‹ L'air et le monde aérienChapitre 167 sur 210 · TROISIÈME PARTIE · texte numérisé non relu

TROISIÈME PARTIE

la galerie ornithologique du muséum, deux grandes cages de verre en forme de kiosques, qui attirent d’abord les visiteurs, et que de loin on prendrait volontiers pour des vitrines de joaillerie. Je n’ai jamais vu personne s’y arrêter, les regarder de près sans pousser à chaque instant des cris d’admiration. Que serait-ce s’ils étaient vivants! Mais, très difficiles à prendre, ils sont impossibles à conserver en captivité : on leur ôte la vie en leur ôtant la liberté.

Colibri - ermite.

Les colibris sont, en général, plus grands que les oiseaux-mouches. Le bec est recourbé chez les premiers, droit chez les seconds, toujours très lin et souvent très long; il renferme une langue extensible et fourchue, avec laquelle ces oiseaux vont chercher jusqu’au fond du calice des grandes fleurs les insectes dont ils font leur nourriture. L’ oiseau-mouche ensifère a le bec plus long que le corps. L’extrême ténuité des colibris et des oiseaux-mouches, leur vol agile et rapide accompagné d’un bourdonnement mélodieux, le tendre attachement du mâle pour la femelle et de l’un et de l’autre pour leur commune progéniture, la beauté de leur plumage « au-dessus de toute description », dit Audubon, enfin la guerre continuelle qu’ils font aux insectes, doivent inspirer autant d’intérêt que d’admiration.

Plusieurs ont reçu les noms des gemmes précieuses dont ils imitent la couleur

LE MONDE AERIEN

et surpassent l’éclat. L’un est appelé rubis-topaze , un autre grenat, un autre améthyste. L’oiseau-mouche huppe-col, un des plus petits et des plus jolis, porte sur la tête une huppe allongée, couleur de rouille, et de chaque côté du cou une sorte de collerette rouge qui se détache sur sa gorge vert-émeraude. L’oiseaumouche sapho, nommé vulgairement colibri chatoyant , et au Brésil beja-flor , a le dessus du corps d’un beau vert doré. Sa longue queue fourchue resplendit d’or

et de pourpre, et l’extrémité de chacune des pennes qui la composent est d’un noir velouté. L 'oiseau-mouche minime, à peine plus gros qu’un hanneton, a le plumage mélangé de brun violet, de noir, de blanc et de vert doré.

Les nids des oiseaux-mouches sont des chefs-d’œuvre de délicatesse, d’élégance et de solidité. Ils sont suspendus à de menues branches, ou même attachés à des feuilles, comme ceux du rubis-topaze, du huppe-col, de l’oiseau-mouche minime et du colibri-ermite. Une famille d’oiseaux, le père, la mère, les petits', logés sur une feuille d’arbre! Tant de beauté, d’intelligence, d’art et de sentiment, résumé dans ce cornet de mousse et de duvet qu’un enfant écraserait en le serrant dans ses doigts! Est-il au monde rien de plus admirable, de plus touchant surtout?...

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