‹ L'air et le monde aérienChapitre 110 sur 210 · LES PRODIGES · texte numérisé non relu

LES PRODIGES

Il nous reste à étudier un petit nombre de phénomènes que la croyance au merveilleux et l’ignorance des lois éternelles qui régissent l’univers ont fait attribuer, durant des siècles, à des causes surnaturelles. Qui de nous n’a entendu parler de ces pluies de pierres, de feu, de sang, de soufre ou d’animaux immondes, de ces coups de foudre éclatant dans un ciel serein, de tous ces prodiges dont les récits, amplifiés parles peureux et les mystificateurs, ont si longtemps épouvanté le vulgaire, et que les princes et les grands eux-mêmes redoutaient autrefois comme des signes de la colère céleste, comme des présages de malheur? Parmi ces prétendus prodiges, il en est dont la science rend aujourd’hui parfaitement compte; il en est qu’elle n’a pas eu le souci d’expliquer, car ils ont cessé de se produire partout où l’on a cessé d’y croire. Enfin, s’il en est encore dont l’origine précise ait échappé à ses investigations, elle a démontré du moins surabondamment qu’ils n’ont rien de surnaturel, rien de dangereux, et méritent à peine qu’on s’en occupe.

On ne saurait toutefois ranger dans la catégorie des phénomènes insignifiants la chute des masses minérales plus ou moins volumineuses, qui de temps à autre tombent littéralement du ciel , et dont on peut voir de nombreux échantillons dans les collections publiques ou particulières. Ces masses sont connues sous le nom de ‘pierres météoriques, de météorites, d’ aérolithes. Le plus souvent elles tombent isolément; mais parfois aussi elles pleuvent en quantités considérables et sur d’assez grandes étendues. Depuis que les personnes quelque peu raisonnables ont cessé de voir dans les aérolithes des projectiles lancés par des dieux ou des démons, et doués, en conséquence, de propriétés miraculeuses, les physiciens se sont mis en devoir de trouver à ces singuliers météores une origine naturelle. Mais les solutions proposées ne furent d’abord guère plus admissibles que les croyances superstitieuses des anciens. La moins déraisonnable était peut-être celle qui supposait les aérolithes projetés par des volcans, et transportés par le vent à des distances énormes.

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