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TROISIEME PARTIE

sur celui qu’on arrache de leur cadavre, les eiders jouissent, en Norwège et en Islande, d’une parfaite sécurité. La loi même les protège et punit d’une forte amende tout attentat contre leur vie; mais ils sont serfs des habitants, et à ce titre imposables à merci. Chacun fait de son mieux pour décider ces oiseaux à venir s’établir dans l’enceinte de sa propriété; il recueille dès lors les fruits de leur travail; mais il veille avec soin à leur conservation, et favorise, autant qu’il le peut, la multiplication de ses hôtes, qui lui payent si largement son hospitalité. D’après Toil, un seul Islandais, si son habitation est bien placée, peut récolter

Canard eider.

annuellement jusqu’à cinquante kilogrammes de duvet : ce qui représente un très joli revenu. Dans l’ Amérique du Nord, on est moins prévoyant, moins avare du sang des eiders, et l’on ne se fait pas faute de les chasser comme des canards vulgaires. Leur peau est exportée en Chine, où elle se vend très cher comme fourfure. On a essayé d’acclimater les eiders dans l’Europe centrale; mais ces tentatives n’ont point réussi.

Il ne faut pas confondre le duvet permanent propre à certaines espèces d’oiseaux adultes avec celui qui, chez presque tous les jeunes oiseaux, précède le plumage proprement dit, et que tout le monde a vu sur les poussins de nos basses-cours. « Lorsque l’oiseau vient d’éclore, disent MM. Chenu, des Murs et Terreaux, il est couvert, excepté sous le ventre, de soies fines, serrées et implantées par petits paquets de quinze à vingt sur les bulbes qui contiennent le germe de la plume.

« Lorsque la plume se développe, elle chasse devant elle les soies, qui ne

LE MONDE AERIEN

tombent qu’après l’entier développement de celle-ci. Dans les oiseaux de proie et dans les oiseaux aquatiques, ces soies sont remplacées par un véritable duvet, qui recouvre entièrement le petit fort peu de temps après l’éclosion. C’est chez ces oiseaux que ce duvet adhère le plus longtemps aux plumes; en sorte qu’après plusieurs jours l’animal ressemble à une pelote, et plus tard, après un mois, il paraît encore tout court de ce duvet, flottant comme un ornement à l’extrémité de chacune de ses plumes. »

Les plumes sont toujours dirigées de haut en bas , ou de la tête vers la queue. Elles jouissent d’une certaine mobilité, et sont mues par des muscles particuliers. Celles qui couvrent le corps et la tête n’ont point de nom particulier; mais les plumes des ailes et de la queue sont appelées pennes. Les premières reçoivent en outre, selon la place qu’elles occupent, des désignations que j’indiquerai tout à l’heure. Mais il convient d’examiner d’abord la structure des ailes.

Les ailes sont les membres antérieurs des oiseaux. On y retrouve les mêmes parties essentielles que dans ceux des mammifères; mais l’inégal développement de ces parties et l’ensemble de leur disposition les rendent exclusivement propres à la locomotion aérienne. Ainsi le squelette de l’aile se compose, comme celui de notre bras, d’un humérus attaché par son extrémité supérieure à la jonction de l’omoplate et de la clavicule; d’un cubitus et d’un radius, formant ensemble l’avant-bras, et articulé avec l’extrémité inférieure de l’humérus; et enfin d’une main. Seulement la main n’est qu’une sorte de moignon aplati, atrophié et presque immobile. Au contraire, le bras et l’avant-bras sont, en général, d’autant plus longs et plus forts que l’oiseau vole mieux. Les ailes sont mises en mouvement par des muscles d’un volume et d’une puissance extraordinaires, qui s’insèrent à la partie antérieure du thorax. Aussi le sternum des oiseaux est-il très large, et muni en son milieu d’une crête longitudinale destinée à fournir aux muscles une attache plus solide. Cette disposition a d’ailleurs pour effet d’alourdir le thorax et de placer le centre de gravité aussi bas que possible dans la partie antérieure du corps, qui est celle qui doit vaincre par sa masse la résistance de l’air.

La forme et la disposition des plumes qui garnissent les ailes ne sont pas moins heureusement appropriées à la facilité et à la rapidité du vol. Ces plumes ont été classées de la manière suivante. Celles qui sont attachées à l’humérus sont dites venues scapulaires ; ce sont les plus courtes. On appelle rémiges ( d’un mot latin qui signifie rames ) les pennes adhérentes à l’avant-bras et à la main; celles-ci sont les rémiges primaires, celles-là les rémiges secondaires. L’os qui, dans l’aile, représente le pouce, porte encore quelques plumes qu’on nomme pennes bâtardes. Enfin sur la base des rémiges règne une rangée de plumes appelées tectrices. Les ailes qui offrent ces différentes espèces de plumes sont les ailes complètes, et les oiseaux qui en sont pourvus sont appelés alipennes, par opposition aux oiseaux impennes et rudipennes, dont les ailes sont rudimentaires et impropres au vol. Chez les alipennes, les ailes sont obtuses ou aiguës, sub-obtuses ou sub-aiguës. Les

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