TROISIEME PARTIE
liât h t /éant de la côte de Guinée; ses pattes sont d’un brun noir; de grandes bandes de même couleur sont disposées régulièrement sur ses élytres et sur son corselet, dont le fond est jaune clair. On connaît plusieurs espèces de ce genre, toutes propres à l’Afrique tropicale, toutes justifiant par leurs proportions athlétiques le nom sous lequel on les a désignées. A la suite de ces colosses se placent d’autres scarabées de taille encore très respectable, et pourvus d’armes offensives
Lucane cerf-volant (3/t de grand, nat.).
que la nature a refusées au goliath. Tels sont le scarabée -hercule et le lucane cerf-volant , le scarabée- énéma , le nasicorne, dont j’ai signalé, au commencement de ce chapitre, les particularités les plus remarquables. 11 faut ajouter que, dans ces espèces, le mâle seul est pourvu de ces armes, qui doivent lui servir à conquérir et à défendre contre ses rivaux la dame de ses pensées. Aussi la femelle du lucane cerf-volant est-elle appelée biche , par analogie avec la femelle du cerf, qui n’a pas de bois, comme chacun sait. Les lucanes se trouvent en Europe. Leurs larves vivent dans l’intérieur des chênes. Le cerf-volant, à l’état d’insecte parfait, se pétrit avec de la terre un nid assez grossier où il s’abrite pendant la nuit. On les voit voltiger dans les bois, au solstice d’été, après le coucher du soleil. Le jour, ils se tiennent accrochés aux branches des chênes, dont ils sucent la sève. Ces insectes ont un goût prononcé pour le miel. Le célèbre naturaliste Swammerdam
LE MONDE AERIEN
avait apprivoisé un lucane - chevreuil , dont il se faisait suivre comme un chien en lui présentant du miel.
Le hanneton, si commun en Europe, est cousin des scarabées (famille des lamellicornes). C’est un des insectes les plus nuisibles à l’agriculture. Sa larve, le ver blanc, commence par vivre sous terre, pendant deux, trois et quatre ans, des racines de nos plantes potagères; puis l’insecte, arrivé à l’état parfait, dévore les feuilles et les jeunes pousses, et il n’est pas rare de voir, sous ses atteintes, des arbres languir et dépérir en quelques jours. On a proposé bien des moyens pour détruire ce coléoptère malfaisant. Le plus facile et le plus sûr serait de lui déclarer la guerre dès qu’il paraît, avant que les femelles aient eu le temps de pondre. En une campagne de quelques jours, commencée en temps utile et suivie avec ensemble, on pourrait en détruire des millions, et l’espèce ne tarderait pas à disparaître. Les enfants pourraient être employés dans les campagnes à cette chasse, qui serait pour eux une partie de plaisir. Puisque « cet âge est sans pitié » , il trouverait là de quoi satisfaire utilement son goût inné pour la destruction.