LES OISEAUX PARÉS
A défaut des vastes forêts, des plaines immenses, des hautes montagnes où le voyageur contemple avec ravissement, dans leur libre activité, les habitants ailés des tropiques avec leur incomparable parure, leur vêtement de pourpre, d’or et d’émeraude, leurs panaches et leurs aigrettes, nous avons en Europe des jardins et des musées zoologiques dont le monde entier est tributaire. La collection du muséum de Paris est, je crois, une des plus riches, sinon la plus riche du monde. Je ne parle pas seulement des galeries où les pauvres oiseaux empaillés, momifiés, ont- perdu en partie l’éclat de leur plumage. Ce qu’il faut visiter surtout avec attention, c’est la volière. Celle du Jardin d’acclimatation est aussi très remarquable. Les oiseaux occupent, dans cet intéressant établissement, la plus grande place. Il y a donc à Paris, pour l’amateur d’ornithologie, de quoi admirer, observer et s’instruire. Je puis aussi recommander à mes lecteurs la bibliothèque du muséum. Ils trouveront là le grand ouvrage d’Audubon, ceux de Wilson, de Lesson, de Gould, de Cuvier, et bien d’autres, où ils apprendront à connaître le monde aérien, ce monde de merveilles dont nous ne pouvons mettre ici sous leurs yeux que quelques esquisses rares et imparfaites.
On peut dire que, sous le rapport de la beauté, les oiseaux sont les élus de la création. Rien de comparable aux oiseaux des tropiques, dont le plumage semble s’être imprégné des feux éblouissants du soleil. Cette métaphore n’est point de moi. Il y a longtemps que les Péruviens, — je parle des Péruviens indigènes, — avaient nommé cheveux du soleil ces délicieux petits joyaux ailés, les colibris, les oiseaux-mouches, dont les plumes leur servaient à composer des tableaux, des bouquets et des ornements bien plus éclatants, bien plus beaux que l’or et les diamants qui attirèrent et fixèrent dans leur pays les envahisseurs espagnols.
Ces oiseaux, en grand nombre et montés avec beaucoup d’art, occupent, dans