TROISIEME PARTIE
de même origine, le bombyx Pernyi, est l’objet d'une industrie importante dans le nord de la Chine. Sa soie est plus grossière, mais d’une extrême solidité. Son introduction est due au P. Perny, missionnaire. Un troisième ver à soie du chêne est le bombyx polyphemus de l’Amérique du Nord, dont parle M. Blanchard. Le bombyx cecropia est également propre à l’Amérique septentrionale. Il vit sur le prunier sauvage ou cultivé, et sur d’autres arbres. Cette espèce, recommandée, comme la précédente, par M. Blanchard, a été d’abord soumise à plusieurs expériences qui n’ont pas réussi; mais en 1803, Guérin -Ménevil le, en ayant reçu
Cocons de l’attacus mylilla (>/2 de grand, nat.).
quelques échantillons par les soins de M. Lefebvre, de New-York, a obtenu une ponte d’environ deux cents œufs. Il en a donné la moitié à la Société d’acclimatation, et a fait éclore le reste dans sa magnanerie de Yincennes. MM. le maréchal Vaillant et Roger-Desgenettes n’ont pas été moins heureux dans les essais qu’ils ont exécutés d’autre part. L’acclimatation de ce ver peut donc être considérée comme un fait accompli, au moins en principe.
L 'attacus, ou saturnie , ou bombyx spéculum, n’est désigné sous ce nom spécifique ni par Guérin-Méneville, ni par aucun des auteurs que j’ai pu consulter sur la matière. Est- ce la troisième espèce indiquée par M. Blanchard? Il y a lieu de le croire. A défaut de renseignements plus précis, nous donnons ici le dessin de ce papillon et de ses cocons, qui figurent dans la galerie entomologique du muséum.
Enfin n’oublions pas le bombyx ou attacus mylitia, qui fournit, dans l’Inde française et anglaise, la soie tussah , laquelle donne lieu dans ces contrées à un
commerce très étendu. Cet insecte est remarquable par sa façon ingénieuse d’attacher ses cocons aux branches des arbres sur lesquels il vit (principalement des jujubiers), au moyen d’une tige artificielle aussi dure que du bois, embrassant par une forte boucle le rameau auquel elle pend comme un fruit. Il paraît que le bombyx mylitta est polyphage, et s’accommode au besoin des feuilles du chêne. Son introduction en Europe, ou du moins en Algérie, aurait donc des chances de succès.
On voit en résumé que si, avant la fin du siècle, nos plus humbles ouvrières ne portent pas tous les jours des robes et des bas de soie, ce ne sera pas la faute de l’excellent et regrettable Guérin-Méneville.