TROISIEME PARTIE
puisque ce nombre s’élève quelquefois jusqu’à neuf. Son extrémité postérieure porte souvent des appendices qui sont pour l’animal tantôt des organes supplémentaires de locomotion, tantôt des armes offensives , tantôt de véritables instruments de travail.
Les insectes ont des sens fort développés. Ils sont notamment très bien partagés sous le rapport des organes de la vision. Leurs yeux sont de deux espèces : simples et composés. Les yeux simples sont appelés aussi stemmates, ocelles , et encore yeux lisses, par opposition aux yeux composés ou à réseau, qui présentent des
lacettes très nombreuses. Ces facettes correspondent à autant de tubes, dont chacun est véritablement un œil distinct, qui ne reçoit que les rayons lumineux parallèles à son axe. Le nombre des tubes accolés dont se compose, par exemple, l’œil du hanneton, est de neuf mille. Chez quelques espèces, il dépasse, dit-on, quinze mille. Certains insectes, tels que les coléoptères, n’ont que des yeux composés; d’autres, tels que les hémiptères, ont à la fois des yeux lisses et des yeux à facettes.
11 ne parait pas douteux que l’ouïe et l’odorat existent chez les insectes; mais les organes de ces sens ne sont pas exactement déterminés. Plusieurs anatomistes pensent que l’ouïe et l’odorat ont également leur siège dans les antennes. Ces organes sont généralement placés en avant et au-dessus de la bouche. Ils jouissent d’une extrême mobilité, due à la multiplicité des pièces dont ils sont composés. Leur forme et leurs dimensions sont d’ailleurs très variables. Les antennes sont tantôt droites , tantôt coudées ou brisées. Dans l’un et l’autre cas, elles peuvent être filiformes, c’est-à-dire partout de même épaisseur; sétacées, ou terminées en pointe; clavif ormes , ou en massue, c’est-à-dire terminées par des articles plus gros; dentées en scie ou en peigne ; plumeuses, foliacées, etc. Très courtes chez quel-
ques espèces, elles atteignent chez d’autres une longueur démesurée. Certains coléoptères de grande taille, tels que Y érwplocère épineux, Yacrocine longimane, Yomacanthe , géant , sont surtout remarquables par l’énorme longeur de leurs antennes.
C’est encore dans les antennes, et aussi dans les pattes et dans les palpes, que réside le sens du toucher. Les palpes font partie des appendices buccaux; car la
Acrocine longimane (’/2 de grand, nat.).
bouche est, chez les insectes, un organe très complexe. Sa conformation diffère selon le mode d’alimentation de l’animal. On a divisé, sous ce rapport, les insectes en deux classes : celle des broyeurs, et celle des suceurs. Chez les premiers, la bouche est destinée à couper, à mâcher les substances dont l’animal se nourrit. Les pièces dont elle se compose sont au nombre de six. Ce sont : le labre ou lèvre supérieure, la lèvre inférieure ou simplement la lèvre, les deux mandibules ou mâchoires. Aux mâchoires et à la lèvre inférieure s’attachent les palpes, qu’on distingue, pour cette raison, en palpes maxillaires et palpes labiaux, et dont l’insecte se sert pour prendre ses aliments et les maintenir tandis qu’il les broie avec ses mandibules. Les mâchoires prennent, chez quelques espèces, un développement extraordinaire, et se recourbent en pinces puissantes, dentelées et acérées, qui, pour des coléoptères d’ailleurs robustes et défendus par une solide cuirasse, tels que le