‹ L'air et le monde aérienChapitre 149 sur 210 · TROISIEME PARTIE · texte numérisé non relu

TROISIEME PARTIE

Nids de chenilles processionnaires de Madagascar.

broyant leur nourriture. Le plus grand nombre se nourrissent exclusivement d’une seule substance; mais certaines espèces se montrent moins délicates, et attaquent toutes les matières organiques qui s’ofTrent à elles.

On sait le proverbe : laid comme une chenille. Le fait est que ces larves n’ont rien, en général, de gracieux. Elles déplaisent et répugnent comme tout ce qui rampe. Ce sont, en somme , des vers plus ou moins gros, au corps allongé, presque cylindrique. Seulement elles ont des pattes. Ces pattes se distinguent en vraies et en fausses. Les vraies sont écailleuses et toujours au nombre de six; elles correspondent à celles de l’insecte parfait. Les fausses sont membraneuses; leur nombre varie de quatre à dix. Leur tète est cornée; leur bouche se compose de deux fortes mandibules, deux mâchoires et une lèvre, et quatre petits palpes. Beaucoup ont

ou même la partie ligneuse et les racines des arbres, qu’ elles amollissent préalablement au moyen d’une liqueur âcre, sécrétée par un organe particulier. Il en est aussi qui rongent les étoiles de laine, le cuir, etc. Mais la plupart se nourrissent de feuilles. Leur voracité est extrême, et la nature les a pourvues d’un puissant appareil masticatoire. 11 n’est pas rare, lorsqu’on passe vers le soir, au printemps, dans un bois envahi par les chenilles, d’entendre le bruit qu’elles font en

LE MONDE AERIEN

le corps nu et de couleur blanchâtre ou grisâtre; mais un assez grand nombre sont hérissées de poils, de tubercules ou d’épines, et présentent des teintes plus ou moins vives. Quelques-unes sont exactement de la couleur des végétaux sur lesquels elles vivent.

Les mœurs de ces larves n’ont rien de bien intéressant. Elles ne font guère autre chose que manger, jusqu’au moment où elles doivent opérer leur métamorphose.

Idée agélie.

Cependant ce grand travail est précédé de trois ou quatre mues, qui indisposent légèrement l’animal et ralentissent son appétit. Avant de passer à l’état de nymphe ou de chrysalide , les chenilles filent ordinairement une coque pour s’y enfermer. Les nocturnes et surtout les bombyx excellent dans la confection de cette coque, et la forment de ces filaments fins, brillants, souples et résistants, qui constituent la soie. Nous ferons plus loin aux auteurs de ce merveilleux produit les honneurs d’un chapitre spécial.

Parmi les chenilles de papillons diurnes et crépusculaires, plusieurs ne se lont qu’une ‘coque grossière en reliant ensemble avec de la soie des feuilles , des brins de bois ou d’écorce, des parcelles de terre. D’autres s’attachent simplement aux troncs et aux branches des arbres par quelques fils. Celles-là ne demeurent

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