TROISIEME PARTIE
de Saint-Vincent et de Dargelas, de Bordeaux, ce petit animal fut, par une circonstance miraculeuse, l’occasion de mon salut et de ma liberté. »
Il avait pris pour épigraphe de ce même ouvrage la phrase latine suivante, empruntée à la Faune suédoise de Linné : Quod alii venationibus, confabulationibus, tesseris , chartis, lusibus, compotationibus insumunt, illud ego tempus insectis indagandis, colendis, contemplandis impendo l.
Il faut bien que les insectes aient quelque chose d’intéressant, pour que des Linné et des Latreille, qui certes n’étaient pas de petits esprits, aient préféré le plaisir de les étudier à tous ceux que le commun des hommes recherche avec tant d’avidité. Je pourrais ajouter à ces exemples celui d’un des plus éminents écrivains de ce siècle, qui a su trouver dans l’Insecte le sujet d’un livre émouvant, dramatique, presque d’un poème. Sachons donc, nous aussi, surmonter des répugnances puériles, d’orgueilleux mépris, et ne craignons pas d’entrer en commerce avec ce peuple étrange, d’organisation à part, de mœurs actives et laborieuses. Qui sait si, une fois familiarisés avec lui, mieux instruits de ses faits et gestes, nous ne le quitterons pas avec regret?
1 « Le temps que d’autres passent en causeries futiles, à jouer aux dés, aux cartes et à d’autres jeux, ou qu’ils donnent au plaisir de la table, je le consacre à rechercher, à conserver et à contempler des insectes. »