‹ L'air et le monde aérienChapitre 145 sur 210 · TROISIÈME PARTIE · texte numérisé non relu

TROISIÈME PARTIE

graines, si nombreuses dans certaines espèces... Certaines sous-divisions se composent d’espèces destinées à détruire le bois mort ; d’autres n’attaquent que les végétaux languissants et malades.

« Les coléoptères, comme les animaux les plus élevés dans la série animale, vivent plus ou moins en société, quand ils ne sont pas obligés de pourvoir à leur existence par la chasse et la rapine. Cependant on ne trouve pas chez eux de ces associations organisées en républiques ou en monarchies, comme on en voit des exemples si curieux dans d’autres ordres, tels que les abeilles, les termites, les

fourmis, les guêpes, etc. Ceux qui se réunissent en grand nombre pour vivre ensemble appartiennent aux groupes qui se nourrissent de végétaux, et qui, à l’exemple des mammifères herbivores, paissent tranquillement et sans combat. Du reste, comme ces animaux concourent aussi au but final, au maintien de cette belle harmonie qui se remarque dans la nature et qui est la seule garantie d’un ordre de choses perpétuel, leur rôle est tout à fait analogue à celui que jouent les animaux plus grands. Les carnassiers, et principalement les carabes, les cicindèles et quelques autres groupes, peuvent être comparés aux lions, aux loups, aux aigles, etc., qui, dans les animaux supérieurs, ne se nourrissent que d’animaux vivants ou morts.

« Il y a dans les coléoptères, comme nous l’avons déjà dit, des groupes entiers destinés à faire disparaître les cadavres, à être les fossoyeurs de la nature (nécrophores, sylphes, etc.), comme on en trouve dans les mammifères et les oiseaux (hyènes, vautours, etc.). D’autres nettoient le sol, en dévorant les fientes et les excréments des autres animaux ; quelques-uns façonnent avec ces matières des boules dans lesquelles ils déposent leurs œufs, et qu’ils roulent, à l’aide de leurs pattes,

LE MONDE AERIEN

dans des trous creusés par eux ; ils mettent ainsi leurs œufs à l’abri, et assurent la nourriture nécessaire aux petites larves qui en naîtront.

« Nous trouvons aussi dans les coléoptères des quantités d’espèces qui représentent ces nombreux animaux de toutes les classes, destinés à vivre de végétaux, et qui doivent devenir la nourriture des carnassiers. Sans les animaux herbivores, les carnassiers ne pourraient pas exister; sans les carnassiers, qui main-

Acanthophorus serraticornis et son nid (2/3 de grand, nat).

tiennent l’équilibre, les herbivores mourraient bientôt de faim; car ils finiraient par dépouiller la terre de tous ses végétaux.

« Les coléoptères se trouvent sur la terre, dans l’air et dans les eaux. Ils sont répandus sur toutes les parties du globe, mais inégalement, comme tous les êtres. Les lieux seuls qui sont privés de végétaux sont aussi privés d’insectes ; en sorte qu’on peut dire qu’ils sont subordonnés à la végétation L »

C’est dans les contrées tropicales, là où la terre, tour à tour échauffée par les rayons ardents du soleil et détrempée par des pluies torrentielles, développe sans obstacle son exubérante fécondité, là où, par conséquent, la grande évolution de la vie, sans cesse détruite et sans cesse régénérée, s’accomplit avec une formidable activité, c’est là que fourmillent les énergiques et implacables agents de ce travail

Encyclopédie d’histoire naturelle , Coléoptères. Iro partie.

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