabine, les admirables travaux de M. de la Rive, qui, perfectionnant encore les procédés de Faraday, a pu reproduire artificiellement, avec une étonnante exactitude, les aurores boréales; enfin les ingénieuses expériences de M. G. Planté, sur lesquelles je reviendrai tout à l’heure, — tous ces faits ne permettent plus aujourd’hui de douter que la lumière polaire ne doive être attribuée au magnétisme. Il y a plus : le général Sabine a fait ressortir, dans un mémoire présenté à la Société royale de Londres en 1862, la concordance singulière qui existe entre l’apparition des aurores boréales et les variations périodiques des taches solaires. Depuis la publication de ce mémoire, de nouvelles observations sont venues confirmer celles du général Sabine.
Ces dernières années ont vu surgir de nouvelles tentatives pour l’explication des aurores polaires et la détermination de leurs causes; et les travaux qui ont été communiqués sur ce sujet à l’Académie des sciences peuvent encore se ranger sous les deux catégories que je viens d’indiquer : les uns attribuant le phénomène à une cause atmosphérique , ou du moins terrestre, c’est-à-dire admettant que le théâtre de l’action se trouve dans notre atmosphère ou à ses limites, et procède de forces physiques propres à notre globe; les autres lui assignant un caractère beaucoup plus général et lui attribuant une cause cosmique, qui aurait son siège soit dans le soleil, soit dans l’ensemble du système qui a le soleil pour foyer.
Un savant qui s’est fait remarquer par plusieurs publications intéressantes, M. Harold Tarry, un des laborieux physiciens de l’observatoire fondé à Mont- Souris, combattit, en 1872, la théorie de l’origine atmosphérique des aurores boréales, et prit en main la cause de la théorie cosmique en attribuant ces phénomènes à faction des volcans solaires. Les éruptions de ces volcans enverraient sur notre globe d’énormes quantités d’électricité qui, arrivant sur notre planète, y produiraient les orages magnétiques, accompagnés des phénomènes lumineux qui caractérisent les aurores boréales.
Cette même théorie cosmique des aurores polaires a été appuyée par une suite de considérations développées dans un mémoire de l’habile physicien Silbermann, où il voulait prouver que ces manifestations lumineuses sont liées au phénomène des étoiles filantes; de sorte que l’apparition d’une aurore ferait pressentir l’existence d’un essaim de corpuscules planétaires dans le voisinage de notre terre.
A la théorie atmosphérique et terrestre se rattachent les recherches plus récentes d’un autre physicien distingué, M. G. Planté, qui a communiqué à l’Académie des sciences, dans le courant du mois de mars 1876, un mémoire contenant l’exposé d’une explication expérimentale très ingénieuse des aurores polaires. Les expériences de M. G. Planté et les conclusions qu’il en déduit semblent de nature à confirmer, en les complétant, les travaux de son devancier M. de la Rive.
PHÉNOMÈNES DE L’AIR
M. Planté a mis le courant électrique fourni par une batterie puissante en présence de masses aqueuses tant à l’état liquide qu’à l’état de vapeur, et il a réussi à produire ainsi une série de phénomènes tout à fait analogues aux aurores polaires.
Quoi qu’il en soit, la connexité des aurores polaires avec le magnétisme terrestre est aujourd’hui mise hors de doute, et l’on sait, avec non moins de certitude, que ces phénomènes ne sont qu’une conséquence des perturbations qui se produisent dans l’équilibre des forces magnétiques du globe : perturbations que nos sens ne perçoivent pas, mais qui nous sont révélées par les oscillations insolites, on pourrait dire par l’agitation de l’aiguille aimantée. Puis il arrive un