CHAPITRE IX
LES CLRAGES MAGNÉTIQUES
Tous les voyageurs qui ont visité les régions arctiques parlent de splendides phénomènes qui très souvent illuminent les longues nuits de ces latitudes, et remplacent jusqu’à un certain point, pour les habitants, la lumière solaire. Ces phénomènes, ce sont des aurores boréales, ou plutôt les aurores polaires; car les hardis navigateurs qui, de nos jours, se sont avancés jusqu’au delà du cercle antarctique ont observé là aussi des aurores semblables. Il faut donc appliquer à ce genre de météores une dénomination qui leur convienne également, soit qu’ils se produisent dans le voisinage du pôle boréal ou du pôle austral. Le mot aurore lui-même, servant à désigner un phénomène qui n’a rien de commun avec le lever du soleil, est loin d’être irréprochable. Aussi quelques physiciens ont-ils adopté le terme de lumière polaire, qui a l’avantage de ne rien préjuger relativement à la cause et à la nature, encore peu connues, de ces merveilleuses apparitions.
Il y a un siècle et demi que Halley, le premier, émit une théorie qui rattachait les aurores boréales au magnétisme terrestre. Selon de Mairan, c’étaient des lambeaux de l’atmosphère lumineuse du soleil, que la terre rencontrait sur sa route, et qu’elle emportait avec elle.
En 1740, les observations de Celsius vinrent donner raison à Halley, en établissant que, lors de l’apparition des aurores boréales, l’aiguille aimantée éprouvait une agitation inaccoutumée. Néanmoins ces deux savants n’attribuaient au magnétisme qu’un rôle secondaire dans ce phénomène, qu’ils considéraient comme essentiellement électrique. Cette opinion fut aussi celle de Franklin et de Dalton. Ce dernier produisit à l’appui de ses vues toute une théorie qu’il serait superflu de répéter. Je ne m’arrêterai pas non plus à celle de Biot, qui supposait le météore composé d’une multitude infinie de petites parcelles métalliques, servant de conducteurs aux électricités contraires des diverses couches de l’atmosphère.
Ivaemtz a rattaché les aurores boréales à des effets d’induction produits par des changements dans l’intensité magnétique du globe : changements qui seraient dus