‹ L'air et le monde aérienChapitre 126 sur 210 · TROISIÈME PARTIE · texte numérisé non relu

TROISIÈME PARTIE

observateurs, M. Carus entre autres, ont démontré que le célèbre naturaliste s’était trompé.

L’agent central du système circulatoire, le cœur, est un vaisseau qui règne sur toute la longueur du corps, et qu’on nomme le vaisseau dorsal. Ce vaisseau se termine en avant par une aorte dite céphalique , dans laquelle il chasse le sang. Celuici passe ensuite dans les espaces lacunaires laissés entre les organes, et forme plusieurs courants qui reviennent sur les côtés du corps d’avant en arrière, pénètrent aussi dans les organes appendiculaires, et rentrent dans le vaisseau dorsal

Fulgore porte-lanterne (2/3 de grand, nat.).

par la partie postérieure de ce d irnier. La circulation est plus active chez les larves que chez les sujets adultes. Quelques espèces ont des organes pulsatiles disséminés. (Van Beneden et P. Ge vais.)

La circulation et l’oxygénation d i sang chez les insectes sont assez actives pour dégager de la chaleur, qui devient sensible lorsque les individus sont réunis en grand nombre, comme, par exemple, les abeilles dans leurs ruches. Un autre phénomène plus remarquable et qu’on s’explique moins aisément, c’est la propriété phosphorescente dont plusieurs espèces sont douées, et qu’on [pourrait peut-être appeler proprement une faculté, puisqu’elle semble, en maintes circonstances, dépendre de la volonté de l’insecte. C’est le cas de nos lampyres, auxquels le vulgaire donne le nom de vers luisants , et qui sont des coléoptères parfaitement caractérisés, dont le pouvoir lumineux ne se manifeste que lorsqu’ils sont à l’état d’insectes parfaits.

Les grandes cigales de l’Inde, de la Chine et de l’Amérique méridionale, les fulgores sont aussi des insectes ailés que la nature a gratifiés du don de lumière, mais seulement pendant une partie de leur vie, qui n’est pas bien longue. La fulgore

LE MONDE AERIEN

porte -lanterne est ainsi nommée parce que, au dire de plusieurs voyageurs, sa tête énorme et proéminente répand dans l’obscurité une lueur très vive. Cette grande cigale au corps peu élégant, à la tête difforme, est pourvue de larges ailes diaphanes, agréablement variées de jaune et de roux, avec une tache en forme d’œil à l’extrémité de chaque aile postérieure. C’est sans doute à la forme allongée de sa grande corne frontale que la fulg or e porte -chandelle doit son nom. Cet insecte est propre à la Chine. Ses élytres sont vertes, tachées de blanc; ses ailes sont jaunes à la base, et noires aux extrémités.

Fulgore porte -chandelle (grand, nat.).

11 me reste, pour achever l’anatomie interne des insectes, à dire quelques mots de leur système nerveux. Ce système, qui est propre à tous les animaux articulés, offre plus d’analogie qu’on ne l’a cru longtemps avec celui des vertébrés. Il est sans doute beaucoup moins développé et moins centralisé; on y retrouve cependant deux appareils distincts, dont l’un paraît être affecté à la vie animale ou de relation, et l’autre à la vie purement organique ou végétative.

Le premier consiste en une double série de ganglions reliés entre eux par des cordons longitudinaux. Les plus volumineux, qui ont leur siège dans la tête, donnent naissance à des cordons qui se rendent aux divers organes et appendices de cette partie de l’animal. Les pattes et les ailes sont mues par des fdets qui partent des ganglions thoraciques. Le second appareil a son origine dans les gros ganglions cérébraux. Sa structure est analogue à celle du précédent, mais les ganglions qui le composent sont plus petits. Il se ramifie dans les divers organes internes, et principalement dans le système digestif.

Les organes locomoteurs des insectes sont, comme chacun sait, les pattes et" les

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