LE MONDE AÉRIEN INVISIBLE. — L’INSECTE
On ne doit s’attendre à trouver dans les plus riches collections ornithologiques et entomologiques , à plus forte raison dans les quelques pages qui vont suivre, qu’un faible aperçu du monde de l’air : monde infini comme celui de la mer, et qui, pour arriver à l’insecte et à l’oiseau, commence par des milliards de milliards de corpuscules invisibles, poussière impalpable qui se mêle aux molécules gazeuses, et qu’on aperçoit lorsqu’un faisceau de rayons solaires pénètre par une étroite ouverture dans une chambre close. Le rôle de ces corpuscules dans l’économie générale de la nature parait être considérable, bien que l’imagination de quelques auteurs l’ait peut-être exagéré. Beaucoup de ces corpuscules ne seraient, d’après une théorie récente, autre chose que des germes, des sporules d’infusoires et de cryptogames microscopiques, qui, tombant dans l’eau, s’introduisant dans les liquides et dans les tissus des animaux et des plantes, s’y développeraient et s’y reproduiraient avec une prodigieuse rapidité, refaisant la vie partout où la vie s’éteint ou faiblit, déterminant une multitude de phénomènes restés longtemps inexplicables : la fermentation, la germination, — la végétation même, si l’on en croit certains micrographes, — et occasionnant plusieurs de nos maladies. Nous absorbons ces germes avec l’air que nous respirons; ils se répandent, dit-on, dans nos organes et jusque dans nos vaisseaux circulatoires pour corrompre notre sang, pour nous dévorer. Ils restent improductifs tant que les forces vitales persistent, tant qu’elles conservent leur énergie et leur équilibre; mais la moindre perturbation de l’organisme peut leur livrer notre corps, et ils s’en emparent sans conteste dès que la mort survient. De telle sorte que notre grande alfaire serait de réagir à