TROISIÈME PARTIE
la faculté de le gonfler et de le contracter. Sur sa tète s’épanouit une large touffe déplumés qui lui fait une coiffure toute royale. Son plumage est entièrement noir, avec des reflets violacés. Cet oiseau est à peu près de la grosseur de notre coq domestique.
Cet autre a été justement appelé le couroucou resplendissant. C’est encore un passereau de l’Amérique méridionale. L’exemplaire qui a posé devant M. Freeman provient du Guatemala. Le naturaliste habile a su conserver à ce pauvre oiseau mort l’œil éveillé, alerte, que notre dessinateur a si heureusement rendu. La tête
Céphaloptèfe pe n duli gère .
est petite, arrondie, couverte d’une épaisse chevelure de plumes soyeuses ; l’œil est noir et vif; le corps est d’un vert émeraude glacé d’or, à reflets pourprés. Les pennes de la queue s’allongent en quatre rubans qui flottent gracieusement. Les rémiges et les rectrices moyennes sont noires; le ventre est d’un rouge vermillon. Le couroucou habite le Brésil et le Mexique. Il était révéré, dit- on, des anciens Mexicains, et ses plumes étaient réservées pour la coiffure des fdles des caciques.
Buffon avait donné le nom très joli, mais fort peu scientifique, d q paon des roses à un échassier de la Guyane et du Pérou, que les Indiens appellent plus pompeusement oiseau du soleil. C’est l'e caurale phalénoïde des naturalistes actuels. Quelle est l’origine du nom générique du caurale? J’avoue humblement que je n’en sais rien. Quant à l’épithète spécifique de phalénoïde, elle signifie que le plumage de cet oiseau, nuancé et strié de brun, de fauve, de gris et de noir, rappelle les phalènes ou papillons de nuit. La taille du caurale est à peu près celle d’une perdrix.
LE MONDE AERIEN
Il habite, dans l’Amérique méridionale, les rivages des lleuves et des grands lacs perdus au milieu des forêts et des savanes. Il se nourrit d’insectes et de mollusques. Ses mœurs sont encore peu connues.
Mais il est temps de quitter l’Amérique, sauf à y revenir dans un instant, pour explorer à leur tour les régions tropicales de l’Asie, les îles de l’océan Indien et de l’Océanie. Là aussi nous allons trouver des oiseaux dont la parure ne le cède
point à celle des oiseaux du nouveau monde. Et d’abord la Papouasie va nous offrir la ravissante tribu des paradiséens. On voyait souvent autrefois, chez les plumassiers et chez les modistes de Paris, la dépouille de Y oiseau de paradis (paradisierémeraude). Ces plumes, légères comme un nuage doré, sont passées de mode aujourd’hui, peut-être parce qu’elles sont devenues trop rares. Le muséum de Paris possède plusieurs paradisiers empaillés; mais je ne sais s’il en a jamais eu de vivants. Il est loin d’être aussi favorisé sous ce rapport que le zoological garden de Londres, où j’ai vu, en 1862, trois oiseaux de paradis fort bien portants. Le mâle adulte seul porte sur les flancs ces longs faisceaux de plumes vaporeuses dont je parlais tout à l’heure. Le plumage de son corps est marron ; le dessus de la tête